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Tanzanie : 71 morts dans l'explosion du camion-citerne, le pays en deuil

Des femmes pleurent un proche mort lors de l’explosion d’un camion-citerne.

Le drame a eu lieu lorsqu'un camion-citerne s'est renversé et a explosé, alors que des gens se précipitaient pour siphonner le carburant qui fuyait.

Photo : Reuters / Stringer .

Agence France-Presse

L'explosion d'un camion-citerne samedi en Tanzanie a fait 71 morts, essentiellement des badauds venus siphonner le carburant qui s'écoulait du poids lourd accidenté, selon un nouveau bilan dimanche du gouvernement tanzanien qui a décrété un deuil national de trois jours.

La plupart des victimes de l'explosion ont été inhumées dans le recueillement dimanche, autorités politiques et religieuses appelant à tirer les leçons de la tragédie qui a endeuillé le pays.

Ceci doit nous laisser une leçon : quand il y a un accident de ce genre, nous devons nous tenir à l'écart et laisser les secours faire leur travail.

Mechak, pasteur de l'Église pentecôtiste des Assemblées de Dieu

Le pasteur a suggéré aux autorités de « sensibiliser l'opinion en ce sens ».

Selon un dernier bilan communiqué par le premier ministre lors de la cérémonie, le nombre de morts s'élève à 71, tandis que le nombre de blessés est de 59, dont 43 qui ont été transportés à l'hôpital national à Dar es-Salaam.

Les faits se sont déroulés samedi matin sur la commune de Msamvu, dans l'immédiate périphérie de Morogoro, une ville située à quelque 200 km à l'ouest de la capitale économique Dar es-Salaam, sur l'un des principaux axes routiers du pays.

Le poids lourd s'est renversé sur la chaussée, en tentant, selon des témoins, d'éviter une moto. Dans la foulée, des conducteurs de boda-boda – des motos-taxis – ont afflué sur les lieux pour tenter de récupérer du carburant qui s'échappait de la citerne, tout comme des habitants de la commune. Puis l'essence s'est embrasée.

Un agent de sécurité tanzanien  devant la carcasse d'un camion-citerne brûlé le long de la route.

Le poids lourd s'est renversé sur la chaussée. Plusieurs personnes ont afflué sur les lieux pour tenter de récupérer du carburant qui s'échappait de la citerne avant que l'essence s’embrase.

Photo : Getty Images / STRINGER

Commission d'enquête et deuil de trois jours

Devant l'ampleur de la catastrophe, le président John Magufuli a décrété samedi soir un deuil national de trois jours.

Il s'est rendu dimanche au chevet des blessés soignés à l'hôpital national de Dar es-Salaam, où ils ont été transférés par route ou par hélicoptère depuis Morogoro.

Que Dieu te guérisse, a dit le chef de l'État à chacun des 43 blessés, dont certains sont dans un état très sérieux, selon les médecins qui accompagnaient M. Magufuli.

De son côté, le premier ministre Kassim Majaliwa, dépêché à Morogoro par le chef de l'État, a annoncé la mise en place d'une commission d'enquête pour établir si une ou plusieurs institutions avaient manqué à leurs responsabilités dans la gestion de cette catastrophe.

Pendant que nos compatriotes maintenant décédés se rassemblaient pour siphonner le carburant, quelqu'un les en a-t-il empêchés?, a interrogé le premier ministre.

Moi, je sais que normalement, en cas d'accident, la police de la sécurité routière vole au secours, a poursuivi M. Majaliwa, se demandant également si les pompiers étaient intervenus à temps.

Une victime souffrant de brûlures après l'explosion d'un camion-citerne admise à l'hôpital de Morogoro.

Les blessés sont maintenant au nombre de 59.

Photo : Reuters / Stringer .

Pour les victimes méconnaissables, on aura recours à des tests ADN, a-t-elle précisé, ajoutant que les familles qui le souhaitent pourront emporter les corps des leurs pour les inhumer.

Ce type de tragédie n'est pas rare sur le continent. Début juillet, dans le centre du Nigeria, au moins 45 personnes ont été tuées et plus de 100 autres ont été blessées lors du pillage par la population d'un camion-citerne accidenté qui avait explosé.

La citerne avait pris feu lorsqu'un autocar rempli de passagers avait tenté de le dépasser : son pot d'échappement, en raclant le sol, avait provoqué des étincelles qui avaient enflammé le carburant.

La batterie du camion pourrait être à l'origine de l’embrasement

Pour la tragédie de samedi près de Morogoro, c'est un homme qui tentait d'arracher la batterie qui est peut-être à l'origine de l'embrasement du carburant répandu au sol, selon le gouverneur et un témoin.

Tandis que les motos-taxis et les résidents s'affairaient à remplir des jerricanes de carburant, une personne tentait d'arracher la batterie du véhicule. Nous avons averti que le camion pouvait exploser à tout moment, mais personne n'a voulu nous entendre. Nous avons alors poursuivi notre chemin. Mais à peine avions-nous tourné les talons que nous avons entendu l'explosion, a ainsi rapporté January Michael, un jeune enseignant joint par l'AFP.

Le président John Magufuli s'était dit samedi très choqué que les gens se ruent sur des véhicules accidentés pour piller leur cargaison. Arrêtons cette habitude, je vous en prie, a-t-il demandé.

En 2015 au Soudan du Sud, à Maridi (300 km à l'ouest de Juba), une catastrophe similaire avait fait au moins 203 morts. En 2010, 292 personnes avaient perdu la vie dans l'explosion d'un camion-citerne à Sange, dans l'est de la République démocratique du Congo.

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