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Les citoyens de Saint-Roch-de-l'Achigan rejettent le projet d'aérodrome

Des avions sont stationnés dans un aérodrome.

Les électeurs de Saint-Roch-de l'Achigan, dans Lanaudière, ont rejeté un projet d'aérodrome lors d'un référendum qui s'est tenu le 11 août 2019.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les citoyens de Saint-Roch-de-l’Achigan, dans Lanaudière, ont rejeté à 96 % un projet d’aérodrome lors d’un référendum qui s’est tenu dimanche.

Au total, 2072 électeurs se sont prononcés sur ce projet. Du nombre, 1994 ont voté non et 78 ont voté oui, ce qui a valu 96 %. Le taux de participation a été de 52 %; Saint-Roch-de-l'Achigan compte 3900 électeurs.

Dimanche dernier, lors du vote par anticipation, 1050 citoyens avaient voté.

Le porte-parole de la Coalition des citoyens contre l'aérodrome, Sébastien Marcil, s'est déclaré satisfait des résultats du référendum.

« C'était important pour nous qu'une majorité d'électeurs se prononce », a-t-il indiqué en entrevue à Radio-Canada.

Maintenant, la balle est dans le camp du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, qui doit se positionner sur le projet, a noté Sébastien Marcil. Mais il estime qu'à l'aube des élections fédérales, il serait inconcevable que Justin Trudeau ne reconnaisse pas le vote qui s'est tenu dimanche.

La question n'est pas tranchée, dit Garneau

Le ministre Marc Garneau a pris acte lundi du vote à Saint-Roch-de-l'Achigan et se dit en attente d’un rapport du prometteur du projet qui sera analysé, notamment sur la base de l’intérêt public.

Toutefois, le ministre reconnaît que le résultat du référendum « ne tranche pas la question définitivement ». C’est un facteur parmi d’autres, insiste M. Garneau.

En entrevue à La matinale d’été, le maire Yves Prudhomme, fort de ce résultat, invite le ministre fédéral des Transports « à considérer l’intérêt public. [...] On demande aux promoteurs de trouver un emplacement différent, parce que nous sommes en zone agricole ».

Nous souhaitons qu’il prenne en considération ce que les citoyens pensent.

Yves Prudhomme, maire de Saint-Roch-de-L’Achigan

Les citoyens veulent continuer à vivre dans cette atmosphère paisible et tranquille, insiste le maire Prudhomme.

Le promoteur Aérodrome-SRA n’entend pas commenter et dit s'affairer au cours des jours à rédiger son rapport tel que prescrit par le Règlement de l'aviation canadien.

Aérodrome-SRA, qui avait essuyé un refus à un projet similaire à Mascouche – lequel prévoyait des décollages aux 10 à 15 minutes –, soutenait que le projet aurait permis de créer plusieurs dizaines d’emplois et qu'il aurait apporté des revenus fonciers supplémentaires à la municipalité, en plus de contribuer à la vitalité des entreprises du parc industriel situé à proximité.

Une vue aérienne du projet.

Selon le promoteur, l’aérodrome serait situé à 3,5 km du village et à 1,5 km du camping.

Photo : Aérodrome-SRA

Les Achiganois qui s'opposent au projet affirmaient que celui-ci est disproportionné, que les études déposées sont très minces et que les nuisances sonores ne justifient pas un tel aérodrome, dans un contexte où ce type d'activité serait en baisse.

Leurs arguments se basent sur les données de Statistique Canada qui montrent une baisse de 24 % des mouvements annuels dans les petits aérodromes du Canada entre 1998 et 2018.

Dans un mémoire, ils affirment que le promoteur et son équipe font preuve d’un manque flagrant de transparence [de même que] d’arrogance et de mépris.

Intérêt privé contre intérêt collectif

Pour Danièle Pilette, professeure associée au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’Université du Québec à Montréal, il s’agit d’un cas typique d’arbitrage entre la question de la propriété privée versus l’intérêt collectif .

Si Mme Pilette souligne qu’une municipalité dépend beaucoup de ses taxes pour alimenter son budget, elle note elle aussi qu’il y a très peu d’études pour démontrer les bienfaits du projet.

C’est le gouvernement fédéral qui a le dernier mot concernant le domaine de l’aviation. Toute décision tiendra compte de divers facteurs, notamment le rapport, les commentaires de la communauté et les préoccupations en matière de sécurité, avait déclaré à Radio-Canada à la fin juin Delphine Denis, porte-parole du ministre des Transports du Canada, Marc Garneau.

Selon un document du promoteur, Transport Canada doit se prononcer sur le projet d'ici le 5 septembre, soit à la veille du déclenchement des élections fédérales.

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