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Le FBI enquête sur la mort du multimillionnaire Jeffrey Epstein

Une photo de Jeffrey Epstein qui apparaît dans le registre des délinquants sexuels de l'État de New York.

Photo : Reuters

Radio-Canada

Le Federal Bureau of Investigation (FBI) a déclenché une enquête pour faire la lumière sur la mort du financier Jeffrey Epstein qui a été retrouvé sans vie samedi matin dans sa cellule d'une prison de New York.

Il était détenu au Metropolitan Correctional Center depuis son arrestation le 6 juillet dernier, en attendant son procès pour exploitation sexuelle de mineures.

Selon le New York Times, qui cite des responsables sous couvert d'anonymat, le financier déchu de 66 ans s'est pendu dans sa cellule et son corps sans vie a été retrouvé samedi matin. Le bureau du coroner de la ville de New York a par la suite confirmé la nouvelle.

Des tentatives de réanimation ont été effectuées sur place, avant qu'il ne soit transporté à l'hôpital, où son décès a été constaté.

Deux enquêtes

Par communiqué de presse, le procureur général des États-Unis, William Barr, s’est dit choqué d'apprendre la mort de Jeffrey Epstein dans un établissement de détention fédéral.

La mort de M. Epstein soulève de sérieuses questions auxquelles il faut répondre, a-t-il ajouté, en précisant qu’en plus de l'enquête du FBI, il avait consulté l'inspecteur général pour qu’il ouvre une enquête sur les circonstances de la mort de M. Epstein.

Une camionnette gardée par des policiers.

Le corps de Jeffrey Epstein a été transporté au bureau du coroner de la ville de New York.

Photo : Reuters / Jeenah Moon

Le 8 juillet, M. Epstein avait été inculpé d’exploitation sexuelle de dizaines de mineures. Il encourait jusqu’à 45 ans de prison. Son procès devait s'ouvrir au plus tôt en juin 2020.

Les réactions n'ont pas tardé du côté des victimes présumées. Au nom des victimes que je représente, nous aurions préféré qu'il vive pour pouvoir faire face à la justice, a déclaré Lisa Bloom qui représente certaines des plaignantes.

Cette dernière précise que malgré le suicide du financier, il est encore possible de demander réparation au civil en s’attaquant à ses biens.

Les victimes méritent d'être dédommagées pour les torts irréparables subis.

Lisa Bloom, avocate des plusieurs plaignantes

Brad Edwards est l’avocat d'un autre groupe de plaignantes. Il considère le suicide d’Epstein comme un acte égoïste qui ne représente pas la fin que tout le monde attendait.

Le multimillionnaire américain, qui avait plaidé non coupable, avait déjà été retrouvé, le 23 juillet, allongé par terre dans sa cellule du Metropolitan Correctional Center, une prison de Manhattan, avec des marques sur le cou. Cela avait été présenté comme une possible tentative de suicide.

Selon une source du New York Times, M. Epstein n'était plus sous surveillance spéciale (suicide watch) au moment de sa mort. Depuis le 29 juillet, il avait réintégré son unité de détention, une zone sous haute surveillance séparée de la zone principale de la prison. Selon Cameron Lindsay, une ancienne directrice de prison interrogée par l'Associated Press, ce suicide en détention est un échec choquant du système.

Sur la sellette

Il y a une décennie, Jeffrey Epstein avait évité un procès et une lourde peine de prison en plaidant coupable à une accusation réduite d'avoir sollicité les services sexuels d'une mineure. Il avait écopé de 13 mois de prison.

Cet épisode judiciaire avait forcé, il y a un mois, le secrétaire américain du Travail, Alexander Acosta, à démissionner.

M. Acosta était soupçonné d'avoir offert un accord en justice jugé trop favorable à Jeffrey Epstein, en 2008, lorsque le financier a fait face à une première série d'accusations pour des crimes sexuels. Il était alors procureur fédéral en Floride.

M. Epstein avait entretenu de nombreuses amitiés, notamment avec Donald Trump, l'ex-président démocrate Bill Clinton et le prince Andrew, fils de la reine Élisabeth II.

Détails scabreux

Les témoignages qui sont ressortis cette semaine, dans des documents judiciaires et des médias américains, brossaient de ce brillant et riche financier, ex-professeur de mathématiques, l'image d'un prédateur insatiable de jeunes filles, qu'il faisait recruter par dizaines et venir dans ses somptueuses résidences.

Une perquisition dans sa maison du quartier huppé de l'Upper East Side à Manhattan avait révélé au début juillet une salle de massage, intacte, où il aurait entraîné ses victimes présumées.

Selon plusieurs témoignages, domestiques, secrétaires et recruteuses géraient au millimètre un sombre emploi du temps, avec prise de rendez-vous, transport – parfois même en jet privé – instructions et rétribution, souvent de 200 à 300 $ par visite, et des cadeaux.

Avec les informations de Agence France Presse, Associated Press, et New York Times

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