•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Percée importante dans la lutte contre le cancer des ovaires

Des cellules cancéreuses

Une percée réalisée deux chercheuses montréalaises permettrait de combattre beaucoup plus efficacement le cancer des ovaires.

Photo : iStock

Radio-Canada

Encore mal compris, le cancer de l'ovaire fait des ravages : en 2017, quelque 2800 femmes ont reçu un diagnostic de cette maladie, et 1800 sont mortes des suites de cette maladie. Une percée majeure a toutefois été accomplie récemment, et cela pourrait changer le cours de la lutte contre ce cancer destructeur.

Selon la Dre Anne-Marie Mes-Masson, l'une des deux chercheuses à l'origine de cette avancée, le cancer de l'ovaire est particulièrement meurtrier, même s'il est rare : L'une des grandes difficultés, avec le cancer de l'ovaire, consiste à le dépister rapidement, et il faut donc se tourner vers de nouveaux traitements pour augmenter l'espérance de vie des patientes.

En entrevue à 24/60, la Dre Mes-Masson a précisé que lorsque les femmes reçoivent habituellement un diagnostic pour ce cancer, celui-ci est déjà en phase 3, c'est-à-dire passablement avancé.

Pour contrer les tendances peu encourageantes pour les femmes, l'absence de symptômes en début de maladie contribuant ainsi à ce que seulement 44 % des femmes atteintes de la maladie y survivront au moins cinq ans, la Dre Mes-Masson, épaulée par la gynéco-oncologue Diane Provencher, s'est appuyée sur des travaux réalisés pendant une trentaine d'années.

En utilisant des tissus provenant de chirurgies, des dons effectués par des femmes consentantes, les chercheuses ont constitué une biobanque permettant d'établir un modèle pour comprendre vraiment ce qui se passe chez la femme, a ajouté la scientifique.

On a comparé les cancers les plus malins, les plus meurtriers, avec des cancers dits de faible malignité, et on a tenté de voir ce qu'il y avait de différent au niveau cellulaire.

Une protéine en cause

Les chercheuses ont découvert que plusieurs protéines étaient « surexprimées » dans les cancers les plus agressifs, contrairement aux cancers moins dangereux. Mieux encore, en désactivant l'une de ces protéines, les cellules cancéreuses se mettaient à mourir rapidement, un phénomène absent lorsque la même protéine était désactivée dans des cellules saines.

On voit ici la possibilité d'une cible thérapeutique importante, a mentionné la Dre Mes-Masson, avant de préciser qu'il est encore nécessaire de connaître les raisons de l'importance de cette protéine dans le fonctionnement des cellules cancéreuses.

Selon des résultats de recherche préliminaires, toutefois, la protéine en question serait « essentielle » à la mobilité des cellules cancéreuses, ce qui expliquerait son importance.

Cette diminution de la capacité de déplacement des cellules aurait ainsi un effet sur la capacité de création des métastases, soit des « extensions » du cancer au-delà du lieu d'apparition originel, a précisé la Dre Mes-Masson. Ce sont généralement ces métastases qui accroissent la dangerosité des cancers.

C'est une percée qui est très importante, parce que l'on veut améliorer le traitement des femmes atteintes du cancer, a ajouté la chercheuse.

Trente ans, on pourrait croire que c'est beaucoup de temps, mais ce n'est pas suffisant : nous voulons voir les médicaments parvenir aux patientes atteintes du cancer.

Dre Anne-Marie Mes-Masson

De son côté, la Dre Provencher, en entrevue à La matinale d'été, sur ICI Première, a rappelé que le traitement des tumeurs cancéreuses par des méthodes traditionnelles, notamment la chimiothérapie, ne réussit pas complètement, dans certains cas, à stopper le développement de métastases.

La gynéco-oncologue a ainsi mentionné que la nouvelle stratégie de lutte contre le cancer de l'ovaire a été testée dans des cellules, sur de petits animaux où l'on avait implanté des tumeurs humaines; [...] en ce moment, nous en sommes à concevoir des molécules inhibitrices de la protéine essentielle à la survie des cellules cancéreuses.

Des essais cliniques sont prévus chez l'humain. La stratégie employée contre les cellules cancéreuses dans les ovaires serait également prometteuse pour combattre les cancers du sein et du pancréas, a ajouté la Dre Provencher.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Cancer

Santé