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L'essor des technologies numériques crée un marché du travail canadien à deux vitesses

Photo de l'enseigne verte avec les lettres TD de la Banque TD, à l'extérieur d'une succursale.

Un rapport de la Banque TD met en garde les villes comme Windsor de l'exode des talents au profit des grands centres de technologie.

Photo : PC / Andrew Vaughan

Marguerite Gallorini

Un nouveau rapport des Services économiques de la Banque TD met en garde contre les inégalités qui pourraient se creuser au pays entre les grandes villes et le reste du territoire en matière d'emploi en services numériques. À Windsor dans le sud de l'Ontario, les acteurs du secteur sont optimistes pour contrer cette tendance.

Le rapport de la Banque TD, publié la semaine dernière, met en garde contre le risque de creuser les inégalités régionales en matière de revenus et de perspectives d'emplois alors que le monde devient de plus en plus numérique.

Les auteurs du rapport mettent en garde contre le profond clivage qui s’est dessiné aux États-Unis entre les villes-vedettes [qui] attirent les talents technologiques grassement payés et [qui] se distancient de plus en plus des villes de moindre envergure.

Selon eux, le Canada commence à préparer un terrain propice aux inégalités.

5 pôles technologiques

Le rapport souligne que les emplois sont concentrés dans cinq grandes villes canadiennes influencées par le secteur de la technologie : Toronto, Montréal, Vancouver, Ottawa et Calgary.

Graphique en carembert.

Cinq villes retiennent environ 70% des emplois en services numériques dans le pays.

Photo : Statistique Canada, Services économique TD

Au Canada, presque 70 % des emplois en services numériques étaient situés dans cinq villes, ce qui suggère que la concentration géographique est aussi marquée que chez nos voisins du sud, indique le rapport.

Windsor veut résister

Susan Anzolin, la directrice générale de l'Institut des frontières logistiques, un service de la Société pour le développement économique de Windsor-Essex, affirme ne pas être étonnée des conclusions du rapport.

Elle demeure cependant optimiste, car Windsor possède beaucoup d'atouts, comme son université ou encore la concentration d'industries de fabrication, la niche de la ville, selon elle.

Windsor-Essex est l'une des six régions de l'Ontario qui fait partie du Réseau d'innovation pour les véhicules automatisés. Avec cette distinction, nous avons eu presque 2,6 millions de dollars pour soutenir notre région, rapporte Susan Anzolin.

Des partenariats entre la Société pour le développement économique de Windsor-Essex, la Chambre de commerce régionale de Windsor-Essex, WeTech Alliance et d'autres participent activement à la rétention de talents locaux, ainsi qu'à l'attraction de talents internationaux.

La PDG de WeTech Alliance, Yvonne Pilon, estime que l'industrie de fabrication n'est pas la seule force de la région et du Canada.

Traditionnellement, lorsque l'on pense au secteur technologique, on pense tout de suite à l'informatique, dit-elle. Mais la technologie rejoint tous les secteurs, ce qui nous donne beaucoup d'opportunités. La technologie va révolutionner l'agriculture, et nous sommes en tête du secteur agricole.

Des pertes d'emplois à Windsor

Vendredi, l'agence gouvernementale Statistique Canada a révélé que le taux de chômage à Windsor s'élève à 5,7 % en juillet comparé à 5,9 % en juin.

Le taux de chômage a augmenté de 0,4 % depuis le mois de mars 2019 à Windsor, tandis qu’il a baissé de 0,9 % à Toronto au cours de la même période.

Susan Anzolin admet que les récentes pertes d'emploi dans la ville sont un peu inquiétantes, mais souligne que d'autres entreprises sont en train de s'établir à Windsor. C'est le cas des entreprises américaines i5o Consulting, qui a récemment employé deux étudiants de l'Université de Windsor, ou encore Quicken Loans.

Détroit en soutien

Bien que le rapport de TD indique que les villes dans un rayon de 200 kilomètres d'une aire métropolitaine centrale peuvent utiliser cette proximité à leur avantage, Yvonne Pilon explique que cela paraît inquiétant pour Windsor seulement si l'on considère que les opportunités canadiennes.

À mesure que Détroit devient ce mégacentre pour les véhicules autonomes, nous avons beaucoup à y gagner. Lorsque l'on parle de développement économique, nous ne pouvons pas simplement voir notre région en tant que Windsor-Essex : il faut la voir en tant que Windsor-Essex-Détroit, soutient Yvonne Pilon.

Les décideurs politiques ont pris des mesures pour s’attaquer à la divergence régionale, mais il faut en faire plus. Les dynamiques du secteur technologique s’installent rapidement et sont difficiles à casser une fois établies.

Rapport de TD

Déjà en décembre dernier, le maire de Windsor, Drew Dilkens, avait donné le ton en concentrant son discours d’inauguration sur l’économie locale.Nous devons redoubler d'efforts en matière de développement économique pour accélérer la diversification de notre économie, avait déclaré le maire.

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