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Pic de surdoses à Victoria

Une seringue usée et un flacon ouvert sur lequel est apposé une ordonnance pour du naloxone sont sur le pavé.

La régie de la santé Island Health recommande d'avoir une trousse de naloxone à portée de main.

Photo : Radio-Canada / Christian Molgat

Adrien Blanc

La régie de la santé de l’île de Vancouver publie une alerte concernant l’augmentation de surdoses d’opioïdes à Victoria, où le nombre d'incidents a plus que doublé en une semaine dans les centres de prévention des surdoses et dans les centres d'injection supervisée.

Dans un document imprimable diffusé sur son compte twitter et daté de mercredi, la régie de la santé Island Health annonce : Il y a une augmentation des surdoses à Victoria depuis une semaine à cause d’un produit plus puissant!

Appelez les secours

La régie de la santé rappelle à tout témoin d’une surdose qu'il doit composer le 911, pratiquer la réanimation cardiorespiratoire et, si possible, administrer une dose de naloxone.

Elle recommande aussi aux toxicomanes de tester leur drogue avant d’en prendre et de ne pas la consommer seuls. Enfin, elle rappelle les adresses des centres d’injection supervisée.

Selon la Dre Dee Hoyano, agent de santé à Island Health, le service ambulancier de la Colombie-Britannique a signalé une augmentation des interventions pour surdoses depuis quelques jours.

Elle constate également que le nombre moyen de surdoses signalées par les centres de prévention et les centres d'injection supervisée de l'île de Vancouver est habituellement de quatre par semaine. Il a plus que doublé depuis la semaine dernière.

La Dre Hoyano ne peut cependant pas déterminer la cause de ces hausses, notamment parce qu'elle ne sait pas si les produits qui ont provoqué les surdoses ont été testés avant ou après leur consommation.

La spécialiste pense toutefois que l'on pourrait en faire plus pour prévenir les surdoses : Des mesures permettant aux gens de se sentir à l'aise pour recourir aux services de réduction des méfaits et à un traitement ainsi qu'un accès à des drogues plus sûres seraient une solution pour essayer de réduire le nombre de surdoses dans la province.

La présidente de l’Association des infirmiers et infirmières en réduction des méfaits, Marilou Gagnon, est du même avis. Tout le monde regarde la Colombie-Britannique comme le leader au Canada parce qu’on excelle dans la naloxone, dans les sites d'injection supervisée, dans l’accès au traitement, dit-elle, et en même temps on punit les mêmes personnes qu’on essaye d’aider.

C’est très difficile d’avoir des gains au niveau de la santé quand on punit les gens qu’on veut aider.

Marilou Gagnon, présidente de l’Association des infirmiers et infirmières en réduction des méfaits

Mme Gagnon, qui est aussi professeure en sciences infirmières à l’Université de Victoria, demande au gouvernement de la Colombie-Britannique de décriminaliser les drogues, conformément aux recommandations de la médecin en chef de la province, Bonnie Henry.

Marilou Gagnon

L'infirmière milite pour la décriminalisation des drogues.

Photo : Radio-Canada / CBC

Elle salue aussi la constitution d’un groupe de travail à la Ville de Victoria, annoncée mercredi, qui réunira des personnes ayant subi la dépendance, des problèmes de santé mentale ou l’itinérance, pour aider les élus à élaborer une stratégie pour le bien-être communautaire.

C’est un pas dans la bonne direction, estime l’infirmière. Il reste à voir comment ça va être fait. Qui vont être ces personnes? Comment est-ce qu’on va [soutenir] leur participation?

Les candidatures au groupe de travail sont ouvertes jusqu’au 6 septembre.

Colombie-Britannique et Yukon

Santé publique