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Des différences entre les sexes observées dans l’oreille et l’intestin

Une illustration d'un cerveau d'homme et de femme.

Bien des différences physiques existent entre les femmes et les hommes.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une partie de l’oreille interne ne présente pas la même forme dès la naissance chez les hommes et les femmes, et les testicules communiquent avec une partie bien distincte de l'intestin chez la mouche drosophile mâle. Deux études françaises précisent nos connaissances et permettraient de nouvelles percées. Explications.

Bien des différences existent entre les femmes et les hommes. Leurs tailles sont différentes, leurs compositions corporelles le sont aussi, et les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. Le sexe biologique influe aussi sur la santé, des différences étant observées dans la réponse aux traitements de nombreuses maladies.

Une différence au creux de l’oreille

Des scientifiques français associés au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et des collègues sud-africains ont montré que la partie auditive de l’oreille interne, la cochlée, ne présente pas la même forme dès la naissance chez les hommes et les femmes.

En effet, la torsion de la spirale cochléaire comporte une toute petite différence à son extrémité, selon le sexe.

Cette découverte a permis de mettre au point la première méthode fiable de détermination du sexe, de même que chez les enfants, dans les cas où l’ADN est absent ou trop altéré.

Jusqu’à aujourd’hui, il était impossible de connaître le sexe d’un enfant à partir de son squelette. Chez les adultes, ce n’était possible qu’à partir de l’étude du bassin, à condition que ce dernier soit préservé, ce qui n'est pas toujours le cas.

Or, la cochlée est située dans l’os le plus dur du crâne, très souvent présent dans les sites archéologiques. La découverte permet donc d’établir le sexe de très anciens fossiles, même fragmentaires ou immatures.

Le détail de ces travaux est publié dans les Scientific Report (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Des intestins sexués

D’autres travaux de scientifiques également associés au CNRS montrent que les différences entre les sexes englobent bien plus que les organes purement sexuels.

Le chercheur Bruno Hudry et ses collègues ont montré que les testicules des mâles drosophiles « parlent » à une partie particulière de l'intestin, par l'intermédiaire d'une molécule appelée cytokine. Cette communication mène à une augmentation de la digestion et à l’absorption des sucres dans l’intestin des mâles qui, en réponse, sécrète du citrate, qui soutient la production de sperme dans les testicules.

Cette étude montre qu’un organe adulte comme l’intestin possède une « identité sexuelle » complexe, qui induit des propriétés physiologiques distinctes selon le sexe.

Le détail de cette étude est publié dans la revue Cell (Nouvelle fenêtre)(en anglais).

Science