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Le commerce en ligne moins populaire dans l'Est-du-Québec

Une femme fait un achat en ligne.

Une femme fait un achat en ligne.

Photo : iStock

Maya Arseneau

Le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine auraient le plus faible taux d’acheteurs en ligne au Québec, selon les plus récents résultats d’une enquête menée par le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO). Ces données n’empêchent pas des commerçants locaux d’offrir de plus en plus de produits et de services sur le web pour s’adapter à la tendance générale qui elle, est à la hausse.

Les facteurs qui influencent l'achat en ligne sont nombreux : les habitudes de vie et d'achat, l'âge des consommateurs et les frais de livraison, par exemple.

Au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, les taux de cyberacheteurs par mois sont respectivement de 35 % et de 36 %. LeCEFRIO qualifie ces données de significativement plus basses que la moyenne du Québec, qui se situe à 47 %.

Probablement qu'il y a une plus forte incitation à l'achat local et donc de moins recourir à des services qui sont offerts en ligne.

Bruno Guglielminetti, porte-parole du CEFRIO
Bruno Guglielminetti.

Bruno Guglielminetti

Photo : Radio-Canada

Il faut savoir aussi que, quand on va dans les plus grandes municipalités au Québec, les offres d'achat en ligne, que ce soit des services ou des produits, sont plus répandues, plus communes, plus annoncées, et donc ça fait probablement plus partie de la vie de tous les jours, explique le porte-parole du CEFRIO, Bruno Guglielminetti.

Il explique d'ailleurs que des services d'épicerie en ligne, par exemple, peuvent faire une différence dans les chiffres de l'enquête de l'organisme.

Dans les grands centres comme Québec et Montréal, il est possible pour un consommateur de magasiner son épicerie en ligne et de passer la chercher, service qui n'est pas offert partout dans la province.

Oser l'unique plateforme web

Pour la Rimouskoise Fanny Yockell, c'était une décision logique que d'opter pour une plateforme numérique pour sa nouvelle boutique, La Boutique par Fanny.

Au départ, j'ai voulu lancer en ligne, parce que mon travail est en ligne.

Fanny Yockell, propriétaire de La Boutique par Fanny et créatrice de contenu
Fanny Yockell

Fanny Yockell

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Je me suis dit que les gens qui m'écoutent allaient me suivre facilement là-dessus et parce que c'est accessible partout au Québec, tout le monde pouvait acheter de ma boutique, lance-t-elle.

Environ cinq mois après le lancement, elle remarque bien que sa décision porte ses fruits, puisque la majorité de sa clientèle provient de la métropole.

Plus encore, son type de commerce en ligne est directement lié à l'émergence et à la popularité des créateurs de contenu. Fanny Yockell revend ainsi des produits d'artisans bas-laurentiens et québécois, la plupart exclusifs à sa boutique.

Fanny Yockell devant les étagères de sa boutique.

La plupart des articles vendus sur La boutique par Fanny sont exclusifs à son commerce.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Tout ce que j'ai ici, je l'ai acheté et je le revends. Il y en a qui vont avoir [un commerce] en consigne, donc les artisans prêtent les produits et quand ils sont vendus, c'est là que [le commerçant] donne la part à l'artisan, explique-t-elle.

S'adapter à l'industrie

Pour Anna Maria Bibbo et Vincent Bouchard, l'achat en ligne a été un ajout au commerce qu'ils tiennent depuis 20 ans maintenant.

Après cinq points de vente au Bas-Saint-Laurent pour leur boutique Nomade, les propriétaires en ont ouvert un sixième, numérique, cette fois.

L'affiche de la boutique Nomade.

L'affiche de la boutique Nomade.

Photo : Radio-Canada / Claude Côté

La demande était forte, oui. Les gens qui viennent en vacances l'été nous demandaient : “Où est-ce que vous êtes, à Québec ou à Montréal?” On disait : “On n'est pas là, nous, on est loin. On veut être prêt de notre famille”. Les gens disaient “Ah, c'est dommage”. Mais là, on peut leur dire qu'on a une boutique en ligne!, lance Anna Maria Bibbo, qui croit d'ailleurs que sa boutique en ligne est un atout supplémentaire, plutôt qu'un défi supplémentaire.

Avec leur présence numérique, les propriétaires de la boutique Nomade estiment même que leurs ventes ont augmenté de 50 %.

C'est comme un outil de plus, d'avoir la boutique en ligne. C'est vraiment une vitrine.

Anna Maria Bibbo, copropriétaire des boutiques Nomade
Anna Maria Bibbo.

Anna Maria Bibbo.

Photo : Radio-Canada / Claude Côté

Commerce en ligne ou achat local : un choix obligatoire?

Plusieurs remettent en question les répercussions de l'achat en ligne et croient que cette activité nuit au commerce local. Pour Anna Maria Bibbo, l'un ne va pas à l'encontre de l'autre.

Je pense qu'on peut acheter en ligne [et] local. La preuve est qu'on a des produits qui sont faits au Québec, puis on les vend au Québec et on les diffuse ailleurs. Si on les vend en Ontario, aux États-Unis, ça favorise le commerce local, au contraire, je pense, soutient-elle.

Le porte-parole du CEFRIO abonde dans le même sens.

C'est toujours une question de contexte et de spécialité.

Bruno Guglielminetti, porte-parole du CEFRIO

Si vous offrez un produit spécifique à votre région, quelque chose qui se retrouve uniquement dans votre coin de pays ou qui a une certaine notoriété, là, vous avez quelque chose. Vous avez d'une part les gens qui sont passés chez vous, mais aussi la réputation qui peut suivre, par la suite, à l'international, explique-t-il.

Bruno Guglielminetti soutient ainsi qu'il est pratique d'avoir une présence en ligne pour assurer cette notoriété.

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