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Ottawa se donne les moyens pour abaisser le prix des médicaments brevetés

Une pharmacienne tient des médicaments.

Les Canadiens paient actuellement environ 25 % de plus que le prix médian déboursé par d'autres pays.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les Canadiens pourraient économiser plus de 13 milliards de dollars sur le prix des médicaments d'ordonnance au cours des dix prochaines années. Santé Canada a annoncé vendredi une modernisation du mécanisme de plafonnement du coût des médicaments.

Le gouvernement Trudeau fait un « premier pas très important » vers un régime national d'assurance médicaments en mettant en œuvre sa réforme annoncée en mai 2017 pour baisser le prix des médicaments brevetés, a affirmé en entrevue, sur les ondes de RDI, la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor.

Les changements que nous proposons, ce sont vraiment les premiers changements qu’on a vus depuis une génération. Nous avons pris le temps de consulter tous les intervenants pour nous assurer que notre plan de match était efficace, insiste Mme Petitpas Taylor.

Ces modifications, qui sont les plus importantes depuis 1987, permettront notamment d’offrir au Conseil d'examen du prix des médicaments brevetés (CEPMB) de nouveaux outils pour protéger les Canadiens des prix excessifs (Nouvelle fenêtre).

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a qualifié cette annonce de « tactique dilatoire », critiquant les modifications comme un stratagème pour éviter un régime national d'assurance-médicaments. 

La meilleure façon dont le Canada peut réduire le prix des médicaments est bien documentée : les acheter en vrac en utilisant le pouvoir de négociation d'un régime d'assurance-médicaments de 37 millions de personnes, à payeur unique, a déclaré M. Singh.

En juin, le conseil consultatif nommé par le gouvernement libéral a recommandé l'établissement d'un régime public d'assurance-médicaments universel et à payeur unique.

Parmi les plus chers du monde

Les prix des médicaments brevetés canadiens sont parmi les plus élevés au monde. Ils se situent au troisième rang des prix les plus élevés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ainsi, les Canadiens paient environ 25 % de plus que le prix médian déboursé par d'autres pays, et ce, pour les mêmes produits pharmaceutiques.

Avec l'adoption de cette nouvelle série de mesures, le Canada pourra désormais comparer ses prix avec de nouveaux pays dont les réalités en termes de population, d'économie et d'approche en matière de soins de santé sont plus proches de la sienne, comme l'Australie ou le Japon.

Et il cessera surtout de comparer ses prix avec les États-Unis.

En outre, le CEPMB pourra déterminer si le prix d'un médicament reflète réellement la valeur qu'il a pour les patients.

Cette baisse des prix ne concernera toutefois ni les vaccins ni les médicaments sans ordonnance.

Steve Morgan, professeur à la faculté de la population et de la santé publique de UBC, doute que ces mesures puissent avoir un effet à court terme sur le prix des médicaments.

Cette réglementation a surtout pour but d’assurer la pérennité de notre système, que ce soit celui actuel ou peut-être un programme national universel. Elle s’assure que le système et les patients qui utilisent ce système ne soient plus pris en otage par des prix déraisonnablement élevés, explique-t-il.

La crainte des pharmaceutiques

Le Conseil d'examen du prix des médicaments obligera les groupes pharmaceutiques à lui fournir le prix réel de vente des médicaments brevetés sur le marché, dont les prix sont souvent gonflés.

De son côté, l'industrie pharmaceutique a dit craindre que ces changements nuisent à la recherche et à la création de nouveaux médicaments au pays.

Mais Santé Canada a rétorqué qu'il n'existait pas de corrélation entre le prix plus bas des médicaments et les investissements en recherche et développement.

Pour défendre sa réforme des prix abordables, Ottawa a notamment rappelé que plus d'un million de Canadiens « ont dû renoncer à des produits essentiels comme la nourriture et le chauffage pour se procurer les médicaments dont ils avaient besoin ».

Ces modifications annoncées devraient entrer en vigueur dans un an, soit le 1er juillet 2020, et iront de l'avant, peu importe le parti au pouvoir cet automne. Les consommateurs ne verront donc pas de baisse des prix avant au moins 12 mois.

Baisse des prix des médicaments: entrevue avec Marc-André Gagnon

Santé