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Plus de lève-tôt/couche-tôt extrêmes qu'on le pensait

Deux pieds dans un lit dépassent de draps.

Le syndrome d'avance de phase du sommeil (SAPS) est un trouble du sommeil.

Photo : iStock

Les « oiseaux du matin » qui s'endorment vers 20 h et se lèvent autour de 4 h seraient plus nombreux qu'on le pensait jusqu’à aujourd’hui, estiment des neurologues américains.

Le syndrome d'avance de phase du sommeil (SAPS) est un trouble du sommeil qui se manifeste par une tendance à s’endormir très tôt dans la soirée et à se réveiller très tôt le matin.

En fait, les lève-tôt extrêmes naturels parviennent difficilement à rester éveillés après 20 h, et se réveillent prématurément entre 2 h et 5 h la nuit.

Photo du Dr Louis Ptacek dans un laboratoire.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Dr Louis Ptacek, auteur principal de l'étude.

Photo : Université de la Californie à San Francisco

La plupart des gens ont de la difficulté à se lever du lit à 4 h ou 5 h du matin, mais les personnes qui ont une phase de sommeil avancée se réveillent naturellement à cette heure-là.

Dr Louis Ptacek, professeur à l'Université de Californie à San Francisco

Ces lève-tôt extrêmes ont tendance à bien fonctionner le jour, mais ils peuvent avoir de la difficulté à rester éveillés pour des engagements sociaux le soir, explique le Dr Ptacek.

Le SAPS est un trouble du rythme circadien. Il est associé à une libération prématurée de l'hormone du sommeil mélatonine et un changement de la température corporelle. À ce jour, il était considéré comme plutôt rare.

Le SAPS diffère du réveil de plus en plus précoce rencontré avec le vieillissement normal, ou celui associé à la dépression.

Quatre grands chronotypes

Dans un livre publié en 2016, le Dr Michael J. Breus, un autre expert américain du sommeil, a identifié quatre grands chronotypes qu’il représente par des animaux. Un chronotype est la manifestation du rythme circadien qui définit la préférence du sommeil.

Les personnes atteintes du syndrome d'avance de phase du sommeil (SAPS) présentent un chronotype extrême dont les caractéristiques sont amplifiées et qui, bien que plus rare, peut être associé au roi de la jungle.

  • Les lions se lèvent tôt et sont plus productifs le matin. Leur productivité atteint un sommet avant midi, de sorte qu'ils sont naturellement fatigués le soir et se couchent tôt. Ils représentent 15 % à 20 % de la population.
  • Les ours ont tendance à dormir et à se réveiller en fonction du soleil, ils se sentent plus énergiques pendant la journée et n'ont aucune difficulté à s'endormir la nuit. Leur productivité est maximale au milieu de la matinée et diminue au milieu de l'après-midi. Ils représentent environ 50 % de la population.
  • Les loups s'endorment et se réveillent plus tard que les autres. Leur productivité maximale est atteinte au milieu de la journée et le soir. Ils représentent 15 % à 20 % de la population.
  • Les dauphins sont des personnes au sommeil léger qui ont de la difficulté à suivre une routine de sommeil régulière en raison des réveils nocturnes plus fréquents. Leur période la plus productive va du milieu de la matinée au début de l'après-midi. Ils représentent 10 % de la population.

Un syndrome extrême qui ne fait pas relâche le week-end

Les jours de congé, les « lions extrêmes  » – soit les personnes qui présentent un SAPS – se satisfont habituellement d'une moyenne de cinq à dix minutes de sommeil supplémentaires, contre 30 à 38 minutes de sommeil supplémentaires pour celles qui ne présentent pas le syndrome.

Un homme consulte sa tablette dans son lit.

Les personnes qui présentent un SAPS se réveillent également plus tôt la fin de semaine.

Photo : iStock

L'étude

Les travaux du neurologue Louis Ptacek, professeur à l'Université de Californie à San Francisco, et son collègue Christopher R. Jones, anciennement de l’Université de l'Utah, montrent que le SAPS est plus répandu qu’on le pensait et qu’il affecterait au moins un adulte sur 300.

Cette recherche a également permis d’estimer que la prévalence de la forme familiale du syndrome – ce dernier étant associé à une anomalie génétique associée à la mutation de gènes particuliers – frapperait au moins une personne sur 475.

Selon les chercheurs, ces connaissances pourront guider les médecins-cliniciens dans le dépistage des chronotypes extrêmes et ainsi guider leurs décisions dans les choix de traitements, mais aussi servir à déterminer les participants éventuels à des études.

Dans la présente recherche, les données concernant les préférences d'horaire de sommeil ont été recueillies sur une période de près de 10 ans auprès de 2422 patients d’une clinique du sommeil. Ces informations ont ensuite été analysées par les auteurs de ces travaux, publiés dans le journal Sleep (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

De ce nombre, 1748 présentaient des symptômes d'apnée obstructive du sommeil, qui, selon les auteurs, n'est pas liée au SAPS.

Dans le groupe de départ, 12 personnes ont satisfait aux critères de dépistage initial de la phase avancée du sommeil. Quatre des 12 patients ont refusé de participer à l'étude. Les huit autres représentaient 0,03 % du nombre total de patients (soit un sur 300) qui a été extrapolé à la population générale.

Les participants ont tous été rencontrés personnellement par le Dr Christopher R. Jones. Ils ont été questionnés sur leurs antécédents médicaux et sur leurs habitudes de sommeil passées et présentes.

Les chercheurs ont également examiné les registres du sommeil et le taux de mélatonine dans la salive des participants, ainsi que des études du sommeil – polysomnographie – qui enregistrent les ondes cérébrales, les taux d'oxygène dans le sang, la fréquence cardiaque et la respiration.

Les huit personnes qui présentaient un SAPS ont affirmé qu'elles avaient au moins un proche parent ayant le même horaire sommeil-éveil, ce qui indique une phase de sommeil avancée dite familiale.

Il s'agit d'une estimation prudente, ont noté les chercheurs, car il exclut les quatre patients qui ne voulaient pas participer à l'étude et qui pourraient avoir satisfait aux critères de la phase avancée du sommeil. Ce chiffre n'a été obtenu qu’à partir de personnes qui ont consulté une clinique du sommeil, une donnée qui pourrait fausser les résultats.

Nous espérons que cette étude permettra non seulement de mieux faire connaître la phase avancée du sommeil et la phase familiale du sommeil avancé, mais aussi d'identifier des gènes de l'horloge circadienne et les conditions médicales sur lesquelles ils peuvent avoir une influence.

Dr Louis Ptacek

Le corps possède une horloge centrale, dite interne ou biologique, qui règle les mécanismes biochimiques et physiologiques qui rythment son activité. Ce rythme veille-sommeil, dit circadien, est d'environ 24 heures.

Les cycles du sommeil

Au cours d’une période de sommeil, de 3 à 5 cycles d’environ 90 minutes se succèdent.

Le cycle du sommeil lent est lui-même divisé en 3 phases : l’endormissement, le sommeil lent léger (qui représente environ 50 % du temps de sommeil total) et le sommeil lent profond, propice à la récupération des forces physiques (qui représente de 20 à 25 % du temps de sommeil).

Le cycle du sommeil paradoxal est aussi appelé sommeil REM, du nom des mouvements oculaires rapides qui se manifestent pendant cette phase. C’est durant ce cycle qu’ont lieu la plupart des rêves. La personne présente simultanément des signes de sommeil très profond et des signes d’éveil. Cette phase, qui se produit surtout en fin de nuit, représente de 20 % à 25 % du temps de sommeil.

Illustration d'une femme dans un lit qui flotte dans les nuages entouré d'oiseaux.

C'est durant le sommeil paradoxal que les gens rêvent le plus.

Photo : iStock

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