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Le premier ministre du Canada, John Diefenbaker, derrière un micro de Radio-Canada.

Le premier ministre John Diefenbaker est décédé le 16 août 1979.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 16 août 1979, John Diefenbaker mourait à l’aube de ses 84 ans. Le 13e premier ministre du Canada, à la tête du pays de 1957 à 1963 a été un homme de combat comme le rappellent les archives de Radio-Canada.

Son père était d’origine germanique, sa mère, écossaise. Et ils étaient venus de Toronto s’établir dans le Grand Nord puis en Saskatchewan. C’est là que John Diefenbaker a passé son enfance et son adolescence. Il lui en est resté pour toute sa vie la haine de l’injustice sociale, l’attachement au sol et un certain radicalisme.

Claude-Jean Devirieux, en 1979

La route laborieuse d’un garçon des Prairies…

Ce soir, 16 août 1979

C’est au journaliste Claude-Jean Devirieux qu’est revenue la tâche de résumer la carrière du premier ministre John Diefenbaker lorsque celui-ci est décédé le 16 août 1979.

Cette biographie a été présentée à l’émission Ce soir la journée de sa disparition.

John Diefenbaker est né en Ontario en 1895. Mais ses racines sont profondément enfouies dans le sol de la Saskatchewan.

C’est dans cette province des Prairies qu’il a grandi, a fait ses études et a accompli une importante partie de ses faits d’armes en politique.

Jeune garçon, John Diefenbaker avait dit à sa mère qu’il serait un jour premier ministre du Canada.

Cette dernière lui aurait répondu que c’était impossible pour un enfant d’une province des Prairies de réaliser ce rêve.

Mme Diefenbaker avait tort.

John Diefenbaker a dû cependant travailler fort pour obtenir les clés de la résidence du premier ministre du Canada située sur la promenade Sussex à Ottawa.

Élu député fédéral en 1940, il tente de se faire désigner sans succès chef du Parti progressiste-conservateur en 1948.

Il décroche finalement le poste en décembre 1956 et devient chef de l’opposition officielle.

En avril 1957, les progressistes-conservateurs de Diefenbaker battent les libéraux de Louis Saint-Laurent après un règne de 22 ans. Il sera premier ministre jusqu’au 22 avril 1963.

… soucieux de justice sociale

John Diefenbaker a souvent manifesté des opinions politiques influencées par la justice sociale.

Cette position s’est exprimée par plusieurs décisions qu'a prises le premier ministre.

Par exemple, Diefenbaker fait voter plusieurs améliorations aux programmes sociaux canadiens pour aider les pauvres, de même que les fermiers.

Il est celui qui a nommé la première femme au cabinet fédéral, ainsi que le premier Autochtone au Sénat du Canada.

Il a aussi donné le droit de vote aux Premières Nations et a fait adopter la déclaration canadienne des droits.

… jusqu’en Afrique

Monsieur Diefenbaker s’est opposé au racisme et à la mise en œuvre de l’apartheid en Afrique du Sud. Ce qui a finalement forcé l’Afrique du Sud à se retirer du Commonwealth. … à partir de ce moment-là, monsieur Diefenbaker a eu un ascendant assez fort sur le Commonwealth.

Jean-Pierre Fournier, journaliste

Cette préoccupation pour la justice sociale, le premier ministre Diefenbaker l’exprime aussi sur la scène internationale.

Le combat d'une vie, 28 novembre 1971

Le narrateur Jean Deschamps le rappelle dans l’émission Le combat d’une vie présentée le 28 novembre 1971.

John Diefenbaker a livré bataille avec conviction au sein de l’association du Commonwealth contre le régime raciste d’apartheid de l’Afrique du Sud.

Déjà en 1960, Diefenbaker avait exprimé son dégoût envers ce système de discrimination raciale au ministre des Affaires étrangères sud-africain.

Il lui avait aussi demandé un pouvoir de représentation minimale pour les Noirs et les Métis d’Afrique du Sud. Cette requête avait été rejetée par le Sud-africain.

En 1961, Diefenbaker monte au créneau.

Malgré l’opposition initiale du premier ministre britannique Harold Macmillan, il persuade ses collègues qui assistent à la conférence du Commonwealth d’accepter l’égalité raciale comme principe d’organisation de l’association.

L’Afrique du Sud se retira alors du Commonwealth.

Anti-Québécois?

On a souvent dit de John Diefenbaker qu’il était hostile aux Québécois de langue française et au Québec.

Difficile de l'affirmer ou de l'infirmer avec certitude.

Un détail dans la biographie du journaliste Claude-Jean Devirieux présentée à l'émission Ce soir, le 16 août 1979, laisse cependant penser que ce pourrait ne pas être le cas.

Jeune avocat, John Diefenbaker a fait casser un jugement sur l’interdiction d’enseigner le français dans les écoles de Saskatchewan.

Le combat d'une vie, 28 novembre 1971

Dans un autre extrait de l’émission Le combat d’une vie du 28 novembre 1971, des collaborateurs québécois mettent par ailleurs en doute un sentiment anti-Québec chez John Diefenbaker.

Ils rappellent qu'il a adopté la traduction simultanée à la Chambre des communes du Canada et nommé le premier Canadien français gouverneur général du Canada.

Le malentendu venait peut-être du fait, avancent ces collaborateurs, que John Diefenbaker voyait le Québec comme une province « comme les autres ».

Il a aussi fait des concessions au Québec, qu’il considérait comme importantes alors que la province ne l'envisageait pas du même œil.

Finalement, la faiblesse des ministres québécois au sein de son cabinet a peut-être favorisé l’impression que John Diefenbaker était anti-Québécois et anti-francophone selon certains analystes.

Mais c’est peut-être John Diefenbaker lui-même qui nous révèle ses vrais sentiments sur la question.

Il aurait dit que si sa vie était à recommencer, qu’il apprendrait le français.

Ce combat-là, il n’a pas pu l’entreprendre.

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