•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Hong Kong : les militants prodémocratie tentent de sensibiliser les étrangers

Le récit de Jean-Michel Leprince

Photo : Reuters / Thomas Peter

Radio-Canada

Les manifestants prodémocratie ne lâchent pas prise à Hong Kong. Après avoir perturbé le transport en commun en début de semaine, ils se sont invités vendredi à l’aéroport, armés de pancartes, pour sensibiliser les voyageurs étrangers à leurs revendications au deuxième mois de mobilisation.

Pour la plupart vêtus de noir, la couleur emblématique d'un mouvement né lors d'une manifestation monstre le 9 juin, ils se sont assis sur le sol, dans le hall des arrivées, brandissant des pancartes condamnant en chinois et en anglais les violences policières.

Sauvez Hong Kong de la tyrannie et de la brutalité policière!, pouvait-on lire sur l'une d'elles.

L’accord de rétrocession de Hong Kong signé entre Pékin et Londres prévoit pourtant le maintien pendant 50 ans d’une certaine autonomie économique et législative à Hong Kong, c’est-à-dire jusqu’en 2047.

Mais plusieurs signaux en provenance de Pékin ont alerté les Hongkongais.

En 2014, ils étaient déjà descendus massivement dans les rues pour dénoncer le processus de désignation du chef de l’exécutif chargé de diriger l’île. Un processus où le comité électoral chargé de la nomination est en grande partie acquis à la Chine.

Cette année, c’est l’instauration d’un projet de loi facilitant les extraditions de criminels vers plusieurs pays, dont la Chine, qui a suscité leur colère. Pékin veut ainsi pouvoir récupérer ses citoyens corrompus,  a expliqué, à RDI Matin, Charles Pellegrin, correspondant de France 24 en Chine.

Un homme surplombe le rez-de-chaussée de l'aéroport avec, dans son dos, un papier où il est écrit : Welcome to Hong Kong, a city run by police and gangsters

Selon les statistiques policières, 589 personnes âgées de 13 à 76 ans ont été arrêtées lors des manifestations depuis le début de celles-ci.

Photo : AFP/Getty Images / Anthony Wallace

Mais la pilule ne passe pas et plus de 20 % de la population de 7 millions d’habitants est descendue dans la rue, si l’on se fie aux chiffres fournis par les manifestants.

Deux mois, jour pour jour, depuis le début de la mobilisation, celle-ci ne faiblit pas, même si la dirigeante de l’exécutif, Carrie Lam, a annoncé début juillet, la suspension du projet de loi et présenté des excuses.

Les manifestants se sont engagés à poursuivre leur mouvement jusqu'à ce que leurs revendications soient satisfaites. Ils demandent notamment la démission de Carrie Lam, une enquête indépendante sur l'action de la police, une amnistie pour les personnes arrêtées, le retrait définitif du projet de loi controversé, actuellement suspendu, ou encore l'avènement du suffrage universel dans le territoire semi-autonome.

Mais l’exécutif hongkongais reste depuis inflexible et refuse de négocier avec les manifestants.

Scission importante

Charles Pellegrin note que le large front commun des manifestants est en train de se fissurer.

Ce vendredi, le secteur de l’immobilier, qui est très puissant à Hong Kong, a déclaré que s’il était au début pour les manifestants et contre le projet de loi d’extradition, il fallait désormais que cela cesse et que l’ordre revienne, a-t-il souligné.

Selon les statistiques, 589 personnes âgées de 13 à 76 ans ont été arrêtées lors des manifestations depuis le début de celles-ci. Elles pourraient encourir des peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 10 ans.

D’autres manifestations sont prévues cette fin de semaine, dont une autour du siège de la police.

Avertissements à l'étranger

Dans ce contexte, plusieurs pays, dont le Canada, ont mis en garde leurs ressortissants en partance pour Hong Kong.

L'avis d'Ottawa suggère aux Canadiens de faire preuve d'une grande prudence en tout temps, de surveiller les médias locaux et de suivre les instructions des autorités locales. C'est une question de bon sens, a affirmé la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, en point de presse à Calgary, rappelant que des actes violents surviennent à Hong Kong en marge des manifestations.

Il y a 300 000 Canadiens qui vivent actuellement à Hong Kong. Je peux les assurer que nous portons une attention particulière à leur situation et à leur bien-être, a ajouté la ministre.

Le ministère conseille aussi aux personnes désirant se rendre à Hong Kong de suivre régulièrement ses avis et mises à jour, et ce, avant le voyage.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et CBC

Politique internationale

International