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L’accès à l’avortement encore difficile pour les femmes du Cap-Breton

Confrontées à la difficulté d'obtenir une ordonnance pour le Mifegymiso, des patientes du Cap-Breton doivent encore se rendre à Halifax.

Deux bouteilles de Mifegymiso.

Le Mifegymiso est une combinaison de deux médicaments.

Photo : Associated Press / Charlie Neibergall

Radio-Canada

L’accès à un avortement non chirurgical est encore difficile pour les femmes en milieu rural. En Nouvelle-Écosse, plusieurs femmes du Cap-Breton sont contraintes de voyager jusqu’à la capitale, Halifax, simplement pour se faire prescrire le Mifegymiso, cette combinaison de médicaments permettant de mettre fin à une grossesse.

La réticence de certains médecins et la pénurie de médecins de famille en Nouvelle-Écosse sont pointées du doigt.

Pourtant, lorsque le Mifegymiso a été approuvé au Canada il y a deux ans, l’un des espoirs était d’abattre les barrières qui existaient pour les femmes en régions éloignées.

Depuis, des gestes ont été posés au provincial et au fédéral pour améliorer l’accès. La Nouvelle-Écosse rembourse le coût du Mifegymiso. Depuis avril, Santé Canada ne requiert plus une échographie, sauf dans certains cas particuliers, ce qui élimine des consultations additionnelles et réduit l’attente.

Malgré cela, de nombreuses femmes du Cap-Breton ne savent toujours pas à qui s’adresser pour obtenir le médicament, selon Shannon Hardy, qui a fondé les Services de soutien à l’avortement en Atlantique (Abortion Support Services Atlantic).

Elle explique passer beaucoup de temps au téléphone à chercher des médecins qui prescrivent le Mifegymiso. La réponse, dit-elle, n’est pas des plus encourageante.

On m’a répondu sur un ton irrité “On ne fait pas ça”, on m’a raccroché au nez..., déplore-t-elle, précisant que les personnes au bout du fil ne sont pas nécessairement des professionnels de la médecine.

Les femmes enceintes de plus de neuf semaines sont référées par la province aux hôpitaux de Kentville et d’Halifax pour un avortement chirurgical, mais les autres ne devraient pas avoir à sortir de leur région pour se faire prescrire le Mifegymiso.

Selon Mme Hardy, les femmes du Cap-Breton représentent, après celles de la région de Yarmouth, le deuxième plus important groupe se rendant à Halifax pour avoir accès au service d’avortement.

Afin de faciliter l’accès, elle suggère de permettre aux infirmières praticiennes de prescrire le Mifegymiso. Elle aimerait aussi que Doctors Nova Scotia, l’ordre professionnel des médecins de la Nouvelle-Écosse, fasse un meilleur travail d’éducation de ses membres. 

Du progrès, selon la Régie de la santé

Selon Heather Fairbairn, porte-parole du ministère de la Santé, la province encourage les médecins à prescrire le Mifegymiso. Environ 30 % des interruptions de grossesse survenues dans la province en 2018-2019 se sont faites avec le Mifegymiso, indique-t-elle.

Kim Munroe, la directrice des services ambulatoires de la Régie de la santé de la Nouvelle-Écosse, affirme que les choses s’améliorent. Elle rappelle qu’une ligne sans frais est à la disposition des patientes depuis le début de l’année pour leur éviter une visite superflue chez un médecin et arranger un rendez-vous pour un avortement, qu’il soit chirurgical ou non.

Elle croit qu’il y a aussi des patientes qui vont chercher le service à l’extérieur pour ne pas que cela se sache dans leur communauté, et ce, même si les interactions avec un médecin sont confidentielles.

Mme Munroe aimerait que les médecins qui prescrivent le Mifegymiso s’identifient davantage. Ça nous rendrait la tâche plus facile, dit-elle. 

Une pénurie de médecins de famille au coeur du problème

Dre Margaret Fraser, présidente de l’Association du personnel médical du Cap-Breton, dit connaître cinq médecins qui prescrivent le Mifegymiso dans la Municipalité régionale du Cap-Breton, et que ceux-ci font de leur mieux pour pallier la pénurie de médecins qui frappe la Nouvelle-Écosse en acceptant de voir des patientes dont ils n’ont pas la responsabilité, simplement pour leur prescrire la pilule abortive.

Dre Fraser ajoute que l’accès est de plus problématique pour les étudiantes de l’Université du Cap-Breton, où sont inscrites beaucoup de jeunes femmes provenant d’une autre province ou un autre pays.

La liste des médecins prescrivant le médicament sera distribuée aux salles d’urgence dans la Municipalité, promet Dre Fraser.

Elle croit que l’avortement fait partie des services de base de la médecine familiale, et que l’accès à un médecin de famille demeure l’obstacle principal à l’accès à l’avortement en Nouvelle-Écosse.

D'après le reportage de Brittany Wentzell, CBC

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