•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des laveuses Whirlpool aux odeurs de moisissure visées par un recours collectif

Une femme met des vêtements dans la machine à laver.

Des machines à laver fabriquées par Whirpool font l'objet d'un recours collectif.

Photo : iStock / Yana Tikhonova

Radio-Canada

Un Québécois obtient l'autorisation de déposer une demande de recours collectif contre l’entreprise Whirlpool pour avoir mis en marché des machines à laver qui accumuleraient moisissures et mauvaises odeurs.

Sylvain Gaudette a franchi jeudi matin la dernière étape nécessaire pour que sa demande d’action collective aille de l’avant : la Cour suprême du Canada a refusé d'entendre la demande de rejet de la requête déposée par Whirpool.

L’entreprise américaine alléguait que la démarche du Québécois devait être avortée, puisqu’une initiative semblable d'un autre client insatisfait avait été rejetée en 2013.

Cet autre client, Sylvain Lambert, avait attendu trop longtemps avant d'entamer les procédures, explique Jeff Orenstein, l'avocat montréalais attaché au dossier ouvert en 2010. Son droit d'action personnel étant prescrit, les tribunaux ont conclu qu'il ne pouvait pas agir en justice au nom d'un groupe de propriétaires de laveuses.

Sylvain Gaudette a déposé sa demande trois ans plus tard, et Whirlpool tentait depuis de convaincre les tribunaux que l’affaire avait déjà été jugée et qu'il s'agissait d'un abus de procédures.

La décision de la Cour suprême signifie que Sylvain Gaudette pourra finalement demander l'autorisation de la Cour supérieure pour intenter son action collective.

Ça ne veut pas dire qu’on va gagner, mais ça veut dire qu'on peut recommencer les procédures, explique l'avocat du Groupe de droit des consommateurs, Jeff Orenstein.

Whirlpool, Kenmore et Maytag

La liste des machines à laver à chargement frontal faisant l'objet du recours collectif comprend les appareils Whirlpool Duet, Whirlpool Duet HT et Whirlpool Duet Sport, ainsi que d’autres appareils de marque Kenmore et Maytag manufacturés par Whirlpool.

Sylvain Gaudette cherchera à prouver que ces laveuses frontales ont des vices de conception qui valent un dédommagement aux clients qui ont senti une odeur de moisi provenant de leur laveuse ou qui ont dû acheter des comprimés Affresh.

Il allègue que les machines à laver n'ont pas été conçues correctement pour diriger l'eau vers les surfaces exposées au savon, à la saleté et aux débris, et à leur permettre de sécher une fois le cycle de lavage terminé.

Résultat : l'accumulation de résidus a contribué à la formation de moisissures et au dégagement de mauvaises odeurs, qui touchent non seulement les machines à laver, mais aussi les vêtements une fois nettoyés et les pièces où ils se trouvent dans la maison.

De la moisissure sur des pièces de laveuses.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Deux exemples montrant à quoi ressemblent les machines à laver problématiques une fois désassemblées.

Photo : Courtoisie

M. Gaudette reproche à Whirlpool d’avoir fait la promotion d’appareils écoénergétiques, alors qu’il devait effectuer des lavages à l’eau chaude et avec des produits spécialisés pour éliminer odeurs et moisissures.

Tous les clients canadiens qui ont, ou ont eu, une machine à laver de marque Whirlpool présentant des problèmes semblables peuvent se joindre au recours collectif, lequel fait valoir que les clients, en plus de devoir débourser des montants pour remplacer leurs machines défectueuses, ont été atteints de douleurs, de souffrances, de troubles et de désagréments.

Environ 100 000 laveuses ont été vendues au Québec au cours de la période visée par la requête, et plus de 6000 personnes sont déjà inscrites au recours collectif.

Le document juridique souligne également que Whirlpool était au courant du problème, mais n’a pas pris les mesures attendues et a plutôt vendu ses propres produits pour éliminer les moisissures aux clients insatisfaits.

Commercialisés à partir de 2001, certains modèles de laveuses problématiques de Whirlpool auraient fait l’objet de correctifs au fil des plaintes reçues.

Le fabricant américain et le détaillant Sears ont réglé un recours collectif semblable aux États-Unis, mais ils avaient refusé d’indemniser les clients du Canada.

Avec les informations de La Presse canadienne

Consommation

Justice et faits divers