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Les Canadiens veulent plus de technologie dans leur système de santé

Un stéthoscope jouxte un ordinateur et un téléphone sur une table.

Selon un récent sondage, plus des trois quarts des Canadiens souhaitent que les nouvelles technologies soient davantage utilisées dans le système de santé d’ici 10 ans.

Photo : CCO/Pexels

Jean-François Morissette

Plus des trois quarts des Canadiens souhaitent que les nouvelles technologies soient davantage utilisées dans le système de santé d’ici 10 ans, selon un récent sondage commandé par l’Association médicale canadienne.

Selon le sondage, 7 personnes sur 10 croient que le Canada a tardé à adopter les soins virtuels, et près de 8 sur 10 croient que le gouvernement n’est pas prêt à financer l’accès par les soins virtuels.

Le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick et l'un des porte-paroles de l'Association médicale canadienne, Dr Serge Melanson, estime que le Canada est en retard dans l'intégration de certaines technologies lorsqu'il s'agit de fournir des soins.

Il y a un [petit élan] vers l’avenir, mais c’est lent à venir, note le président sortant de l’Association médicale canadienne (AMC), le Dr Laurent Marcoux.

Vers un virage technologique?

  • 79 % des répondants estiment que les suivis des rendez-vous devraient se faire en ligne.
  • 77 % estiment qu’ils devraient avoir accès à leurs antécédents médicaux complets en ligne.
  • 72 % se disent prêt à utiliser un système robotisé afin de fixer leur rendez-vous.


Source : Association médicale canadienne

Un récent rapport remis au gouvernement ontarien fait état d’un besoin de changement technologique dans le système de santé de la province.

En janvier dernier, le Conseil du premier ministre pour l'amélioration des soins de santé et l'élimination de la médecine de couloir a publié un rapport stipulant que les nouvelles technologies, notamment dans le cas de la prise d'un rendez-vous, seraient souhaitables.

Environ 1 % des Canadiens déclarent toutefois utiliser les soins virtuels ou les portails-patients en ligne à l'heure actuelle.

L’Association souligne que cette adoption tardive est reflétée par ce très faible nombre signalé de patients qui utilisent ces services.

Peur de perdre le contact humain

Malgré la volonté de voir un virage technologique dans le domaine de la santé, le Dr Marcoux note que les répondants souhaitent conserver un certain contact humain dans le système.

La communication peut être virtuelle, souligne-t-il.

On n’a pas besoin de se déplacer pour attendre deux heures pour se faire dire un résultat, insiste le Dr Marcoux.

Certaines maladies ou certains états de santé, dont le patient connaît bien les modalités, peuvent être suivis grâce à l’usage de la technologie, selon le Dr Marcoux.

Laurent Marcoux dans les studios à Whitehorse.

Laurent Marcoux, président sortant de l'Association médicale canadienne

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Quelqu’un qui fait du diabète connaît bien sa maladie et sait où doivent se situer ses taux. Il peut recevoir ses résultats avec une annotation en bas du dossier par son médecin. Ça peut permettre à ce patient de prendre en main son dossier, explique-t-il.

Préoccupations

  • 77 % des répondants se disent préoccupés par la perte d'un contact humain.
  • 75 % des répondants se préoccupent de la protection de leur vie privée.
  • 71 % des répondants pensent que ces changements peuvent ouvrir la porte aux soins de santé privés.


Source : Association médicale canadienne

Vie privée?

Le virage numérique soulève également des questions sur la protection de la vie privée, concède l’AMC.

Selon le Dr Marcoux, les données médicales, bien qu’elles soient sensibles, ne sont pas aussi convoitées que les données bancaires.

Pour lui, un système sécurisé avec un mot de passe que seul le patient connaîtrait serait un bon outil pour protéger les données.

C’est leur santé, les patients doivent être l'ultime propriétaire de leurs données, note-t-il.

Pas prêt pour un virage technologique?

Selon l’AMC, les Canadiens ont aussi l’impression que ni les médecins ni les patients ne sont prêts pour ces soins virtuels.

On croit toutefois que ce ne sont pas seulement les gouvernements qui ralentissent l’adoption [de cette pratique] car [plusieurs] jugent que les médecins et les patients ne sont pas prêts pour les soins virtuels, peut-on lire dans le rapport.

Une main humaine et une main robotisée se font un fist bump (poing-à-poing).

79 % des répondants estiment que les suivis des rendez-vous médicaux devraient se faire en ligne.

Photo : iStock / AndreyPopov

Le Dr Marcoux concède que les médecins devront également faire partie de ce virage technologique.

On ne peut pas transmettre n’importe quelle information sans que ça soit sécurisé, convient-il.

Il note d’ailleurs qu’une réflexion sur le sujet aura lieu lors de l’assemblée générale annuelle de l’AMC, le 11 août, à Toronto.

Le virage technologique à notre porte

Du côté du gouvernement ontarien, on assure qu’une stratégie est déjà en place. Selon un porte-parole pour le ministère de la Santé, le gouvernement mettra davantage l’emphase sur les visites virtuelles et l’accès aux dossiers médicaux en ligne.

Grâce aux mesures de protection mises en place pour protéger les renseignements, les patients auront la possibilité d'accéder en toute sécurité aux services de santé numériques, comme la prise de rendez-vous en ligne, la consultation virtuelle d'un spécialiste ou l'accès à leur propre dossier de santé électronique, note ce même porte-parole.

À Ottawa, le gouvernement Trudeau affirme vouloir investir davantage dans le système de santé au cours des prochaines années. Un porte-parole pour la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, affirme vouloir faire davantage d’efforts pour intégrer les technologies robotiques et l’intelligence artificielle dans le système de santé canadien.

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