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Québec se dote d'un nouveau système d'accompagnement des immigrants

Le ministre Simon Jolin-Barrette parle dans un micro devant une série de drapeaux du Québec.

Le ministre Simon Jolin-Barrette lance le Parcours d'accompagnement personnalisé pour les personnes immigrantes.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Yannick Donahue

Après avoir annoncé une poignée de mesures pour améliorer les services de francisation offerts aux nouveaux arrivants en juillet, le ministre québécois de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a procédé jeudi à la présentation du Parcours d'accompagnement personnalisé pour les personnes immigrantes.

Simon Jolin-Barrette a décrit ce parcours comme étant une pièce maîtresse de sa réforme du système d’immigration en matière d’intégration. Selon lui, il permettra une « intégration réussie des personnes immigrantes ». Il fait suite à la mise en place du système Arrima, qui vise à mieux arrimer l'immigration aux besoins du marché du travail.

M. Jolin-Barrette a souligné que le système d’immigration québécois avait fait l’objet de critiques de la part de la vérificatrice générale du Québec, qui dénonçait des lacunes telles que l’absence de suivi auprès de la clientèle immigrante, le manque de coordination des services offerts et la méconnaissance des besoins réels des personnes immigrantes.

Il a expliqué qu’une réforme était nécessaire, puisque « certains services offerts par le ministère de l’Immigration étaient inadéquats, inadaptés et insuffisants ». Ce parcours, nous l’avons construit de façon ambitieuse et surtout efficace, a affirmé le ministre, précisant qu’il sera accessible, gratuit, flexible et adapté à chaque situation.

Sa mise en œuvre sera dotée d’une enveloppe budgétaire annuelle de 20 millions de dollars. Elle prévoit la mise sur pied d’une équipe comportant 84 personnes consacrée spécifiquement à l’intégration des nouveaux arrivants et composée de 78 agents d’aide à l’intégration – de nouveaux postes que le ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion (MIDI) va créer – et de 6 coordonnateurs. Chaque agent traitera plusieurs centaines de dossiers annuellement.

La préparation

Désormais, le processus d’intégration débutera au moment de l’envoi d’un certificat de sélection du Québec par le MIDI à la personne immigrante.

Le certificat sera accompagné d’informations sur le Parcours et des coordonnées du MIDI, où des agents l’accompagneront dans ses démarches.

Pour obtenir ce certificat, le demandeur doit préalablement avoir déposé une déclaration d’intérêt et avoir été retenu selon les nouveaux critères basés sur les besoins du marché du travail.

Un « réel travail de préparation » se met alors en branle. D'un côté, le MIDI peut amorcer son travail concernant la reconnaissance des acquis et des diplômes, et de l’autre, le demandeur peut, entre autres, commencer à apprendre le français à distance, à s’informer sur les diverses régions du Québec et sur les professions et métiers réglementés.

Au passage, Simon Jolin-Barrette a déploré le fait que seulement 743 personnes immigrantes aient utilisé à partir de l’étranger les services de francisation en ligne du gouvernement du Québec en 2018-2019.

Le premier contact

Québec veut améliorer le premier contact entre la personne immigrante et le MIDI. Actuellement, nous ne réussissons pas à rejoindre suffisamment les personnes immigrantes lorsqu'elles arrivent au Québec, a déclaré le ministre.

En 2018, seulement la moitié des immigrants se sont arrêtés au bureau du MIDI à l’aéroport de Montréal, alors que celui-ci est situé à la sortie des vols internationaux. Or, de nouveaux arrivants transitent par Toronto ou Vancouver, passant ainsi par la sortie destinée aux vols intérieurs.

Pour remédier à la situation, le gouvernement caquiste s’affaire à finaliser une entente avec l’aéroport pour ouvrir un second bureau situé dans l'aire des arrivées nationales, afin de permettre à davantage de personnes de rencontrer les représentants du ministère.

En ayant une couverture maximale à l’aéroport et en travaillant conjointement avec les différents organismes sur le terrain, ainsi que les autres ministères, nous sommes confiants de pouvoir rejoindre la quasi-totalité des personnes immigrantes.

Simon Jolin-Barrette, ministre québécois de l’Immigration

Ainsi, dès le premier contact, un rendez-vous sera donné à l’immigrant avec un employé du ministère, et ce, dans un délai de cinq jours ouvrables pour analyser ses besoins et le diriger vers les services adéquats.

En fonction du profil et des projets de vie de chacun, un plan d’action individualisé sera produit afin d’orienter et d’accompagner les personnes immigrantes vers les ressources appropriées à leurs besoins, a précisé M. Jolin-Barrette.

Le plan d'action

Ce plan d’action individualisé comporte quatre volets : l’installation, la francisation, l’insertion à l’emploi et l’intégration aux collectivités.

Les agents d'aide à l'intégration du ministère assureront un suivi rigoureux de l'évolution de la personne immigrante et ajusteront, au besoin, le plan d'action afin d'offrir un service adapté aux besoins de chaque candidat.

Simon Jolin-Barrette, ministre québécois de l’Immigration

Pour favoriser leur intégration, les personnes immigrantes seront invitées à suivre la session d'information « Objectif intégration » afin de se familiariser avec la réalité socioculturelle et les caractéristiques du marché du travail du Québec. Une allocation de participation de 185 $ sera par ailleurs offerte aux personnes immigrantes qui compléteront cette session, indique le MIDI dans un communiqué.

Actuellement, trop peu d’immigrants suivent ce cours. En effet, moins de 3000 personnes ont suivi le cours l’an dernier, a déploré le ministre.

Simon Jolin-Barrette assure que des vérifications seront effectuées pour valider, par exemple, que les personnes immigrantes « soient bien installées, qu’elles soient inscrites à un cours de français, qu’elles le fréquentent et qu’elles progressent ».

Grâce à une « réelle prise en charge », à des suivis réguliers et à une francisation, Québec fait le pari de réduire le nombre d’immigrants qui quittent la province et s’établissent ailleurs au Canada. Moi, mon objectif, c’est vraiment de s’assurer que chaque personne qui choisit le Québec y demeure et y fasse sa vie, conclut le ministre.

Les libéraux insatisfaits

Sans grande surprise, le nouveau plan caquiste a été critiqué par le Parti libéral du Québec (PLQ), qui estime que les démarches du gouvernement ne servent qu'à camoufler le fait que les seuils d'immigration ont été abaissés, cette année, pour être peu à peu rehaussés par la suite.

Aux yeux du porte-parole du PLQ en matière d'immigration, Monsef Derraji, le Québec est aux prises avec une pénurie de main-d'oeuvre, et « l'annonce d'aujourd'hui ne répond en aucun cas au problème ».

Selon le député Derraji, le patronat soutient que « les seuils [d'immigration] nous handicapent ».

« On va continuer à voir, trimestre après trimestre, des postes vacants, et ça dure depuis l'élection de la CAQ », a-t-il poursuivi, en évoquant quelque 116 000 postes à pourvoir depuis quatre trimestres consécutifs.

« Le plan de la CAQ est sur la droite; le problème [de main-d'oeuvre] est sur la gauche. »

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