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Baisse des nouveaux cas de VIH chez les hommes gais à Montréal

Un ruban rouge, symbole de la lutte contre le sida et le VIH, épinglé sur une veste.

Le ruban rouge, symbole international de la lutte contre le sida et le VIH.

Photo : iStock

Marie-Eve Cousineau

Le nombre de nouveaux cas de VIH a diminué d'environ 35 % en un an chez les hommes de la région de Montréal qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes, indiquent les dernières données disponibles, obtenues par Radio-Canada.

En 2017, 77 hommes ayant eu des relations homosexuelles ont reçu un nouveau diagnostic de VIH dans la région montréalaise, contre 123 en 2016, selon un bilan de la Direction régionale de santé publique de Montréal.

Il s'agit d'une population particulièrement touchée par l'épidémie.

Ça faisait trois ans qu’on stagnait, souligne la Dre Sarah-Amélie Mercure, responsable médicale du service ITSS et réduction des méfaits à la Direction régionale de santé publique de Montréal.

Il n’y avait [depuis longtemps] ni de baisse ni de hausse dans les nouveaux diagnostics de VIH chez les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes. Et là, enfin, on voit une baisse. On espère qu’on va avoir une tendance.

La Dre Sarah-Amélie Mercure, de la Direction régionale de santé publique
La Dre Mercure sourit.

Sarah-Amélie Mercure, médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive à la Direction de la santé publique de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry

La prophylaxie pré-exposition (PrEP), un traitement qui prévient l’infection au VIH, a grandement contribué à cette diminution des nouveaux cas, selon la Dre Mercure. Les personnes séronégatives peuvent prendre ce médicament chaque jour ou de 2 à 24 heures avant une relation sexuelle à risque.

Sarah-Amélie Mercure explique aussi cette baisse par l’efficacité de la trithérapie : Les études nous ont bien démontré que, quand on a le VIH et qu’on a un traitement efficace pris tel que prescrit, on arrive à une charge virale très faible ou indétectable. Ça fait en sorte que ça ne se transmet plus par voie sexuelle.

De plus en plus d’hommes gais ont aussi recours au service de dépistage de la clinique SIDEP+ du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, située dans le Village gai à Montréal. Les tests y ont augmenté de 23 % en 2017-2018.

La clinique offre la prise de rendez-vous en ligne. La carte d’assurance maladie n’est pas exigée.

L’équipe va aussi sur le terrain pour encourager le dépistage. Une fois par semaine, moi, j’ai une activité en milieu sauna, indique l’infirmier Jean Boulanger. Si les gens veulent se faire dépister, je suis là.

Pour écouter le reportage de Marie-Eve Cousineau, cliquez ici.

Le Dr Réjean Thomas, spécialiste du VIH/sida, se réjouit des effets positifs de la PrEP dans la communauté. C’est une très belle nouvelle, se réjouit le fondateur de la clinique L’actuel. Je ne suis pas surpris parce qu’on avait cette baisse-là dans notre clientèle à nous ici.

Le Dr Thomas souligne que, selon les dernières études, le taux d’efficacité de la PrEP est de 95 % à 99 %. C’est plus efficace qu’un vaccin, note-t-il. Ce traitement nécessite toutefois un suivi aux trois mois.

Le Dr Réjean Thomas.

Le Dr Réjean Thomas

Photo : © Christian Côté

Les ITSS toujours en hausse

Les autres ITSS, comme la chlamydia, la gonorrhée et la syphilis, demeurent en hausse chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Faut-il montrer du doigt la PrEP? Les patients qui la prennent ne mettent pas nécessairement le condom, car ils sont protégés contre le VIH.

On n’est pas pour dire "on arrête la PrEP pour diminuer l’épidémie des ITSS", dit le Dr Thomas. Est-ce que si on avait demain un vaccin contre le sida, on ne le donnerait pas?

Réjean Thomas souligne que l’épidémie des ITSS a débuté avant la prescription à large échelle de la PrEP il y a trois ans. Elle touche aussi les autres communautés, comme les femmes et les hommes hétérosexuels. Probablement que la PrEP est un cofacteur dont il faudra prendre conscience, poursuit-il.

Lors de son introduction au Québec, la PrEP faisait débat, même dans la communauté gaie. Il y a beaucoup de jugement de valeur sur le fait d’être PrEP, convient le Dr Thomas, qui explique que ceux qui ne portent pas de condoms passent parfois pour des guidounes.

Il a fallu beaucoup travailler sur cet aspect-là, dit-il.

Éric Lefebvre, infirmier à la clinique SIDEP+, rappelle que de nombreux médicaments préventifs sont prescrits pour traiter des problèmes de santé chroniques, comme l’hypertension ou le diabète.

Mais quand les gens pensent au sexe, ils ont comme un double standard : "Tu as du sexe, c’est pas si compliqué de se protéger". Mais il y a plusieurs facteurs qui font que ce n’est pas si facile de mettre le condom au bon moment avec la bonne personne, nuance-t-il.

Grand Montréal

Santé publique