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Les autorités américaines arrêtent 680 sans-papiers au Mississippi

Des policiers en uniforme dans la cafétéria d'une entreprise.

Les policiers américains ont effectué des descentes dans plusieurs usines de transformation de volaille.

Photo : Reuters

Radio-Canada

Les autorités migratoires américaines ont arrêté mercredi 680 travailleurs, dont une majorité de Latino-Américains, au Mississippi, dans le cadre de la plus importante opération en milieu de travail depuis au moins une décennie.

Ces descentes dans sept usines de transformation de poulet du Mississippi sont survenues quelques heures seulement avant que le président Donald Trump ne visite El Paso, au Texas.

Dans cette ville frontalière à majorité hispanique, un homme lié à un manifeste suprémaciste blanc à propos d'une « invasion hispanique » a été accusé d'avoir orchestré une fusillade qui a fait 22 morts, le 3 août dernier.

« Alors que nous cherchons des mots qui unissent et des gestes qui permettent de guérir le cœur brisé de la nation, le président Trump permet que tant de familles et de communautés soient séparées », a dit Angelica Salas, directrice générale de la Coalition for Immigrant Rights.

Environ 600 agents des services frontaliers américains ont fouillé les usines exploitées par cinq entreprises. Ils ont formé un périmètre pour éviter que des sans-papiers prennent la fuite.

Le Mississippi est le cinquième État du pays pour la production de volaille, et les emplois difficiles offerts par les usines sont généralement occupés par des immigrants latino-américains qui cherchent à obtenir du travail à tout prix.

À Morton, à environ 65 kilomètres à l'est de la capitale de l'État, Jackson, les agents de l'immigration ont rempli cinq autobus de sans-papiers.

Ces derniers ont été transportés vers une base militaire voisine pour y être inscrits et pour que leur dossier soit traité.

Lors d'une entrevue donnée mercredi à l'Associated Press, Matthew Albence, le directeur intérimaire des services frontaliers et de l'immigration (ICE), a déclaré que les raids de la journée pourraient être les plus importants en milieu de travail de l'histoire des États-Unis.

Interrogé à propos de la coïncidence avec la visite de M. Trump à El Paso, M. Albence a répondu qu'il « s'agissait d'une opération à long terme qui était déjà en cours ». Selon lui, ces raids sont « racialement neutres » et s'appuient sur des preuves d'une véritable présence illégale aux États-Unis.

Les entreprises en cause pourraient être accusées d'avoir sciemment embauché des immigrants illégaux et pourront faire l'objet de vérifications fiscales pour détecter des cas de fraude, a précisé M. Albence.

La faute du président

Selon Bill Chandler, directeur général de la Mississippi Immigrant Rights Alliance, ces « terribles » raids ne sont qu'une « nouvelle tentative d'expulser les Latinos du Mississippi ». Il a blâmé le président d'avoir alimenté le racisme avec ses précédents commentaires incendiaires à propos des immigrants.

« C'est la même chose que ce que Trump fait à la frontière avec les services frontaliers », a-t-il dit, en faisant référence aux mesures plus musclées en œuvre contre les migrants qui tentent d'entrer aux États-Unis.

Outre M. Chandler, plusieurs responsables locaux ont également critiqué les forces de l'ordre. Le maire de Jackson, Chokwe Antar Lumumba, a qualifié les raids de « déshumanisants et inefficaces », avant de publier un communiqué où il demandait aux églises de devenir « des refuges pour nos voisins immigrants, pour les protéger ».

Le maire de Canton, William Truly fils, a pour sa part dit craindre les répercussions sur l'économie locale.

« Je reconnais [...] qu'il s'agit d'un ordre des États-Unis, mais que vont-il faire avec les enfants? », s'est-il demandé.

Les raids de grande envergure contre les sans-papiers étaient monnaie courante sous la présidence de George W. Bush, alors que son successeur, Barack Obama, a adopté une approche plus discrète.

Avec les informations de Associated Press, et CNN

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