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Washington met en garde contre l'instabilité qui règne à Hong Kong

Des manifestants vêtus de noir sont réunis sur une place ensoleillée.

Des avocats et des travailleurs ont défilé mercredi en appui aux manifestants prodémocratie.

Photo : Reuters / Thomas Peter

Radio-Canada

Les États-Unis ont lancé un avertissement à leurs ressortissants, mercredi, et pressé ceux-ci de faire particulièrement attention s'ils se rendent à Hong Kong en raison de ce que Washington décrit comme une grogne sociale, après des mois de manifestations et de violences.

Ces manifestations dans cette plaque tournante asiatique de la finance ont débuté en opposition à un projet de loi, maintenant suspendu, qui aurait permis l'extradition de suspects vers la Chine. Puis, elles se sont transformées en un défi directement lancé au gouvernement, en plus de représenter un appel à instaurer un régime entièrement démocratique.

« Les protestations et les confrontations ont débordé dans des quartiers autres que ceux autorisés par la police », peut-on lire dans l'avertissement publié en ligne sur le site du consulat américain pour Hong Kong et Macao, mercredi.

« Ces manifestations, qui peuvent se déclarer sans avertissement, risquent de se poursuivre », lit-on encore dans le document. Selon le consulat, le niveau de risque est établi au deuxième niveau d'une échelle qui en compte quatre.

La Chine a de son côté mis en garde les États-Unis contre toute tentative d'ingérence dans les affaires de Hong Kong.

Elle a adressé jeudi des réclamations aux politiciens américains, leur demandant de cesser d'envoyer de mauvais signaux aux « séparatistes violents ».

La direction hongkongaise du ministère chinois des Affaires étrangères demande notamment que Washington apporte des clarifications sur les informations selon lesquelles des représentants du pouvoir américain seraient en contact avec des chefs de file du séparatisme hongkongais.

Plusieurs autres pays, dont le Royaume-Uni, l'Australie ou le Japon, avaient également exhorté leurs ressortissants se rendant à Hong Kong à la prudence.

Le Canada n'a pas emboîté le pas. Il recommande plutôt de « faire preuve d'une grande prudence » lors de tout voyage en Chine, « en raison d'un risque d'application arbitraire des lois ».

Et le mouvement de contestation ne semble pas s’essouffler. Des manifestations doivent avoir lieu cette semaine, la première prévue à l’aéroport international de Hong Kong.

Exercices et contestation

En Chine, des milliers de policiers ont participé mercredi à un exercice antiémeute à Shenzhen, aux portes de l'ancienne colonie britannique, dans ce qui est considéré comme une mise en garde de Pékin aux manifestants prodémocratie.

L'exercice a été largement diffusé et commenté sur les réseaux sociaux, et une vidéo de l'événement montre des similitudes avec les tactiques et les équipements employés par les manifestants hongkongais, y compris les casques de construction et les masques respiratoires utilisés par bon nombre de contestataires.

Selon un commentaire publié en ligne par la police locale, quelque 12 000 policiers ont participé à l'exercice.

Pékin stationne aussi des milliers de soldats à Hong Kong. Ceux-ci ne sont pas censés intervenir dans les affaires de la ville, mais la loi, sur demande des autorités locales, autorise l'armée à rétablir l'ordre.

De leur côté, les prodémocratie n'étaient pas en reste. Des centaines d'avocats ont ainsi défilé en silence, mercredi, en faveur des manifestants. Il s'agit de la deuxième marche du genre organisée par les professionnels du système de justice, qui se tiennent habituellement à l'écart des manifestations.

La veille, Pékin avait lancé un avertissement sévère aux contestataires : « Ceux qui jouent avec le feu périront par le feu. »

À ce jour, la police hongkongaise a procédé à l’arrestation de plus de 500 manifestants. Des dizaines ont été inculpées pour avoir participé à des émeutes. Ce chef d’accusation est passible de 10 ans de prison.

Parallèlement, seuls 19 hommes ont été arrêtés pour les brutales agressions du mois dernier – attribué à des triades, des gangs violents – qui ont fait 45 blessés. Et ils ont été inculpés pour le chef moins grave de rassemblement illégal.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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