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Trois médecins soupçonnés du meurtre d'un épidémiologiste de l'OMS en RDC

Des travailleurs funéraires en vêtements de protection portent les restes d’un homme mort d'Ebola.

En juillet, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a élevé l'épidémie d'Ebola au rang «d'urgence de santé publique de portée internationale».

Photo : Associated Press / Jerome Delay

Agence France-Presse

La justice congolaise a affirmé mercredi détenir trois des quatre médecins congolais accusés d'être impliqués dans l'assassinat en avril d'un épidémiologiste camerounais de l'OMS dans une attaque de milices contre une équipe de lutte contre l'Ebola, dans l'est de la République démocratique du Congo.

Ces médecins sont poursuivis pour « terrorisme, association de malfaiteurs », a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Jean-Baptiste Kumbu Ngoma, procureur militaire de Butembo (Nord-Kivu).

Ils sont accusés d'avoir tenu des réunions en date du 14 avril 2019 pour projeter l'assassinat du Dr Richard Mouzoko, épidémiologiste de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a-t-il ajouté.

Il s'agit des docteurs Hippolyte Sangala Kisako, Aurélien Luendo Paluku et Gilbert Kasereka.

Parmi ces médecins, « trois sont en détention », a déclaré le procureur, ajoutant que d'autres personnes, dont au moins une femme, sont également détenues dans cette affaire.

Un quatrième médecin, le Dr Mundama Witende, est hors du pays, selon un de ses confrères.

Interrogé par l'AFP, Me Jean-Guelord Kizito Poipo, avocat du Dr Sangala, a confirmé la détention de son client.

[Mardi], les trois médecins ont été appelés à se présenter pour une dernière confrontation. Notre client a dit qu'il n'a jamais participé à une telle réunion.

Me Jean-Guelord Kizito Poipo

Pour le procureur, les médecins « sont parmi les auteurs moraux » de l'attaque qui a coûté la vie au Dr Richard Valery Mouzoko. Je les ai interpellés, je les ai interrogés sur procès-verbal et j'ai fait des confrontations, a-t-il dit.

Le Dr Richard Valery Mouzoko Kiboung a été tué le 19 avril dans une attaque d'hommes armés contre l'hôpital universitaire de Butembo, où il présidait une réunion avec les membres de l'équipe de riposte contre Ebola.

Dans une lettre datée du 6 août adressée au maire de la ville de Butembo, l'ordre local des médecins a exprimé « son indignation face à l'arrestation » de ces médecins et exigé leur mise en « liberté provisoire ».

La corporation donne un ultimatum de 48 heures pour leur libération sans condition aucune sous peine d'une grève sèche dans toutes les structures de la ville de Butembo et ses environs sans oublier les centres de traitement de la maladie à virus Ebola, peut-on encore lire dans cette lettre, consultée par l'AFP.

Pas de liberté provisoire

Hors de question de les mettre en liberté provisoire. Ils ont été pointés du doigt de manière très claire dans l'assassinat du Dr Richard et l'attaque du CTE (centre de traitement d'Ebola) de Butembo, a dit le procureur militaire.

Le problème est délicat. Comme il y a eu mort d'homme, nous devons absolument avoir la vérité sur ce qui s'est passé, a estimé le professeur Jean-Jacques Muyembe, coordonnateur de la riposte contre l'Ebola en RDC, interrogé par l'AFP.

La République démocratique du Congo lutte depuis une année contre une épidémie de fièvre hémorragique qui a déjà fait plus de 1820 morts, essentiellement dans les régions rurales de Beni, Butembo-Katwa (Nord-Kivu) et en Ituri.

Depuis mi-juillet, une dizaine de cas, dont deux morts, ont été enregistrés dans la ville de Goma, la capitale du Nord-Kivu. La région est un repaire de nombreux groupes armés locaux et étrangers depuis 25 ans.

La présence des milices a compliqué les actions de prévention avec des attaques des CTE à Butembo et à Katwa.

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