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Prêtre et défenseur des droits autochtones aux T.N.-O : l’héritage de René Fumoleau

Photo d'archive de René Fumoleau qui sourit pour la caméra.

René Fumoleau en 1995. Il était aussi connu en tant qu’auteur et réalisateur.

Photo : NWT Archives

Mario De Ciccio

Le prêtre, photographe et conteur des Territoires du Nord-Ouest René Fumoleau s’est éteint mardi soir. L’homme originaire de France est surtout reconnu pour son travail de documentation de la vie et de la culture denées.

L’homme de 93 ans célébrait le jour même son anniversaire dans un centre de soins de longue durée de Yellowknife, où il était soigné pour la démence.

René Fumoleau est arrivé aux Territoires du Nord-Ouest en 1953 en tant que missionnaire oblat. Il a plus tard été responsable du diocèse du Mackenzie, travaillant de près avec les Dénés de Fort Good Hope et de Deline et habitant également dans les collectivités de Lutselk'e et de Behchoko.

Bien connu et apprécié dans les communautés où il a vécu, l’homme de foi s’est au fil des années fait le défenseur des droits des Dénés.

« Il est venu ici pour évangéliser, très jeune, lorsqu’il était un oblat, et il aura appris à écouter et à regarder », résume l’une de ses nombreuses amies, France Benoit. 

 Il a réalisé qu’en fait il avait besoin lui-même d’apprendre du peuple déné.

France Benoit

Selon un autre ami proche, Patrick Scott, René Fumoleau mettait en pratique ce en quoi il croyait : « Il s’opposait fermement à l’imposition des institutions euro-occidentales chez les Dénés et a beaucoup oeuvré [en ce sens ] en dénonçant les politiques de colonisation ou dans ses relations avec les gens à titre de prêtre. »

Photo d'archive d Renée Fumoleau tenant une caméra.

Fumoleau était un photographe passionné. Beaucoup de ses photos ont été vendues et publiées.

Photo : NWT Archives

René Fumoleau laisse derrière lui une collection de plus de 15 500 photographies, de films et d’écrits aux Archives des Territoires du Nord-Ouest.

Parmi ses oeuvres, le livre As Long As This Land Shall Last, qui retrace l’histoire des traités 8 et 11, reste un document très important dans l’histoire des Dénés. 

Selon l’artiste et auteur de Fort Good Hope Antoine Mountain, qui a aidé à l’édition du livre, René Fumoleau était très précis dans le langage qu’il utilisait et n’avait pas peur d'accuser le gouvernement canadien d'avoir négligé les peuples dénés.

« Je dirais que son héritage est davantage celui d’un historien que tout type de travail administratif qu’il a accompli, dit M. Mountain, même s’il a été prêtre pendant de nombreuses années. »

René Fumoleau discute avec une jeune femme lors d'une activité communautaire.

René Fumoleau lors d’une soirée à Dettah en septembre 2016.

Photo : Radio-Canada / Walter Strong

Un homme passionné

De nombreux amis proches ont veillé sur René Fumoleau au cours de ses derniers jours. 

Suzette Montreuil connaît René Fumoleau depuis qu’elle est arrivée au territoire, en 1986. Elle croit que son travail et sa passion pour la justice sociale des Dénés resteront un héritage important pour l'ensemble des Territoires du Nord-Ouest.

« C’est normal si tu aimes un peuple de vouloir qu’on les traite justement. C’est devenu la priorité de son travail et on a toujours apprécié la profondeur dans laquelle il s’est lancé. »

Deux hommes et une femme à vélo.

Suzette Montreuil et son mari, Kevin O’Reilly, ont rendu visite à la famille de René Fumoleau en France, en 1992.

Photo : Kevin O'Reilly

Sur une note plus personnelle, Suzette Montreuil se remémore aujourd'hui surtout les soupers qu’ils ont partagés et son sourire lorsqu’il racontait ses histoires.

Tu voyais que c’était sa façon de tenir ça dans son coeur et de présenter ses mémoires. Je me sens privilégiée de l’avoir connu comme je l’ai connu.

Suzette Montreuil

Pour France Benoît, qui organise chez elle des fêtes en l’honneur de René Fumoleau depuis son 80e anniversaire, l’homme restera un exemple d’humilité et de grande force.

Un homme heureux assis à côté d'une femme qui coupe un morceau de gâteau.

René Fumoleau lors d’un traditionnel souper d’anniversaire chez France Benoit.

Photo : Kevin O'Reilly

« C’est quelqu’un qui n’avait pas peur d’émettre ses opinions, de les exprimer et de les défendre, explique France Benoit. C’étaient des valeurs de justice sociale, de préservation de l'environnement et de la nature et un amour très très profond du peuple déné. »

Avec des informations de CBC North

Grand-Nord

Autochtones