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De fonctionnaire à maquilleur : un Gatinois dans l'univers des vedettes québécoises

Jean-François sourit debout dans une salle de bar.

Le maquilleur Jean-François Casselman-Dupont

Photo : Radio-Canada

Barbara Laurenstin

Le Gatinois Jean-François Casselman-Dupont est l’un des artistes-maquilleurs les plus prisés des vedettes québécoises. Véronique Cloutier, Marilou, Mitsou, Debbie-Lynch White en passant par Marie-Mai et Karine Vanasse, nombreuses sont les personnalités qui ont été le canevas de ce virtuose du pinceau… qui se prédestinait à la fonction publique.

Avec une carrière de plus de 10 ans, humblement, Jean-François CD — de son nom d’artiste — ne se définit pourtant pas comme un maquilleur de stars. Cette expression le rend même inconfortable.

Je ne suis pas rendu là dans ma carrière.

Jean-François CD

Ça me met un peu mal à l’aise de dire que je ne fais que des stars. Moi, honnêtement, en toute simplicité, tant que je maquille, c’est ça qui fait mon bonheur, explique-t-il presque gêné.

Avant de devenir maquilleur professionnel sur les plateaux de télé et les tapis rouges, Jean-François CD s'est d’abord spécialisé dans l’art des tutoriels beauté.

En effet, inspiré par les styles de maquillage des vidéoclips et des magazines, Jean-François CD est l’un des premiers hommes au Québec à avoir réalisé des tutoriels sur la plateforme YouTube.

C’est à force de se pratiquer sur sa soeur et sur ses amies qu’il gagne en popularité. Sur les médias sociaux, les demandes de clientes potentielles affluent alors d'un peu partout, dont de la métropole québécoise. De là à en faire un métier?

Le grand saut

Issu d’une famille de fonctionnaires et étant indécis quant à son plan de carrière après les études, Jean-François CD décroche d'abord un emploi dans la fonction publique fédérale.

Malgré une passion grandissante pour le maquillage et des réflexions soutenues sur la possibilité d’en faire une carrière, il reste fonctionnaire à Passeport Canada pendant huit ans.

J’ai toujours été très "dans le moule" et ma famille aussi, avec des horaires stables.

Jean-François CD

Entrevue : Jean-François CD

Ça me prend beaucoup de temps à sortir du moule et à prendre une décision. Ça m’a vraiment pris trois, quatre années avant de prendre la décision de quitter [mon emploi], dit-il.

Sa décision, il la prend le 1er novembre 2016, en déménageant à Montréal — un déménagement qui n’était pas sans embûches, puisque malgré une notoriété accrue en tant qu'« influenceur » sur Internet, il lui fallait tout de même faire ses preuves dans le milieu artistique québécois.

Maquilleur-influenceur : une niche nouvelle au Québec

La chance a été de son côté en début de carrière, puisque ses premières artistes connues ont été la chanteuse Marie-Mai et la comédienne Karine Vanasse. Dans les deux cas, il avait été contacté directement sur la plateforme sociale Instagram.

Avec Marie-Mai, la première fois qu’on a travaillé ensemble, c’est quand elle est venue à Gatineau pour une tournée promotionnelle pour son nouvel album. On a passé la journée ensemble et ça a fait boule de neige , raconte-t-il.

Depuis environ deux ans, l’artiste a choisi de diminuer sa présence sur YouTube afin de se consacrer à ses activités professionnelles.

Un montage photo montrant les visages maquillés de Fanny Bloom, Katherine Levac et Debbie Lynch-White.

(De g. à dr.) Fanny Bloom, Katherine Levac et Debbie Lynch-White ont toutes en commun d'avoir été maquillées par Jean-François CD.

Photo : Dariane Sanche/Alexandre Champagne/Julie Artacho

Selon lui, une plus grande ouverture des médias traditionnels est nécessaire pour tenter de comprendre le phénomène des influenceurs, qui est assez nouveau dans le paysage médiatique. Et il en est de même pour les compagnies de cosmétiques au Québec, estime-t-il.

Les partenariats québécois, on n’en voit pas beaucoup. On voit même presque plus d’hommes que de femmes aux États-Unis chez les influenceurs.

Jean-François CD

À l’inverse des États-Unis, où des influenceurs beauté masculins gagnent en popularité et collaborent avec de grandes compagnies de cosmétiques, telles que James Charles, Jeffrey Stars ou encore Manny Gutierrez, c’est un mouvement encore timide au Québec.

À l’entendre, les entreprises dans la Belle Province semblent frileuses à l'idée de collaborer avec des maquilleurs pour la promotion de leurs produits.

La mode des glam squad

Cependant, là où le Québec semble suivre le même courant que nos voisins du sud, c’est avec les équipes de mise en beauté, aussi appelé glam squad.

C'est une autre appellation que le maquilleur apprécie moins en raison de sa connotation prétentieuse. Pour lui, il est avant tout question de faire partie d’une équipe et non d’une élite.

Aux États-Unis, il est courant de voir les vedettes utiliser des services personnels de maquilleurs, coiffeurs, stylistes ou techniciens d’ongles.

Jean-François CD constate que le milieu québécois commence à adopter cette tendance et qu'il se montre pointilleux envers les professionnels avec qui les personnalités veulent travailler.

Une veste sur l'épaule, la chanteuse Marie-Mai regarde au loin.

La chanteuse Marie-Mai

Photo : Facebook/MarieMaiOfficiel

Je l’ai vu au tout début. Quand j’ai commencé à travailler avec Marie-Mai et Karine Vanasse, il n’y avait personne qui emmenait son maquilleur sur les plateaux. Mais là, de plus en plus, certaines personnalités aiment travailler avec leur propre maquilleur, relate-t-il.

Rendre le maquillage accessible à tous

En 2017, Jean-François CD a créé des ateliers de maquillage offerts un peu partout au Québec, dans le but de démocratiser l’accès aux techniques. Depuis le lancement, il a déjà donné 50 ateliers.

Ce projet auquel il tient beaucoup est une suggestion de sa cliente et bonne amie Geneviève Everell, alias Miss Sushi. L’objectif est de défaire les mythes observés sur les médias sociaux.

Jean-François CD est debout devant un bar de la distillerie AIR, à Gatineau.

Jean-François CD est originaire de Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Less is more. On voit des personnes se beurrer de maquillage. Non seulement elles utilisent beaucoup trop de produits, mais elles donnent aussi l’impression qu’il faut absolument s'en mettre autant, précise-t-il.

Malgré sa popularité, il lui arrive encore de faire des contrats de maquillage pour le grand public, un aspect de son travail auquel il accorde encore beaucoup d’importance.

Quand ça rentre dans mon horaire et que je peux rendre quelqu’un heureux, c’est ça le plus important. Et si je suis capable de rendre quelqu’un heureux, pourquoi pas?

Jean-François CD

Et selon lui, qu’est-ce qui fait un bon maquilleur? Il croit que l’important est de continuer à apprendre et à perfectionner son art, mais d’abord et avant tout de préserver le contact humain.

Je ne suis pas là pour juste la mise en beauté. J’aime ça prendre soin des gens. Moi, c’est ça le plus important. Quand je sens qu’ils sont bien, c’est ça qui vient me chercher, dit Jean-François CD.

Les conseils beauté de Jean-François CD

Les tendances estivales?

  • Un look léger et naturel
  • Travailler avec la transparence en appliquant des produits translucides
  • Les produits (blush et bronzeur) en crème et le baume à lèvres teinté

Le l'ensemble de maquillage indispensable cet été?

  • Un mascara
  • Un baume à lèvres teinté qu’on peut aussi appliquer sur les joues pour donner un peu de couleur
  • Un hydratant teinté si on aime avoir un fond de teint
  • Un gel à sourcils teinté

Ottawa-Gatineau

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