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Trump accueilli par des manifestants à Dayton et à El Paso

De nombreux manifestants ont protesté contre la venue du président à El Paso.

Photo : Associated Press / Andres Leighton

Radio-Canada

En visite dans les villes de Dayton, en Ohio, puis d'El Paso, au Texas, toutes deux éprouvées par des fusillades ce week-end, le président américain Donald Trump a été accueilli par des manifestants hostiles à sa venue. Malgré les circonstances, il a maintenu un ton combatif à l'endroit de ses adversaires politiques.

Amorçant en matinée son programme double à l'hôpital Miami Valley de Dayton, Donald Trump a conclu sa visite quelques heures plus tard au University Medical Center d’El Paso.

Loin de l'œil des journalistes, le président et sa femme, Melania, se sont rendus au chevet de survivants des fusillades et ont rencontré des proches de victimes, le personnel médical ainsi que des membres des forces de l’ordre, selon un compte rendu de la Maison-Blanche.

À l'extérieur du centre hospitalier de Dayton, au moins 200 manifestants, selon l'Associated Press, s'étaient réunis pour réclamer des mesures de contrôle des armes à feu ou pour accuser Donald Trump d'avoir attisé les tensions avec sa rhétorique incendiaire. Ils ont soigneusement été tenus à l'écart.

Sur les pancartes, on pouvait lire des messages comme Agis, Tu es la raison [des attaques]!, Ta haine n'est pas la bienvenue à Dayton ou Nous pouvons mettre un terme à la violence par les armes à feu devant un ballon géant en forme de bébé à l'effigie du président Trump.

Quelque 2500 km plus loin, à El Paso, des centaines de personnes ont protesté contre sa venue, brandissant des affiches sur lesquelles on pouvait lire Trump n'est pas le bienvenu ici, Renvoyez-le chez lui maintenant ou, écrit sur sa photo, le plus grand criminel d'El Paso.

Le président s'est brièvement adressé aux journalistes à El Paso, saluant le travail du personnel médical.

Nous avons rencontré tous les médecins, infirmières, les équipes médicales. Ils ont fait un boulot incroyable, a-t-il dit.

Nous avons quitté l'Ohio, et l'amour, le respect pour la fonction présidentielle... J'aurais aimé que vous soyez là pour le voir, a-t-il lancé aux journalistes.

Des manifestantes tiennent des pancartes disant «Fais quelque chose» et «Tu es la raison!» devant un ballon géant en forme de bébé à l'effigie du président Trump.

Des manifestants s'étaient rassemblés devant l'hôpital de Dayton visité par le président Trump.

Photo : Reuters / Bryan Woolston

Pendant la majeure partie des visites du président, la Maison-Blanche a restreint l'accès des médias, soutenant qu’il ne s’agissait pas d’une séance de photo promotionnelle. Elle a cependant diffusé des photos des deux visites, relayées par l’équipe de campagne de Donald Trump.

Une fois sa visite d'El Paso terminée, le président a blâmé les journalistes dans un message publié sur Twitter.

Les médias des fausses nouvelles ont fait des heures supplémentaires pour me dénigrer, moi et mes deux voyages, mais ça n'a pas marché. L'amour, le respect et l'enthousiasme étaient là, visibles de tous.

Donald Trump, président des États-Unis

À l'instar du président, son équipe a martelé qu'il avait été accueilli très chaleureusement. Tout le monde était très, très enthousiaste de le voir, a affirmé la porte-parole de la Maison-Blanche, Stephanie Grisham. Le directeur des réseaux sociaux à la Maison-Blanche, Dan Scavino, a pour sa part soutenu qu’il avait été accueilli comme une vedette de rock.

Le président Trump, entouré notamment de sa femme, Melania, discute avec des agents des services frontaliers, sous le regard de plusieurs personnes.

Le président Trump s'est entretenu avec des agents des services frontaliers au cours de sa visite à El Paso.

Photo : Reuters / Leah Millis

Boudé par les démocrates

Dans le bastion démocrate d'El Paso, dont la population est à plus de 80 % hispanique, la représentante démocrate Veronica Escobar a refusé d'assister à la visite présidentielle. Donald Trump n'est pas le bienvenu ici, a-t-elle dit.

Ce président a fait de ma communauté et de mon peuple des ennemis.

Veronica Escobar, représentante démocrate du Texas

Comme d'autres démocrates, l'élue reproche au président d'entretenir un climat d'hostilité et de haine contre les migrants et d'attiser le suprémacisme blanc.

Elle et son prédécesseur, Beto O'Rourke, désormais candidat à l'investiture démocrate, ont pris part à un rassemblement réunissant des centaines de personnes.

Le respect que se démontrent les citoyens d'El Paso devrait servir d'exemple aux États-Unis, a plaidé M. O'Rourke, qui au cours des derniers jours n'a pas hésité à traiter le président de suprémaciste blanc.

En février dernier, c'est à El Paso que le président républicain avait tenu son premier rassemblement politique de l'année, martelant une nouvelle fois sa volonté d'ériger un mur à la frontière avec le Mexique.

Lors du lancement de sa campagne, en juin 2015, Donald Trump avait accusé le Mexique d'envoyer ses violeurs et ses criminels aux États-Unis. Il a par la suite qualifié l'immigration illégale en provenance d'Amérique latine d'invasion.

L'auteur présumé du massacre d'El Paso a présenté dans un manifeste son geste comme une réponse à l'invasion hispanique du Texas.

Trump passe à l'attaque...

Nan Whaley salue Donald Trump sur le tarmac de l'aéroport aux côtés de Sherrod Brown.

La mairesse de la municipalité de Dayton, Nan Whaley, était plutôt froide par rapport à la visite du président.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Cette journée qui, aux dires de la Maison-Blanche, se voulait axée sur le réconfort de deux communautés meurtries a été ponctuée par des attaques lancées par le président sur Twitter.

Contrastant avec le ton solennel de son allocution de dimanche, le président au fil de la journée s’est lancé dans une série d’attaques sur son réseau social préféré, ciblant notamment deux candidats à l’investiture démocrate – l’ex-vice-président Joe Biden et l’ex-représentant Beto O’Rourke –, les démocrates de gauche radicaux, le New York Times, un animateur de Fox News, ainsi que le sénateur de l'Ohio Sherrod Brown et la mairesse de Dayton, Nan Whaley.

M. Brown et Mme Whaley, tous deux démocrates, l'ont accompagné lors de sa visite à Dayton.

Leur conférence de presse après mon départ pour El Paso était une imposture, a-t-il dit, les accusant d'avoir mal décrit sa visite. Le président a soutenu avoir été accueilli avec un formidable enthousiasme et même de l’Amour.

Je pense que les victimes et les premiers intervenants étaient reconnaissants que le président des États-Unis soit venu à Dayton, avait dit la mairesse Whaley aux médias, ajoutant toutefois qu'il avait pris la bonne décision en n'allant pas dans le district où a été perpétrée la fusillade. Souvent, sa rhétorique peut diviser, et c’est la dernière chose dont nous avons besoin à Dayton, avait-elle déclaré.

Quant au sénateur Brown, il a soutenu que le président avait été bien reçu par les patients, comme cela était prévisible.Ils souffraient, il était réconfortant. Il a fait les bonnes choses, Melania a fait les bonnes choses, a-t-il affirmé.

Il a cependant critiqué au passage le locataire de la Maison-Blanche et le camp républicain, mené au Sénat par le leader de la majorité, Mitch McConnell, réfractaires à un plus grand contrôle des armes à feu.

Les républicains se font les porte-parole de la National Rifle Association (NRA), qui leur donne des millions de dollars, a-t-il déploré.

Nous ne pouvons rien faire au Sénat, parce que Mitch McConnell et le président des États-Unis couchent avec le lobby des armes à feu.

Sherrod Brown, sénateur de l'Ohio

Le sénateur Brown a dit l'avoir pressé de demander à M. McConnell de faire adopter au Sénat, contrôlé par les républicains, le projet de loi adopté récemment par la Chambre des représentants, à majorité démocrate, pour restreindre l'accès aux armes à feu.

... et se voit comme un rassembleur

Donald Trump parle à la presse dans le jardin de la Maison-Blanche.

M. Trump a rejeté l'idée que ses propos puissent alimenter les tensions dans le pays.

Photo : Associated Press / Andrew Harnik

Le président s'était adressé aux médias depuis les jardins de la Maison-Blanche avant de s'envoler pour Dayton.

Il a rejeté l'idée que ses propos puissent alimenter les tensions.

Je pense que ma rhétorique [...] rassemble les gens. Notre pays fonctionne incroyablement bien.

Donald Trump, président des États-Unis

Interrogé sur son intention de bannir ou non les chargeurs de grande capacité, il a plutôt évoqué son impuissance. Il faut qu'il y ait une volonté politique au Congrès. Et, jusqu'à présent, je n'ai rien vu de tel. Je veux dire, je ne peux faire que ce que je peux faire, a-t-il déclaré.

Je pense qu'il y a un grand désir de faire quelque chose pour s'assurer que les personnes souffrant d'instabilité mentale et de maladies graves ne portent pas d'armes à feu. Et je n'ai jamais vu d'intérêt aussi fort que maintenant. Je ne l'ai pas vu dans le cas de certains types d'armes, a-t-il ajouté.

La fusillade en Ohio a fait 9 morts et près d'une quarantaine de blessés, et celle au Texas a fait 22 morts et deux douzaines de blessés.

Avec les informations de Associated Press, New York Times, et CNN

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