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Des mesures disciplinaires fréquentes contre des employés du CHR

Le centre vu de l'extérieur.

Le Centre hospitalier Restigouche est l'hôpital psychiatrique du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

Des sanctions ont été imposées à 54 reprises contre des employés du Centre hospitalier Restigouche (CHR) depuis le mois d’août 2016, selon des données obtenues grâce à la Loi sur le droit à l’information. Huit employés ont même été congédiés.

Ces sanctions ont été prononcées pour des fautes diverses, comme l’usage de la violence, des menaces, de la négligence, de l’insubordination, de l’absentéisme, de l’incompétence, l’usage d’un langage dur ou vulgaire, et des violations des règles de confidentialité ou de santé et sécurité au travail.

Le Réseau de santé Vitalité a communiqué ces données à CBC, mais n’a pas voulu donner de précision sur les incidents qui ont mené aux sanctions ni dire s’ils avaient eu un impact sur les patients. Il invoque la protection de la vie privée des personnes concernées.

Le Centre hospitalier Restigouche, le principal hôpital de soins psychiatriques au Nouveau-Brunswick, est au coeur d’une tourmente depuis la publication, l’hiver dernier, d’un rapport de l’ombudsman du Nouveau-Brunswick qui donnait plusieurs exemples de mauvais traitements subis par des patients.

L’un d’eux a même été trouvé mort dans sa chambre au printemps de 2018. Il n’avait pas reçu de soins même s’il s’était plaint, au cours des jours qui avaient précédé sa mort, de douleurs thoraciques, notamment.

On ne voit pas son visage afin de conserver sa confidentialité.

Une photo des ecchymoses sur un patient du CHR, tirée du rapport spécial de l'ombudsman Charles Murray.

Photo : Rapport spécial du Bureau de l'ombudsman du Nouveau-Brunswick concernant le Centre hospitalier Restigouche

Plus récemment, la famille d’un autre patient qui s’est enlevé la vie au CHR en février dernier a soutenu qu’il serait toujours en vie s’il avait reçu de meilleurs soins.

L'ampleur du problème sous-estimée, selon Charles Murray

L’ombudsman Charles Murray affirme que les incidents au Centre hospitalier Restigouche sont sans doute plus nombreux que ne le laissent croire les chiffres officiels.

Les gestionnaires de l’institution nous ont dit qu’ils auraient pris des mesures [disciplinaires] dans un certain nombre de cas, mais ils craignaient de ne plus avoir assez de personnel ou ils avaient d’autres problèmes plus pressants [pour agir], précise-t-il.

Charles Murray en point de presse

Un changement de culture s'impose au Centre hospitalier Restigouche, selon Charles Murray, l'ombudsman du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Parmi les sanctions imposées par le CHR, on compte une trentaine d’avertissements, verbaux ou par écrit, et 13 suspensions dont la durée a varié de 1 à 5 jours.

Le défaut de suivre les politiques et procédures au CHR est la raison la plus courante invoquée pour les sanctions (16 cas). Elle est suivie de sanctions pour insubordination (13 cas). À trois reprises, des mesures disciplinaires ont été prises à la suite de menaces ou de l’usage de violence et à six reprises, pour l’usage d’un langage dur ou vulgaire.

Des sanctions pour déloyauté

Charles Murray s’inquiète d’une autre raison qui mène parfois à des sanctions : le manque de loyauté d’employés. Six cas tombent dans cette catégorie selon les données fournies par le réseau Vitalité.

On me dit de temps en temps que le fait de dénoncer des situations est perçu comme un manque de loyauté, dit-il [...] Il doit y avoir une certaine ouverture au sein de l’organisation pour que les employés puissent exprimer leurs doléances et leurs préoccupations.

Il rappelle que son enquête sur les cas de mauvais traitement au CHR a justement été déclenchée par une lettre anonyme envoyée par un employé ou un ancien employé.

M. Murray estime que la culture institutionnelle au CHR doit changer.

Je crois que le manque d’employés et d’équipes cliniques dûment constituées a créé des comportements défensifs chez beaucoup de gens. Certains en sont même venus à considérer l’institution comme un établissement carcéral plutôt qu’un établissement de santé et de bien-être.

M. Murray espère que son rapport et celui d’un consultant déposé le printemps dernier provoqueront l’électrochoc nécessaire, selon lui, à ce changement de culture.

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