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Sauter des caps : une tradition remise en question à Grande-Anse après un accident mortel

Des oiseaux sur un cap rocheux

La semaine dernière, un jeune homme a perdu la vie après avoir sauté à l'eau à partir d'une falaise de Grande-Anse, dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Sauter d'un cap à Grande-Anse est une tradition enracinée chez les jeunes et, parfois, chez les moins jeunes de la Péninsule acadienne. Cette tradition est toutefois remise en question après la mort d'un jeune touriste québécois, la semaine dernière.

Le jeune homme de 29 ans a perdu la vie après un saut.

Le drame a ouvert un débat : les autorités devraient-elles interdire l'accès aux falaises de Grande-Anse?

Vue de la falaise en bord de mer

Grande-Anse

Photo : Radio-Canada

Rémi Thériault connaît bien l'endroit. Il voit des gens sauter à l'eau à partir des falaises depuis qu'il est tout jeune.

Ça fait plusieurs années que cet endroit est connu d'un peu tout le monde de la région. Le monde vient ici sauter, par adrénaline… je ne sais pas, pour le fun.

Rémi Thériault

Le site attire irrésistiblement les téméraires qui aiment sauter à l'eau à partir d'un promontoire naturel. Rémi Thériault n'a jamais sauté et n'encourage pas les gens à le faire.

J'imagine que ç'aurait peut-être pris une affiche, je ne sais pas, qui dit : "Danger, ne sautez pas." Probablement que oui, mais en même temps, c'est difficile, parce qu'il y a des falaises partout, un peu partout. C'est dur de surveiller partout, dit-il.

Un homme marche sur un cap.

Rémi Thériault affirme n'avoir jamais osé sauter ici.

Photo : Radio-Canada

Il croit que le site est trop accessible et il s'inquiète pour les adolescents qui y viennent sans surveillance.

Tu peux y accéder avec ton auto, en quatre roues, en moto ou même à pied, c'est quand même assez facile. Il ne faudrait pas que des enfants viennent ici, affirme-t-il.

Pour le pompier volontaire Guy Landry, qui a aidé à repêcher la victime de la semaine dernière, la montée d'adrénaline que recherchent ceux qui fréquentent les caps ne vaut pas le coup.

Selon lui, il est bien trop difficile d'évaluer la profondeur de l'eau au moment de sauter. Il est d'autre part très difficile, souligne-t-il, de remonter les parois rocheuses lorsqu'on est à l'eau.

Parce qu'en bas là, c'est bien beau plonger, mais comment est-ce que tu fais pour remonter le cap après ça, demande le pompier. Tu sais, ce n'est pas tous les endroits que tu peux remonter. Comme là, il n'y a aucune façon de remonter, nous autres, on a monté avec des harnais.

Il regarde au loin.

Ce pompier volontaire est intervenu jeudi dernier pour tenter de sauver la vie d'un baigneur.

Photo : Radio-Canada

Guy Landry ajoute qu'il est souvent difficile pour les secours de trouver l'endroit du drame lorsqu'on les appelle. Les parois rocheuses de Grande-Anse ne sont pas les seules à être le lieu de rencontre d'adeptes de sauts à partir de falaises. Et souvent, il n'y a pas d'adresse fixe pour aider les secours à répondre rapidement aux urgences.

C'est un cap. Chaque cap est différent, chaque cap peut être rongé par en dessous. Pour les sauveteurs, c'est un autre risque à examiner, dit-il.

Le pompier a un message clair : à Grande-Anse, comme à d'autres endroits semblables, il ne faut tout simplement pas courir le risque de sauter d'un cap. Les risques sont trop élevés, répète-t-il.

S'il t'arrive de quoi, les mesures d'urgence vont avoir beaucoup de misère à te sortir. Il n'y a pas de rampe de descente, il n'y a rien, il n'y a pas d'adresse. Ici, si quelqu'un est pris, il faut qu'il donne une adresse. Et des caps, il y en a partout…

Avec les renseignements d'Alix Villeneuve

Nouveau-Brunswick

Prévention et sécurité