Il faut faire contrepoids à l'industrie des pesticides, selon Jean-François Robert
Jean-François Robert et sa conjointe, Lucie Boisclair, ont fondé Les jardins de Saint-Félicien en 1990.
Photo : Priscilla Plamondon-Lalancette
Jean-François Robert est un pionnier de l’agriculture biologique à Saint-Félicien. À l'instar de son frère, l’agronome et lanceur d'alerte Louis Robert, il croit que la population doit se mobiliser pour faire contrepoids à l'industrie des pesticides et des engrais chimiques.
Louis Robert a été congédié par le gouvernement après avoir dénoncé l'influence des lobbys en agriculture et, plus particulièrement, l'ingérence du privé dans la recherche publique sur les pesticides. Le 6 août, il a finalement pu réintégrer son poste.
Son frère Jean-François a suivi de près cette saga.
C'est loin d'être terminé. Après avoir mis ça sur la place publique, il est important de maintenir la pression sur l'industrie pour que les changements se fassent.
Selon le cultivateur, ce n’est pas parce que Louis Robert est de retour dans ses fonctions que le dossier est clos. Il estime qu'il a éveillé les consciences et qu'il faut maintenant saisir cette occasion pour orienter les centres de recherche et les gouvernements vers des solutions plus durables.
Pionnier du bio
Depuis 30 ans, Jean-François Robert pratique une agriculture biologique sur sa ferme maraîchère de Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean.
Le producteur de 64 ans a toujours été préoccupé par l'environnement. Il croit depuis longtemps que les produits chimiques utilisés en agriculture sont néfastes à la fois pour notre planète et pour notre santé, mais il pense surtout que les lobbys de l'industrie des pesticides et des engrais chimiques sont trop forts.
Les intérêts corporatistes ont pas mal plus de poids que les simples citoyens face à des enjeux comme ça. C'est ce qu'il faut inverser. C'est nous qui devons prouver que ces produits-là sont nocifs si on veut qu'on les retire de la circulation. Il me semble qu'on fait les choses à l'envers.
Jean-François Robert espère que la population comprendra qu'il s'agit d'un enjeu collectif.
C'est notre nourriture, ça. On a notre mot à dire. Alors là, il est important que ce débat sorte du milieu restreint des agriculteurs et des professionnels qui les entourent
, soutient Jean-François Robert.
D'après les informations de Priscilla Plamondon Lalancette









