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Il faut faire contrepoids à l'industrie des pesticides, selon Jean-François Robert

Jean-François Robert tient une pomme de laitue dans son champ.

Jean-François Robert et sa conjointe, Lucie Boisclair, ont fondé Les jardins de Saint-Félicien en 1990.

Photo : Priscilla Plamondon-Lalancette

Radio-Canada

Jean-François Robert est un pionnier de l’agriculture biologique à Saint-Félicien. À l'instar de son frère, l’agronome et lanceur d'alerte Louis Robert, il croit que la population doit se mobiliser pour faire contrepoids à l'industrie des pesticides et des engrais chimiques.

Louis Robert a été congédié par le gouvernement après avoir dénoncé l'influence des lobbys en agriculture et, plus particulièrement, l'ingérence du privé dans la recherche publique sur les pesticides. Le 6 août, il a finalement pu réintégrer son poste.

Tomates cerises.

Les propriétaires des Jardins de Saint-Félicien cultivent près de 30 variétés de fruits et légumes biologiques, dont ces tomates cerises.

Photo : Priscilla Plamondon-Lalancette

Son frère Jean-François a suivi de près cette saga.

C'est loin d'être terminé. Après avoir mis ça sur la place publique, il est important de maintenir la pression sur l'industrie pour que les changements se fassent.

Jean-François Robert, agriculteur

Selon le cultivateur, ce n’est pas parce que Louis Robert est de retour dans ses fonctions que le dossier est clos. Il estime qu'il a éveillé les consciences et qu'il faut maintenant saisir cette occasion pour orienter les centres de recherche et les gouvernements vers des solutions plus durables.

Jean-François Robert.

La ferme de Jean-François Robert, Les jardins de Saint-Félicien, compte 8 serres, 2000 mètres carrés de culture sous abris et 8000 mètres carrés de culture en champ.

Photo : Priscilla Plamondon-Lalancette

Pionnier du bio

Depuis 30 ans, Jean-François Robert pratique une agriculture biologique sur sa ferme maraîchère de Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean.

Petit sachet dans un plant de maïs.

Jean-François Robert introduit des prédateurs dans ses rangées de maïs. Les centaines de minuscules guêpes contenues dans ce sachet remplacent les pesticides pour lutter contre la pyrale, un insecte qui ravage les cultures. Il croit que la recherche doit miser sur des solutions comme celle-là pour remplacer les produits chimiques utilisés en agriculture de masse.

Photo : Priscilla Plamondon-Lalancette

Le producteur de 64 ans a toujours été préoccupé par l'environnement. Il croit depuis longtemps que les produits chimiques utilisés en agriculture sont néfastes à la fois pour notre planète et pour notre santé, mais il pense surtout que les lobbys de l'industrie des pesticides et des engrais chimiques sont trop forts.

Les intérêts corporatistes ont pas mal plus de poids que les simples citoyens face à des enjeux comme ça. C'est ce qu'il faut inverser. C'est nous qui devons prouver que ces produits-là sont nocifs si on veut qu'on les retire de la circulation. Il me semble qu'on fait les choses à l'envers.

Jean-François Robert, agriculteur
Paniers de tomates.

L’ail, les tomates cerises et la choucroute des Jardins de Saint-Félicien sont distribués dans plusieurs épiceries.

Photo : Priscilla Plamondon-Lalancette

Jean-François Robert espère que la population comprendra qu'il s'agit d'un enjeu collectif.

C'est notre nourriture, ça. On a notre mot à dire. Alors là, il est important que ce débat sorte du milieu restreint des agriculteurs et des professionnels qui les entourent, soutient Jean-François Robert.

D'après les informations de Priscilla Plamondon Lalancette

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Saguenay–Lac-St-Jean

Alimentation bio