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  • Exclusif
  • Le pont de Québec pourrait redevenir la propriété d’Ottawa

    Les travaux pour restaurer le pont de Québec ont récemment été évalués à 600 millions de dollars.

    Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

    Guylaine Bussière

    Une entente pourrait être conclue entre le Canadien National et le gouvernement fédéral concernant l'avenir du pont de Québec. Selon ce que Radio-Canada a appris, le pont retournerait sous le giron du gouvernement fédéral, ce qui assurerait sa remise en état. La restauration du pont de Québec était au coeur des promesses électorales de l'équipe de Justin Trudeau lors des dernières élections fédérales.

    D'après nos sources, l'entente comprendrait à ce moment-ci une compensation financière du CN, mais le montant de celle-ci reste inconnu. Il s'agirait cependant d'une somme substantielle qui permettrait à Ottawa de couvrir une partie importante des coûts de restauration du pont, des travaux récemment évalués à 600 millions de dollars. Si l’entente était acceptée sous sa forme actuelle, le CN deviendrait locataire de la portion ferroviaire du pont et débourserait un loyer annuel.

    Des discussions constantes

    Au moment de publier ce texte, le CN nie catégoriquement qu’il y ait une entente sur la peinture du pont de Québec sur le point d’être signée. Son directeur principal, Jonathan Abecassis, mentionne toutefois qu’Ottawa et le CN sont en discussions constantes sur plusieurs dossiers d’infrastructures, incluant celui du pont.

    C’est en 1993 que le gouvernement fédéral cède le pont de Québec au CN pour la somme symbolique d’un dollar. En échange, le CN devait assurer sa restauration. Ce dernier a réalisé des travaux dans les premières années suivant la conclusion de l'entente, mais l'explosion des coûts a mis fin abruptement aux travaux.

    Le pont de Québec est désigné lieu historique national du Canada depuis 1995.

    Vers la création d’une société fédérale?

    Radio-Canada a aussi appris que pour superviser l'entretien et la restauration du pont, le gouvernement fédéral mettrait en place une société d’État comme celle qui est responsable des ponts Jacques-Cartier et Champlain. C'est l'actuel ministre de l'Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, qui serait au centre des discussions concernant l’avenir du pont de Québec avec le CN.

    Le cabinet du ministre reste toutefois discret sur les progrès effectués dans le dossier. Joint par téléphone mardi, l'attaché de presse du ministre, Pierre-Yves Bourque, explique qu'il ne souhaite pas spéculer sur la conclusion des négociations. Il ajoute que les canaux de communications sont ouverts et qu'il y a des échanges fréquents entre les parties. Le dossier continue d'avancer, dit-il.

    Prioritaire pour la communauté et les élus

    Pour la région de la capitale, le dossier du pont de Québec est prioritaire, les élus le surveillent de près. Des comités de sauvegarde du pont ont été créés au fil des ans. En 2016, la Chambre de commerce et d’industrie de Québec a même tenu un colloque sur son avenir à la suite duquel la firme Mallette a reçu le mandat d’examiner le dossier. Son rapport a été publié l’année suivante. 

    Dans son rapport publié en 2017, diverses recommandations quant au modèle d’affaires de l'entretien du pont sont partagées. Parmi celles-ci se retrouve la création d'une société de gestion. Des projets de mise en valeur du pont comme attrait touristique majeur ont aussi été mis de l'avant. Des gens d'affaires souhaitent toujours que sa restauration conduise à la mise en place d'un centre d'interprétation du pont et de l'histoire ferroviaire canadienne. Certains voient le site de l'Aquarium du Québec comme l'endroit idéal pour installer un tel espace.

    Ainsi, une entente qui verrait le jour avant les élections fédérales mettrait fin à des années de pourparlers et de débats devant les tribunaux entre le CN et Ottawa. Le CN a toujours avancé que son rôle n'était pas d'investir pour entretenir un joyau du patrimoine, mais plutôt d'assurer les travaux qui garantissent la sécurité et l'intégrité de la structure.

    Depuis, les parties se relancent sur la part que devrait payer chacun pour assurer l'avenir du pont. Le gouvernement provincial a aussi été interpellé au fil des ans. Actuellement le gouvernement caquiste estime qu'il paie déjà une part suffisante en assurant les travaux liés à la réfection de la chaussée du pont dont il a la responsabilité.

    Québec

    Politique fédérale