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Fusillade de Dayton : le tireur avait un penchant pour les idéologies violentes

Des chandelles et des fleurs sont posées sur un trottoir.

Neuf personnes ont été tuées et 27 autres blessées lors de la fusillade de Dayton, en Ohio.

Photo : Getty Images / Scott Olson

Radio-Canada

Connor Betts, l’auteur présumé de la fusillade qui a fait neuf morts et des dizaines de blessés à Dayton, en Ohio, s’était radicalisé, ont indiqué les autorités mardi.

Le chef du service de police de la Ville de Dayton, Richard Biehl, a dévoilé que le FBI allait se joindre à l’enquête après avoir découvert que le suspect de 24 ans avait une fascination pour la violence et nourrissait des envies de commettre une tuerie de masse.

Le porte-parole du bureau du FBI de Cincinnati, en Ohio, Todd Wickerham, a déclaré en point de presse ne pas connaître le mobile du tireur et ne pas savoir, non plus, s’il a reçu de l’aide d’une autre personne ou d’un groupe.

Cependant, M. Wickerham assure détenir des éléments de preuves qui démontrent que le suspect explorait les idéologies violentes. Il s’agit de preuves numériques qui sont contenues dans son ordinateur personnel.

La police fédérale est incapable de spécifier si la violence qui le fascinait est basée sur la race ou non, bien que six des neuf victimes soient noires. Elle a refusé de dire si elle allait traiter le dossier comme un cas de « terrorisme intérieur ».

Selon le FBI, le présumé meurtrier n’était pas fiché et il ne figurait sur aucune liste de suspects à surveiller.

À ce moment-ci, les enquêteurs ignorent si le suspect avait ciblé sa sœur, qui est au nombre des victimes, et si la fusillade survenue au préalable à El Paso l’a incité à passer à l’action. On ne sait pas non plus comment il s’est préparé pour perpétrer ce massacre.

Essentiellement, le FBI cherchera à trouver des réponses à trois questions : quelle idéologie a influencé le tireur, pourquoi a-t-il agi de cette façon, et qui a eu connaissance de son projet meurtrier?

De son côté, la police de Dayton se chargera de l’enquête sur les meurtres commis.

Santé mentale et portrait flou du tireur

Pendant ce temps, les discussions dans la sphère publique à propos de l'affaire ont pivoté vers la question de la santé mentale, mardi, puisqu'une femme ayant brièvement fréquenté le tireur a rappelé que les deux s'étaient rapprochés entre autres en raison de leurs problèmes de santé mentale.

Le gouverneur républicain de l'État, Mike DeWine, a appelé de son côté à de meilleurs soins en la matière, en plus de mesures plus strictes de contrôle des armes à feu.

Adela Johnson, 24 ans, qui a fréquenté Connor Betts plus tôt cette année, a écrit dans un texte publié en ligne que l'auteur présumé de la fusillade avait des « pensées sombres », y compris le désir de faire mal à des gens.

Lors de leur premier rendez-vous, l'homme lui a montré une vidéo de la fusillade survenue dans une synagogue à Pittsburgh. Mme Johnson a ajouté que le présumé tueur avait des « besoins incontrôlables » qu'elle a qualifiés de « signaux d'alarme ».

La famille du présumé meurtrier et de sa sœur, elle aussi tombée sous les balles lors de l'attaque, Megan Betts, a publié un communiqué par l'intermédiaire de la police, mardi soir, se disant dévastée par les événements et indiquant qu'elle collaborait pleinement avec la police.

Les commentaires de Mme Johnson apportent une pierre à un édifice fragile, certaines personnes dépeignant M. Betts comme une bonne personne et un voisin agréable, alors que d'anciens camarades de classe parlent plutôt d'un adolescent troublé.

Deux anciens collègues de classe ont ainsi mentionné que M. Betts avait été suspendu de l'école secondaire Bellrock après la découverte d'une liste de personnes à assassiner, écrite dans une salle de bain de l'établissement.

Cela survenait après une autre suspension parce que M. Betts était arrivé à l'école avec une liste des jeunes femmes qu'il voulait agresser sexuellement, rapportent deux anciens camarades de classe, qui ont réclamé l'anonymat par crainte de se faire harceler.

D'autres se sont souvenus de quelle façon il avait tenté d'intimider ses collègues. « C'est stupéfiant et horrible qu'une personne qui a parlé pendant 10 ans d'abattre des gens puisse si facilement avoir accès à une arme de calibre militaire et à autant de balles », a déclaré Hannah Shows, une ancienne camarade.

Il aimait faire peur aux gens.

Hannah Shows, ancienne collègue de classe de Connor Betts

Pour sa part, la police de Bellrock a dit ne pas être au fait d'actes de violence de la part du présumé tueur. Les autorités ont précisé que les dossiers sur de possibles crimes commis par des personnes mineures sont détruits cinq ans après les faits, ou lorsque la personne en question atteint l'âge de 23 ans.

Renforcer les contrôles

M. DeWine a par ailleurs déclaré que Connor Betts a fait preuve d'un comportement antisocial à l'école secondaire qui aurait dû alerter ceux qui l'entouraient.

Il a demandé au Sénat, mené par les républicains, d'adopter des lois exigeant une vérification des antécédents pour presque toutes les ventes d'armes à feu, et de permettre aux tribunaux de restreindre l'accès aux armes à feu pour les personnes perçues comme représentant une menace.

Si nous nous limitons à faire des choses qui auraient pu prévenir une tragédie, nous passons à côté d'une véritable occasion. Nous devons nous pencher sur ces tragédies ensemble, a-t-il déclaré.

Le président américain Donald Trump a indiqué qu'il voulait que Washington « se rassemble » autour d'une législation prévoyant des « contrôles stricts des antécédents » pour les utilisateurs d'armes à feu, mais il n'a donné aucun détail.

Il doit se rendre mercredi à Dayton. Peu de détails ont filtré au sujet de sa visite. On ignore pour l’heure s’il rencontrera les familles des victimes.

Avec les informations de Associated Press

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