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Pornographie infantile : Ottawa réticent à réglementer les fournisseurs Internet

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité.

Au Canada, le nombre de cas de pornographie infantile connus de la police a bondi de 288 % entre 2010 et 2017.

Photo : iStock

Presse canadienne

Ottawa n'a pas l'intention de réglementer une technologie prometteuse créée au Canada qui pourrait aider les autorités à mieux traquer les images d'abus pédosexuels sur Internet.

Le robot Arachnid peut détecter quelque 20 000 nouvelles images et vidéos de pornographie juvénile par jour. Lorsqu'une telle image est détectée, le robot envoie un avis à l'hébergeur afin qu'il la retire immédiatement.

Même s'il reconnaît qu'il s'agit d'une « excellente technologie », le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, est réticent à ce que la technologie d'Arachnid soit obligatoire pour tous les fournisseurs Internet.

Équilibre entre vie privée et surveillance

À son avis, le gouvernement doit trouver le juste équilibre entre la protection de la vie privée et la surveillance des nouvelles technologies qui exploiteraient potentiellement des enfants.

Au Canada, la loi oblige les fournisseurs d'accès Internet et d'hébergement de contenu à rapporter tout cas de pornographie juvénile aux autorités policières.

Or, ce ne sont pas tous les fournisseurs qui peuvent traquer des images ou des vidéos aussi rapidement.

Un robot nommé Arachnid

Le Centre canadien de protection de l'enfance, l'organisation à l'origine d'Arachnid, a déjà déclaré en entrevue à La Presse canadienne souhaiter que toutes les entreprises du web utilisent sa technologie.

Trevor Bhupsingh, le directeur général de l'application de la loi et des stratégies frontalières au sein du ministère, explique qu'un robot tel qu'Arachnid n'en est qu'à ses premiers pas et qu'il évolue rapidement d'année en année.

M. Bhupsingh admet que, techniquement, le gouvernement fédéral aurait la capacité d'imposer ce système de surveillance à tous les hébergeurs, mais il n'est « pas certain » que le gouvernement devrait se prévaloir de ce pouvoir.

Le ministre Goodale revient d'une réunion ministérielle du Groupe des cinq, constitué du Canada, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, des États-Unis et du Royaume-Uni, où le thème de l'exploitation sexuelle des enfants en ligne a été abordé.

Des représentants de Microsoft, de Twitter, de Facebook, de Google, de Snap et de Roblox y ont participé.

Coopérer avec les géants du web

Au terme de la rencontre, les ministres ont convenu de continuer de coopérer à la lutte contre cette activité criminelle vile et ignoble avec les géants du web.

M. Goodale réclame aussi davantage de transparence de la part des géants du web, sur le fonctionnement de leurs algorithmes notamment. S'ils refusent d'obtempérer, il promet de hausser le ton.

Si [...] un enfant est terrorisé pour le reste de sa vie, [...] peut-être que les plateformes qui ont permis la diffusion de ces crimes devraient en payer les conséquences financières.

Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique

Au Canada, le nombre de cas de pornographie infantile connus de la police a bondi de 288 % entre 2010 et 2017.

22 millions additionnels

Devant la montée des crimes, le gouvernement fédéral annonce qu'il injectera 22 millions additionnels sur trois ans pour lutter contre l'exploitation sexuelle des enfants sur Internet.

Il s'agit de sommes qui avaient déjà été promises dans le dernier budget. La majeure partie de ces sommes doit servir à renforcer les services policiers provinciaux et municipaux pour mieux lutter contre ces crimes.

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