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Poissons morts : un biologiste dénonce le « manque de transparence » d'un ministère

Trois poissons morts gisent sur la rocaille.

L'anoxie serait la cause la plus probable des épisodes de mortalité des poissons, selon un biologiste (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le mystère demeure entier à la suite de la mort de milliers de poissons dans la rivière du Lièvre. Un biologiste de Gatineau dénonce la lenteur de l'enquête pour trouver la cause de ces mortalités. Pascal Samson se demande même si elle a été bâclée.

Pascal Samson est biologiste à l'Agence de bassin versant des 7, un organisme responsable de la protection de la qualité de l'eau de sept bassins versants en Outaouais, dont ceux de la rivière Blanche Ouest, la rivière Gatineau et une partie de la rivière des Outaouais.

Selon lui, il y a des choses un peu douteuses en lien avec ces épisodes successifs de mortalité de poissons en Outaouais. Il croit que le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) du Québec manque de transparence et de rigueur dans ce dossier.

M. Samson croit que la cause de ces mortalités aurait pu facilement être déterminée à la suite d'une analyse sédimentologique du lit de la rivière.

Pascal Samson répond aux questions d'un journaliste dans un bureau.

Pascal Samson, biologiste à l'Agence de bassin versant des 7.

Photo : Radio-Canada

Les sédiments agissent comme une boîte noire des rivières et un échantillon permet de déterminer l'état de santé de celles-ci d'heure en heure, a expliqué le biologiste. Il aurait donc été possible de déterminer s'il y a eu un déversement, par exemple.

Les sédiments enregistrent tout ce qui se passe dans l'eau sur une base quotidienne.

Une citation de :Pascal Samson, biologiste à l'Agence de bassin versant des 7

Selon lui, avec les techniques modernes, les enquêteurs sont en mesure de séparer le lit de la rivière en tranches très minces, de sorte d'identifier chacune des couches de sédiments.

S'il y a eu, un moment donné, un manque d'oxygène ou une substance quelconque qui s'est retrouvée dans l'eau, les sédiments vont l'enregistrer, a-t-il illustré.

Il faut alors séquencer les sédiments pour analyser les éléments qu'on y retrouve. Ensuite, on pourrait peut-être expliquer ce qui s'est passé, a ajouté M. Samson.

L'anoxie en cause?

Le biologiste croit néanmoins que l'anoxie est la cause la plus probable de la mort de ces milliers de poissons. Les poissons peuvent s'être étouffés par manque d'oxygène dans l'eau, selon lui.

Vendredi dernier, le professeur au département de biologie de l’Université Carleton, Steven Cooke, doutait quant à lui que la mortalité des poissons soit causée par un manque d'oxygène dans l'eau.

Les espèces touchées sont nombreuses, certaines peuvent même résister à des conditions particulièrement dégradées, a-t-il observé. Si la mortalité était purement causée par l'oxygène, je serais surpris que cela ait affecté un éventail aussi varié de poissons.

De son côté, le MELCC a refusé de commenter à savoir si des échantillons de sédiments ont été prélevés dans la rivière du Lièvre dans le cadre de l'enquête.

L'entreprise Énergie Brookfield, récemment montrée du doigt par le ministre de l'Environnement Benoît Charette, soutient qu'elle a révisé toutes ses opérations et que rien n'a changé depuis 20 ans.

Ce texte a été mis à jour afin de clarifier la position de l'entreprise Brookfield.

Avec les informations de Jérôme Bergeron

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