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Louis Robert optimiste à son retour au travail, même si des problèmes subsistent

Il est entouré de collègues.

Louis Robert de retour au travail (au centre)

Photo : Radio-Canada / Vincent Resseguier

Radio-Canada

L’agronome et lanceur d’alerte Louis Robert, qui avait été congédié par le gouvernement du Québec avant d’être réintégré, est de retour au boulot mardi. Il affirme rester au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) « pour compléter des projets en cours » et pour ne pas payer « pour des erreurs commises par d’autres ».

Après avoir été limogé pour avoir fourni à Radio-Canada des informations démontrant l’ingérence du privé dans la recherche publique sur les pesticides, le fonctionnaire du MAPAQ avait récemment reçu des excuses et signé une entente à l’amiable avec le gouvernement.

Cette dernière prévoit notamment des compensations monétaires pour le stress occasionné ainsi qu’un versement des six mois de salaire perdus durant son congédiement.

Dans le cadre des négociations, le Conseil du Trésor a même offert à Louis Robert de prendre sa pleine retraite, alors qu’il lui reste trois ans d’exercice. Mais le fonctionnaire a refusé, préférant réintégrer son poste.

J’ai du plaisir à faire mon travail. Et il me reste deux, trois, peut-être quatre ans, alors je ne voulais pas devoir payer le prix d’une perte d’un emploi que j’aime pour des erreurs commises par d’autres

Louis Robert en entrevue à RDI Matin

Saisie de l’affaire, la protectrice du citoyen avait mené une enquête pour notamment conclure que le ministère de l’Agriculture n’avait pas protégé l’identité de son fonctionnaire.

Ce dernier avait transmis à Radio-Canada des documents internes, où des fonctionnaires du ministère s’inquiétaient du fonctionnement du Centre de recherche sur les grains (CEROM).

Les documents soulignaient notamment l'ingérence dans la recherche de membres du conseil d'administration pro-pesticides et une crise dans la gestion de l’organisme financé à 68 % par le gouvernement, qui n'a qu’un rôle d’observateur au sein du CA.

Prise de conscience

Questionné mardi sur l’ingérence du privé, M. Robert a déclaré que les problèmes ne sont pas résolus, mais il y a une prise de conscience.

Quant à savoir s’il aurait suffisamment de liberté pour pouvoir dénoncer ce qui doit l’être, l’agronome a reconnu qu’il y a encore beaucoup d’incertitude de ce côté-là, avant d’ajouter que ce n’est pas l’une de ses craintes présentement.

Louis Robert a affirmé avoir l'impression qu’il existe en outre un certain encadrement dans les communications pour les professionnels du gouvernement. Le MAPAQ lui a donné l'autorisation de donner des entrevues aujourd'hui.

Il s'est toutefois dit convaincu que les travaux de la commission parlementaire, qui doit organiser une consultation générale sur l’impact des pesticides, permettront d’avancer. Des audiences publiques doivent se tenir en septembre.

C’est un des bons effets secondaires de mon histoire, il est plus question d’agronomie sur la place publique qu’auparavant, a-t-il dit.

L'agronome, spécialiste de la santé des sols, a d'ailleurs déposé une demande pour être entendu lors des travaux de la commission : On va voir ce qui va arriver, mais ça m'intéresserait de participer.

Cet automne, la protectrice du citoyen remettra en outre un deuxième rapport, qui portera cette fois sur le fond de l'affaire, c'est-à-dire notamment sur la gouvernance au CEROM.

Éloges d'ex-collègues et d'amis

Plusieurs anciens collègues et amis étaient présents mardi pour souligner son retour au travail. Il a trouvé ça difficile cette année-là, mais il a reçu beaucoup de support et il en sort grandi, a confié André Carrier, ancien agronome au MAPAQ.

M. Carrier croit qu'une bonne partie des agronomes est mûre pour revoir certaines pratiques, comme le fait de ne plus conseiller un agriculteur sur l'utilisation de pesticides s'il travaille en parallèle pour une compagnie de ce secteur.

Ce qu'il a dénoncé est très grave et a besoin de l'attention de tous, a souligné la productrice et réalisatrice Carmen Garcia, qui prépare actuellement un documentaire sur les lanceurs d'alerte. Mme Garcia fait notamment référence à l'influence des lobbys dans les politiques et les pratiques agricoles au Québec.

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