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Pékin promet la mort « par le feu » aux « criminels » de Hong Kong

Yang Guang devant un micro, avec au second plan la dirigeante de l'exécutif local, Carrie Lam.

Yang Guang, porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao, menace les manifestants : « Ceux qui jouent avec le feu périront par le feu. »

Photo : AFP/Getty Images / Greg Baker

Agence France-Presse

« Ceux qui jouent avec le feu périront par le feu. » Pékin a adressé mardi son plus ferme avertissement à ce jour aux manifestants hongkongais qui défient depuis deux mois le régime communiste, les mettant en garde contre « la puissance immense » du gouvernement central.

Au lendemain d'une journée de chaos dans la métropole du sud de la Chine, marquée par une grève générale et des perturbations dans les transports, le pouvoir pékinois a haussé le ton dans l'espoir de convaincre les manifestants prodémocratie de rentrer chez eux.

Ne sous-estimez jamais la ferme détermination et la puissance immense du gouvernement central, a lancé lors d'une conférence de presse le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao, Yang Guang, qui a une nouvelle fois accusé une poignée de militants d'être à l'origine de l'agitation, avec l'appui de forces étrangères non précisées.

Cela doit être très clair pour le tout petit groupe de criminels violents et sans scrupules et les forces répugnantes qui se cachent derrière eux : ceux qui jouent avec le feu périront par le feu.

Yang Guang, porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao

En fin de compte, ils seront châtiés, a-t-il ajouté.

Cet avertissement est le plus fort lancé par Pékin depuis le début de la contestation, début juin, provoquée par un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers le reste de la Chine.

Ce projet a été retiré, mais les manifestations se poursuivent et prennent un tour de plus en plus violent. Les contestataires réclament l'enterrement définitif du projet de loi et la tête de la dirigeante de l'exécutif local, Carrie Lam.

L'armée chinoise menace

M. Yang a réaffirmé le soutien de Pékin à Mme Lam et à la police de Hong Kong dans sa répression des manifestations. Le régime chinois, qui ne tolère pas la contestation en Chine continentale, s'est pour l'heure refusé à intervenir sur place, laissant les forces de l'ordre hongkongaises gérer la situation.

La semaine dernière, l'armée chinoise a cependant diffusé une vidéo menaçante montrant ses soldats occupés à réprimer une émeute dans la métropole revenue à la Chine en 1997.

Aux termes de l'accord de rétrocession signé avec Londres en 1984, l'ancienne colonie britannique continue à jouir de libertés inconnues sur le continent. Mais les manifestants disent redouter une érosion de ces libertés face à l'influence croissante du pouvoir chinois dans la cité de 7 millions d'habitants.

Un manifestant est sur le point de recevoir un coup de matraque sur fond de gaz lacrymogènes.

Interpellation musclée lors des manifestations du lundi 5 août à Hong Kong

Photo : Getty Images / Anthony Kwan

L'armée chinoise, qui dispose d'une garnison de plusieurs milliers d'hommes à Hong Kong, n'est pas censée se mêler des affaires du territoire. Mais le commandant de la garnison a rappelé la semaine dernière que la loi l'autorisait à intervenir pour rétablir l'ordre, sur demande des autorités locales.

Une telle intervention raviverait le spectre de la répression des manifestations du Printemps de Pékin, qui ont fait des centaines, voire plus d'un millier de morts, en 1989 dans la capitale chinoise.

Escalade des tensions

Elle pourrait aussi provoquer une catastrophe financière dans une des plus grandes places d'Asie.

Lundi après-midi, après un appel à la grève générale, sept manifestations simultanées ont eu lieu, constituant un défi pour les forces de l'ordre qui, soumises à rude épreuve depuis deux mois, concentrent l'ire des manifestants. Des gaz lacrymogènes ont encore été utilisés dans au moins quatre endroits différents, notamment près du parlement local.

Après des échauffourées toute la fin de semaine, des protestataires étaient descendus lundi matin à l'heure de pointe dans plusieurs stations clés du réseau pour bloquer les portes des métros et empêcher les trains de partir.

La police hongkongaise a annoncé mardi que 148 personnes avaient été arrêtées la veille en marge des manifestations prodémocratie dans l'ex-colonie britannique, qui ont été émaillées de nouveaux heurts avec les forces de l'ordre.

Les forces de l'ordre ont ainsi précisé lors de leur conférence de presse mardi qu'elles avaient tiré 800 grenades lacrymogènes lundi, alors que le nombre total tiré jusque-là depuis le début de la mobilisation était d'un millier.

Pendant toute la journée, des commissariats ont été la cible de jets de pierres, d'oeufs, de bouteilles. Des protestataires ont également utilisé des lance-pierres pour projeter des briques.

Un immeuble où vivent des policiers avec leurs familles a même été pris pour cible.

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