•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un immeuble insalubre vendu à plus de 700 000 $

Malgré l'interdit d'occupation pour cause d'insalubrité émis par la Ville de Montréal, l'immeuble était en vente à 709 500 $.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les prix de l'immobilier sont particulièrement élevés sur Le Plateau-Mont-Royal, à Montréal, depuis quelques années, mais la mise en vente d'un duplex potentiellement insalubre et nécessitant de très importantes rénovations, le tout pour 709 500 $, fait sourciller.

Probablement infesté par les punaises de lit, vendu sans garantie légale, frappé d'un interdit d'occupation pour cause d'insalubrité par la Ville de Montréal, l'immeuble est pourtant mis en marché au même prix que d'autres bâtiments du coin. En bon état, ceux-là.

Ainsi, le prix médian des duplex, dans le secteur, a atteint 772 500 $ lors du premier trimestre de 2019, soit 100 000 $ de plus qu'à pareille date l'an dernier.

Le courtier immobilier a fait son travail d'évaluer la propriété au prix où un acheteur est prêt à la payer sur le marché, actuellement, déclare Nathalie Clément, courtière en immobilier chez Via Capitale du Mont-Royal.

Situé rue Chambord, à deux pas du verdoyant parc Laurier et à un jet de pierre d'une école primaire, le duplex a franchement besoin d'amour. Outre les possibles punaises, l'escalier extérieur est rongé par la rouille et des photos de l'intérieur révèlent des pièces devant être refaites de fond en comble.

On va dégarnir la maison; on va faire un beau projet de rénovation. On va probablement faire soit deux condominiums, ou encore une maison unifamiliale, poursuit Mme Clément.

Bonnes conditions économiques

Qu'est-ce qui peut bien expliquer qu'un immeuble dans un tel état soit mis en marché à ce prix?

Selon Francis Cortellino, économiste à la Société canadienne d'hypothèques et de logement, le marché de l'emploi se porte très bien dans la métropole, et les taux hypothécaires sont bas, ce qui fait en sorte que les acheteurs ont généralement l'embarras du choix pour acquérir une propriété.

M. Cortellino indique toutefois que cette grande demande vient également réduire l'offre, une situation qui perdure depuis quelques années.

C'est vraiment très, très bas, dit-il en parlant de l'offre. Alors, avec beaucoup de demandes et peu d'offres, [on obtient] une hausse de prix relativement soutenue depuis deux ou trois ans dans le Grand Montréal.

Cette tendance est loin d'être circonscrite à la grande région métropolitaine. Selon l'Association professionnelle des courtiers en immobilier du Québec (APCIQ), quelque 29 212 propriétés ont été vendues au Québec entre avril et juin, ce qui constitue un record, tous trimestres confondus, depuis 2005.

Le nombre de ventes a également progressé de 8 %, comparativement au deuxième trimestre de l'an dernier.

Et si cela fait 20 trimestres consécutifs que le nombre de ventes progresse, on constate également que l'offre immobilière recule depuis 14 trimestres d'affilée. À Montréal, ce recul s'élève à 18 % depuis la même période, l'an dernier. À Gatineau, cette chute atteint 21 %.

Cette situation pourrait amener éventuellement [à] de la surévaluation, de l'accélération des prix, [...] qui se détachent de la valeur fondamentale des marchés. Ce n'est pas présentement le cas à Montréal, mais ça reste à surveiller au cours des prochains mois, met en garde M. Cortellino.

Qu'est-il arrivé au duplex malmené par la vie, sur Le Plateau-Mont-Royal? Cinq acheteurs potentiels ont déposé une offre. L'immeuble a trouvé preneur pour 737 500 $, soit 30 000 $ de plus que le prix d'origine.

D'après un reportage de Marie-Josée Paquette-Comeau

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Grand Montréal

Immobilier