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Québec permettra aux éducatrices de garderie d'enseigner en maternelle

De jeunes enfants jouent avec des blocs de construction.

La multiplication des classes de maternelle 4 ans entraîne une pression accrue sur les enseignantes au préscolaire, dont le nombre est déjà réduit.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec souhaite recruter de nouvelles enseignantes en maternelle chez les éducatrices en garderie. L'annonce survient alors que le milieu de l'enseignement préscolaire est aux prises avec une importante pénurie de main-d'oeuvre.

En fonction du projet de règlement déposé en juin par le ministère de l'Éducation, des éducatrices ayant un diplôme d’études collégiales en technique d’éducation à l’enfance pourront enseigner en maternelle, mais seulement si elles respectent plusieurs conditions, dont celle d'avoir accumulé 3000 heures d'expérience en enseignement, l'équivalent de plus de deux ans de pratique.

Il faudra également être inscrit dans un programme universitaire d'enseignement préscolaire.

En respectant toutes les conditions du ministre, elles obtiendront un permis probatoire d'une durée de cinq ans, et qui pourra ensuite être renouvelé.

Un stage probatoire devra par la suite être fait, précise le projet de règlement.

L'embauche de ces éducatrices est conditionnelle au fait de démontrer, de la part des commissions scolaires, que des enseignantes déjà qualifiées ne sont pas disponibles. Il sera également nécessaire, pour ces nouvelles enseignantes, de terminer leur formation universitaire au cours d'une période de neuf ans.

Cette modification réglementaire, publiée dans la Gazette officielle du Québec le mois dernier, doit être entérinée à la reprise des travaux parlementaires en septembre.

Accueil prudent

En entrevue à l'émission C'est encore mieux l'après-midi, sur les ondes d'ICI PREMIÈRE à Québec, la présidente du Conseil supérieur de l'enseignement (CSE), Maryse Lassonde, a indiqué qu'il n'était pas du mandat du CSE de déterminer si cette nouvelle ambition de Québec était une bonne ou une mauvaise nouvelle, mais que le Conseil devait s'assurer que Québec fasse « preuve de prudence » et « continue d'assurer la qualité du système scolaire ».

« Ce sont vraiment des exigences assez importantes », a précisé Mme Lassonde, en parlant des critères gouvernementaux à respecter.

« Le Conseil demande à ce que cette autorisation probatoire ne soit pas donnée à titre permanent », afin de pouvoir évaluer l'effet de cette « nouvelle voie d'accès », a poursuivi la présidente du CSE, avant de suggérer que les commissions scolaires offrent un « accompagnement professionnel » à ces nouvelles enseignantes, par exemple sous la forme d'un mentorat.

Le Conseil est dans l'incapacité de chiffrer la migration potentielle des éducatrices en garderie vers les nouveaux postes en enseignement pour les maternelles 4 ans, reconnaît Mme Lassonde, qui réclame un portrait de la pénurie auprès de Québec d'ici l'an prochain.

Du côté de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente la Fédération des intervenants en petite enfance du Québec, on estime que le gouvernement Legault a décidé « beaucoup trop rapidement » d'élargir le réseau des maternelles 4 ans, ce qui a contribué à la pénurie du personnel enseignant.

J'aurais envie de vous dire qu'on déshabille Pierre pour habiller Paul, a lancé Sonia Éthier, la présidente de la CSQ, en entrevue elle aussi à ICI PREMIÈRE.

Mme Éthier estime par ailleurs que le réseau de la petite enfance est déjà aux prises avec une pénurie de personnel enseignant, et que d'aller y chercher des travailleurs pour garnir les rangs des enseignants des maternelles 4 ans ne fera qu'exacerber le problème actuel.

La présidente de la CSQ a également tenu à rappeler que le milieu de l'enseignement peine déjà à assurer la relève en raison des « conditions de travail difficiles », des faibles salaires, ainsi que de la faiblesse de l'offre en matière de services d'aide et d'accompagnement.

La question qu'il faut se poser, c'est comment le réseau pourra supporter l'arrivée de personnes qui ne sont pas légalement qualifiées, mais dont on a en plus besoin dans le réseau de la petite enfance, souligne-t-elle.

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