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Jason Kenney s'immisce dans la campagne fédérale

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, et le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Une rencontre entre Jason Kenney et Justin Trudeau à Ottawa, le 2 mai 2019.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Il reste encore trois mois avant les élections fédérales, mais, déjà, certains politiciens s’invitent dans les débats. C’est le cas du premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney. En fin de semaine, il s’est attaqué à Justin Trudeau et a, une fois de plus, fait planer la menace du séparatisme en cas de réélection de ce dernier. 

C’est dans une vidéo teintée de patriotisme et de populisme que Jason Kenney a rappelé son attachement à la Confédération, avant de s’en prendre à celui qui la dirige actuellement.

L’enfer, c’est les autres

« Je suis et serai toujours un patriote canadien. Je dois toutefois reconnaître que l’Alberta se fait avoir en ce moment », dit Jason Kenney dans sa vidéo d'une durée de 1 minute, accusant le gouvernement fédéral et « beaucoup de provinces » d’être à l’origine de bien des maux de l’Alberta.

« Ils ont affaibli notre capacité à tirer profit de nos ressources et nous ont traités de façon injuste et irrespectueuse à de nombreuses reprises », accuse-t-il dans son message diffusé sur les réseaux sociaux.

Jason Kenney y souligne qu’une partie de la population albertaine s’est récemment déclarée favorable à l’idée de se séparer du reste du pays, en laissant entendre que c’est à cause des politiques de Justin Trudeau.

« Je ne pense pas qu'on devrait [le] laisser nous exclure de notre pays, dit-il. Plutôt que de tenter de séparer l’Alberta du reste du Canada, j’aimerais éloigner Justin Trudeau du bureau du premier ministre. »

Ni la première fois ni la dernière

Ce n’est pas la première fois que Jason Kenney brandit le « spectre du séparatisme » albertain pour faire pression sur son homologue fédéral, rappelle le professeur de sciences politiques à l’Université Mount Royal Duane Bratt.

« Il s’en est servi pendant la campagne provinciale comme stratégie de riposte à la taxe carbone fédérale [...] et quand il a menacé de faire un référendum sur la péréquation », précise-t-il.

En 2008 et en 2015, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, avait quant à lui appelé les électeurs à ne pas voter pour Stephen Harper.

« Jason Kenney a fait partie d’un cabinet ministériel qui a perdu ses élections contre Justin Trudeau en 2015. Je pense que les enjeux sont beaucoup plus importants cette fois-ci », affirme-t-il.

Il craint, en outre, que la multiplication de ce type de déclaration ne vienne creuser l’écart entre les provinces et le gouvernement fédéral.

« Que va-t-il arriver si on entretient la colère à ce point, s’interroge-t-il. À force de s’en prendre à Justin Trudeau ainsi, que va se passer tous les sièges deviennent conservateurs en Alberta et en Saskatchewan, et que les libéraux sont [quand même] réélus? »

La vidéo du premier ministre albertain marque, pour le professeur de sciences politiques, un pas de plus vers sa participation active dans les élections fédérales, puisque Jason Kenney tentera aussi de rallier les électeurs de la grande région de Toronto au chef du Parti conservateur, Andrew Scheer.

Ottawa n’a pas directement répondu à cette attaque. Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, a toutefois rappelé sur Twitter, dimanche, certaines des réussites de son gouvernement, dont bénéficie l’Alberta, notamment l’expansion du pipeline Trans Mountain.

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