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Les marchés plongent après l'escalade de la guerre commerciale Pékin-Washington

Un courtier a l'air découragé.

La Bourse de New York a subi lundi sa plus forte baisse depuis le début de l'année.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

Radio-Canada

La décision de la Chine de suspendre l'achat de produits agricoles américains a fait plonger les marchés lundi. La Bourse de New York a subi sa plus forte baisse depuis le début de l'année, et elle a fini au niveau le plus bas des deux derniers mois.

L'indice Dow Jones a perdu 767,13 points, soit 2,9 %, fermant la séance à 25 717,88, au plus bas depuis le 6 juin.

De son côté, le S&P 500 a cédé 87,29 points, soit 2,98 %, à 2844,76 et accuse désormais six séances consécutives de baisse. Le Nasdaq Composite a quant à lui reculé de 279,54 points (-3,49 %) à 7724,53.

Le Dow Jones Industrial Average a aussi poursuivi sa dégringolade en perdant plus de 3 %, en plein regain des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis.

Les marchés boursiers canadiens, y compris la Bourse de Toronto et la Bourse de croissance TSXV, étaient fermés lundi pour le congé officiel.

Comme Wall Street, les principales bourses européennes ont fini la journée en net repli. À Paris, le CAC 40 a perdu 2,19 % à 5241,55 points, son plus bas niveau en clôture depuis le 3 juin. L'indice FTSE 100 à Londres a cédé 2,47 % de sa valeur, alors que le Dax allemand a perdu 1,8 %.

Une baisse de 3 % en une journée est très significative et on constate des mouvements importants sur tous les principaux marchés étrangers.

Rich Weiss, directeur des investissements pour les stratégies multiactifs chez American Century Investments

En Chine, l'indice composite de la Bourse de Shanghai a abandonné 1,62 % et celui de la Bourse de Shenzhen 1,47 %, tandis qu'au Japon, l'indice vedette Nikkei a terminé en repli de 1,74 %.

La devise chinoise a franchi le seuil symbolique des 7 yuans pour 1 dollar, un seuil qui n'avait pas été enfoncé depuis 2008. De quoi alimenter les spéculations sur un geste délibéré de Pékin pour soutenir ses exportations.

La dépréciation du yuan chinois face au dollar en riposte aux dernières menaces américaines en matière de droits de douane a ravivé les craintes d'une extension du conflit commercial au terrain des changes.

Cette dévaluation de la devise chinoise a été rapidement suivie d'une riposte à Washington, où le secrétaire du Trésor américain, Steven Mnuchin, a fait savoir par communiqué que son administration avait conclu, « sous les auspices du président Donald Trump », que la Chine avait manipulé sa devise et qu'elle demandera au Fonds monétaire international (FMI) de mettre un terme à la concurrence déloyale de Pékin.

Résultant de cette détermination [que la Chine manipule sa devise], le secrétaire Mnuchin va discuter avec le Fonds monétaire international pour éliminer l'avantage compétitif créé par les récentes décisions chinoises, poursuit le communiqué.

Je suis étonné de la surprise du marché face aux représailles de la Chine. Nous avons commencé une bagarre, alors je ne suis pas certain de comprendre pourquoi nous sommes surpris quand l'adversaire répond, souligne Rich Weiss d'American Century Investments.

Après sept mois d'espoir d'une entente commerciale entre la Chine et les États-Unis, qui ont alimenté la hausse conséquente des indices depuis le début de l'année, la relance des tensions par le président Trump a cassé l'élan du marché, a observé Mikaël Jacoby, responsable du courtage Europe continentale d'Oddo BHF Securities.

La Chine suspend l'achat de produits agricoles américains

La Chine a suspendu ses achats de produits agricoles américains et n'exclut pas d'imposer des taxes à l'importation sur ses produits agricoles achetés aux États-Unis après le 3 août, a annoncé le ministère chinois du Commerce.

Cette décision représente une nouvelle étape dans la guerre commerciale opposant les États-Unis à la Chine, quatre jours après l'annonce par Donald Trump de l'instauration, à compter du 1er septembre, de droits de douane additionnels de 10 % sur les 300 milliards de dollars américains d'importations chinoises encore non taxées par Washington.

Les entreprises chinoises concernées ont suspendu leurs achats de produits agricoles américains, a déclaré le ministère chinois du Commerce dans un communiqué.

La valeur des produits agricoles américains susceptibles d'être la cible de nouveaux droits de douane n'est pas précisée par Pékin.

Le ministère estime que la décision de Donald Trump de taxer à partir de septembre 300 milliards de dollars américains de produits chinois constitue une « sérieuse entorse » au consensus trouvé entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping lors de leur rencontre au Sommet du G20, le 29 juin à Osaka.

Les deux dirigeants avaient alors convenu de relancer les négociations pour régler le différend commercial entre Pékin et Washington, qui dure depuis des mois et provoque des turbulences sur les marchés.

Reprise des discussions

L'annonce de Donald Trump a d'autant plus surpris que les négociateurs américains et chinois venaient de reprendre à Shanghai leurs discussions, suspendues en mai dernier.

Dans une série de publications sur Twitter, le président américain a notamment déploré que la Chine, qui « avait accepté d'acheter des produits agricoles américains en grandes quantités », ne l'ait pas fait.

Le marché chinois est vaste et représente d'excellentes perspectives pour l'importation de produits agricoles américains de haute qualité, a déclaré le ministère chinois du Commerce.

Il a ajouté espérer que les États-Unis tiendraient leurs promesses et créeraient les « conditions nécessaires » à une coopération bilatérale.

La Chine est entre autres le premier acheteur mondial de soya, principal produit agricole américain à l'exportation.

Selon la Commission nationale du développement et de la réforme chinoise (CNDR), Pékin a acheté 130 000 tonnes de soya, 120 000 tonnes de sorgho, 60 000 tonnes de blé, 40 000 tonnes de porc et 25 000 tonnes de coton aux États-Unis entre le 19 juillet et le 2 août.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Presse canadienne

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