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Un poisson d’eau douce âgé de 112 ans, un record

Le corps d'un poisson buffle à grande bouche.

Un poisson de l'espèce Ictiobus cyprinellus.

Photo : Wikimedia Commons / Alus164

Radio-Canada

L’âge d’un spécimen de buffle à grande bouche (Ictiobus cyprinellus), une espèce de poissons originaires d’Amérique du Nord, a été estimé à 112 ans par des biologistes américains.

C'est nettement plus vieux que l'espérance de vie estimée de l’espèce à ce jour, qui était de 26 ans.

En outre, cet âge dépasse de près de 40 ans l'espérance de vie record de tout poisson d'eau douce, qui était détenue par un spécimen de tambour d’eau douce (Aplodinotus grunniens) dont l’âge avait été estimé à 73 ans.

Par comparaison, certaines espèces océaniques de poissons vivent plusieurs centaines d’années, comme le requin du Groenland (Somniosus microcephalus), dont l’âge de certains spécimens a été évalué à 400 ans.

Un poisson sous la loupe

Le buffle à grande bouche est la plus grande espèce de la famille des Catostomidae, des « poissons à ventouses » de l'ordre des Cypriniformes (carpes) qui regroupe 78 espèces d'eau douce.

Le chercheur Alec Lackmann et ses collègues de l’Université du Dakota du Nord ont recueilli près de 386 spécimens de buffles de 12 populations différentes entre 2011 et 2018. Ils ont été photographiés, mesurés, sexés et étiquetés. La plupart ont été relâchés afin de documenter leur évolution, et d’autres ont été disséqués afin d’établir leur âge.

Pour déterminer l'âge, les biologistes analysent une structure de l’oreille interne appelée otolithe. Celle-ci est composée de carbonate de calcium qui présente, un peu comme les arbres, des stries d'accroissement qui permettent d’estimer l'âge de son propriétaire.

Les résultats préliminaires montrent que des poissons disséqués avaient entre 80 et 90 ans.

Pour vérifier ces chiffres, les chercheurs ont ensuite utilisé la technique de datation par le carbone 14 pour analyser les anneaux des otolithes.

Cette technique a permis de corroborer les précédents résultats, mais aussi de déterminer que certains poissons étaient plus vieux, notamment un qui avait 112 ans.

Où sont les jeunes?

Ces analyses montrent aussi qu’entre 85 % et 90 % des poissons disséqués dans l’étude avaient plus de 80 ans.

Selon les chercheurs, ces pourcentages représentent un problème puisqu’ils laissent penser que les populations ne se renouvellent pas.

La construction de barrages dans les années 1930 est montrée du doigt par les chercheurs. Les barrages sur les rivières limiteraient, selon eux, l'accès aux zones de frai des poissons.

Le détail de cette étude est publié dans le journal Communications Biology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

La pêche au buffle à grande bouche est en grande partie non réglementée. Cela s'explique par le fait que ce poisson n’était pas très populaire auprès des pêcheurs récréatifs.

L’espèce, qui vit dans les grandes profondeurs, se nourrit rarement d'appâts et est rarement capturée à l'hameçon et à la ligne.

Toutefois, depuis dans la dernière décennie, la pêche à l’arc est de plus en plus populaire aux États-Unis, et le buffle est l’une des espèces prisées.

À la lumière de ces travaux, les chercheurs estiment donc qu’une meilleure réglementation pourrait aider la survie de l’espèce.

Faune marine

Science