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Trump propose de mieux surveiller l'accès aux armes des « dérangés »

Le président Donald Trump s'est adressé aux Américains lundi matin à la suite des tueries d'El Paso et de Dayton qui ont fait des dizaines de morts.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Xavier Savard-Fournier

En réaction aux deux tueries qui ont fait une trentaine de morts en fin de semaine, Donald Trump envisage des mesures pour permettre aux réseaux sociaux et autres acteurs du web de détecter avant qu'ils n'agissent les tueurs de masse potentiels et de mieux surveiller l'accès aux armes des « dérangés ».

Le président américain a affirmé dans un discours télévisé que l’influence d'Internet a pu jouer un rôle dans la radicalisation des auteurs des massacres d'El Paso et de Dayton, ce pour quoi il souhaite mettre en oeuvre des outils afin de repérer plus rapidement ce genre d'individus.

Il a notamment demandé au département de la Justice de travailler de concert avec les divers États, les autorités locales et les entreprises pour mettre en place de tels outils.

On doit aussi cesser la glorification de la violence dans nos sociétés, a-t-il ajouté, en ciblant les jeux vidéo violents, qu’il a estimés trop répandus de nos jours.

M. Trump espère également réformer les lois touchant la santé mentale afin de mieux détecter les « dérangés » qui pourraient commettre des actes de violence et de faire en sorte qu'ils reçoivent des traitements. Cette réforme devrait aussi empêcher les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale d’accéder à des armes, et même permettre de les leur retirer s’ils parviennent à s’en procurer malgré tout, a-t-il allégué.

Ce sont les forcenés qui tirent sur la gâchette, pas les fusils.

Donald Trump, président des États-Unis

De plus, Donald Trump a indiqué qu’il proposerait d’imposer la peine de mort « rapidement et sans des années d’attente » à toute personne qui commet des crimes haineux et des tueries de masse.

L'Association nationale des armes à feu (NRA) a applaudi à la vision de Donald Trump. Dans un message publié sur Twitter, l'association proarme américaine a indiqué qu'elle croit depuis longtemps que les gens qui sont considérés comme des dangers pour la société ne devraient pas avoir accès à une arme et devraient recevoir des traitements.

Des fleurs, ballons, messages et chandelles sont disposés en tas de façon aléatoire.

Un mémorial a été aménagé à la suite du massacre dans un centre commercial d'El Paso, au Texas.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Trump condamne les suprémacistes blancs

Le président américain a offert ses condoléances et celles de sa femme aux victimes, aux maires des deux villes concernées, ainsi qu'au président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador.

En mentionnant le manifeste aux relents anti-immigration publié par le tueur d’El Paso, il a aussi condamné fermement « le racisme, le fanatisme et les suprémacistes blancs ».

Ces idéologies sinistres doivent être vaincues. La haine n'a pas sa place aux États-Unis. Nous n'oublierons jamais [les morts de Dayton et d'El Paso].

Donald Trump, président des États-Unis

Plusieurs ténors démocrates avaient déploré plus tôt le refus du président de mentionner ce qu'ils considèrent comme le réel problème.

Nous ne pouvons pas régler un problème si nous refusons de le nommer : le nationalisme blanc. Une idéologie enhardie par un président qui attise les flammes de la haine et porte des messages de soutien à la suprématie blanche. Nous devons faire ce que Trump ne fera pas : condamner ce mal et l’éradiquer de notre société, avait écrit le candidat démocrate Joe Biden sur Twitter avant le discours du président.

Armes et discours haineux, dénoncés par Clinton et Obama

Si le président veut sérieusement renforcer les lois sur les armes, il devrait exiger que le leader de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, soumette au vote un projet de loi adopté à la Chambre et renforce la vérification des antécédents, ont déclaré lundi les démocrates du Congrès.

Le sénateur Chuck Schumer, leader des démocrates, dit que le leader de la majorité au Sénat bloque les réformes de la sécurité des armes à feu. Il a écrit sur Twitter que Mitch McConnell devrait convoquer le Sénat en session d'urgence pour prendre des mesures immédiates sur le projet de loi adopté par la Chambre en février, qui exigerait une vérification des antécédents fédéraux pour toutes les ventes et cessions d'armes à feu, y compris celles vendues en ligne ou lors des expositions.

Un autre projet de loi permettrait un examen élargi de 10 jours pour les achats d'armes à feu.

Des gens souffrent de problèmes de santé mentale dans tous les autres pays du monde. Les gens jouent à des jeux vidéo dans presque tous les autres pays. La différence, ce sont les armes.

Hillary Clinton, ex-secrétaire d'État sur Twitter

Dans un message sur Facebook, l'ancien président américain Barack Obama a lui aussi réagi aux propos de Trump. Tout comme son ancienne collègue Hillary Clinton, il a rappelé qu'il n'y avait qu'aux États-Unis que, régulièrement, des fusillades de cet ordre avaient lieu.

Nous devons fermement rejeter les discours prononcés par n'importe lequel de nos dirigeants, alimentant un climat de peur et de haine ou normalisant les sentiments racistes, a-t-il ajouté, sans nommer directement son successeur républicain Donald Trump, accusé par l'opposition démocrate d'alimenter la montée de l'intolérance dans le pays.

De son côté, le candidat à la primaire démocrate Beto O'Rourke, originaire d'El Paso, a notamment reproché au président d'attiser le racisme dans ce pays avec ses discours incendiaires anti-immigrés.

Les drapeaux des États-Unis sont en berne devant l'édifice du Capitole, à Washington.

L'administration Trump a réclamé que les drapeaux des États-Unis soient mis en berne en mémoire des victimes des tueries d'El Paso, au Texas, et de Dayton, en Ohio.

Photo : Getty Images / Win McNamee

Appel à une collaboration non partisane

Plus tôt lundi matin, le président écrivait sur Twitter que républicains et démocrates doivent s’unir et obtenir des vérifications d’antécédents plus contraignantes, et peut-être marier cette future loi avec cette réforme du système d’immigration dont nous avons désespérément besoin. Quelque chose de bien, sinon de grand, doit résulter de ces tragédies.

La réforme migratoire de Trump, présentée en mai et rejetée par l'opposition démocrate, vise à accroître de façon significative les exigences en matière d'éducation et de qualification au détriment des regroupements familiaux.

Donald Trump n'est cependant pas revenu sur le « mariage » potentiel de ses nouvelles lois avec sa réforme du système d'immigration lors de son allocution de lundi matin. Il a plutôt appelé les deux partis à travailler ensemble.

Je suis ouvert à toutes les propositions qui fonctionneront vraiment et qui changeront vraiment les choses. Les républicains et les démocrates ont prouvé qu'il y a des manières non partisanes d'enrayer ce fléau, a-t-il mentionné en référence aux discussions qui ont suivi la fusillade de Parkland, en Floride.

Selon le président américain, les fausses nouvelles ont grandement contribué à la colère et à la rage accumulées au fil des ans. La couverture des nouvelles doit commencer à être juste, équilibrée et impartiale, sinon ces terribles problèmes ne feront que s'aggraver!, a-t-il gazouillé lundi.

Selon l'ONG Gun Violence Archives, avec les drames de la fin de semaine dernière, il y a eu 251 fusillades depuis le début de l'année qui ont fait au moins quatre victimes, blessées ou tuées.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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