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L'ONU plaide pour un renforcement des sanctions contre l'armée du Myanmar

Dix hommes à genoux dans un champ avec les mains derrière le dos, entourés d'hommes armés.

Une immense fortune aurait été utilisée par l'armée du Myanmar pour financer des opérations contre les Rohingyas.

Photo : Reuters

Agence France-Presse

Des sanctions plus lourdes doivent être prises à l'encontre de l'armée du Myanmar (ex-Birmanie) qui met son immense fortune au service des atrocités commises notamment contre les Rohingyas, souligne un rapport d'enquête de l'ONU présenté lundi.

Les auteurs du rapport appellent la communauté internationale à rompre ses liens avec les entreprises liées aux forces armées du Myanmar, à la tête d'un « empire commercial » de loin le plus puissant du pays.

Cela permettra de réduire les violations des droits de l'homme, a déclaré l'avocat indonésien Marzuki Darusman, chef de la mission internationale d'établissement des faits de l'ONU sur le Myanmar, lors de la présentation du rapport à Jakarta.

L'armée a des intérêts dans tous les secteurs de l'économie, du commerce des pierres précieuses à l'immobilier et le tourisme, par le biais de deux conglomérats, d'innombrables filiales et de sociétés amies. Elle contrôle aussi deux des plus grandes banques du pays.

Aucune de ces sociétés ne publie de résultats financiers complets, ce qui permet, selon les enquêteurs de l'ONU, d'échapper à toute surveillance et à toute responsabilité.

Dans ses 111 pages, le rapport de l'ONU fait également état de transferts d'argent provenant de dizaines d'entreprises privées au bénéfice des militaires pour plus de 10 millions de dollars. Ces fonds auraient été utilisés par l'armée pour financer des opérations contre les Rohingyas et lancer de grands travaux destinés à effacer toute trace de présence de la minorité musulmane en Birmanie, installée dans le pays depuis des siècles.

Les gouvernements du monde entier et les entreprises qui ont d'une manière ou d'une autre des liens avec l'armée ne peuvent plus plaider l'ignorance, a déclaré Paul Donowitz, directeur de campagne pour le Myanmar de l'ONG Watchdog Global Witness.

Selon l'ONU, au minimum 15 sociétés étrangères ont des coentreprises avec les militaires birmans, tandis que 44 autres entretiennent des relations commerciales avec eux.

Interrogé, un porte-parole de l'armée s'est dit dans l'incapacité de commenter le rapport.

Sa publication intervient un mois après que les États-Unis ont prononcé une interdiction de voyager visant le chef de l'armée, Min Aung Hlaing, et trois autres responsables militaires, sanction la plus lourde imposée par une puissance occidentale depuis la crise des Rohingyas.

Malgré la transition démocratique entamée en 2011, l'armée reste très puissante sur l'échiquier politique du Myanmar, occupant un quart du Parlement et trois ministères clés, dont celui de la Défense.

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