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analyse

Violence par les armes à feu aux États-Unis : des changements sont-ils possibles?

Une foule immense est réunie dans une rue de Washington.

Après chaque fusillade, des manifestants exigent un meilleur contrôle des armes à feu, comme ici, à Washington, en mars dernier.

Photo : Reuters / Aaron Bernstein

Raphaël Bouvier-Auclair

Après les deux fusillades qui ont fait 29 morts en Ohio et au Texas, la question du contrôle des armes à feu se pose une nouvelle fois aux États-Unis.

Not one more! Après la fusillade d’El Paso, qui a fait 20 morts samedi, des militants pour un meilleur contrôle des armes à feu se sont réunis à Washington pour réclamer des mesures politiques et éviter que ces tueries se répètent.

Quelques heures plus tard, une autre fusillade coûtait la vie à neuf personnes, en Ohio.

Virginia Tech, Aurora, Newtown, Parkland. Après chaque tuerie, le débat autour du resserrement des lois en matière d’armes est relancé. Des appels dont les échos se perdent bien souvent dans les couloirs du Capitole à Washington.

Des policiers interviennent.

Une fusillade a fait 9 morts à Dayton, en Ohio, dans la nuit du 3 au 4 août 2019.

Photo : Radio-Canada

En ce moment, les élus du Congrès ont justement entre les mains un projet de loi qui donnerait plus de muscles aux autorités en matière de vérifications d’antécédents lors d’une demande d’achat d’arme.

Les agents fédéraux disposent de trois jours ouvrables pour faire les vérifications nécessaires. En cas de délai, par exemple par manque d’information, la vente peut aller de l’avant après cette période d’attente. Avec la nouvelle loi, les autorités auraient 10 jours pour mener leur enquête.

La Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, a adopté le texte à la fin février. Mais le projet n’a toujours pas été soumis à un vote au Sénat, où les républicains sont majoritaires.

Si un projet de loi du genre ne parvient même pas à l’étape du vote à la Chambre haute, comment les démocrates peuvent-ils envisager d'adopter des réformes plus ambitieuses sur le plan fédéral?

Des manifestants portent des pancartes anti armes en Virginie.

Au début du mois d'août, les États-Unis avaient déjà enregistré plus de 200 fusillades depuis janvier.

Photo : Reuters / Michael McCoy

Visiblement pas avec le paysage politique actuel, croit l’ancien gouverneur de Virginie Terry McAuliffe, qui y est allé d’un commentaire bien simple à ce sujet dimanche sur les ondes de CNN : « Les élections comptent. »

D’ailleurs, jeter un coup d’œil à l’extérieur de Washington permet de constater qu’à d’autres ordres de gouvernement, le dossier est loin de stagner.

Le Giffords Law Center, groupe qui milite pour un plus grand contrôle des armes, a récemment relevé que depuis la fusillade de Parkland en Floride, en février 2018, 32 États ont adopté des lois plus restrictives. Pendant la même période, des mesures simplifiant le port d’armes ont été approuvées dans une douzaine d’autres États.

La Virginie, laboratoire électoral?

En Virginie, siège de la National Rifle Association (NRA), le contrôle des armes pourrait même se retrouver au cœur de la stratégie électorale du Parti démocrate pour les élections législatives qui auront lieu en novembre.

Après une fusillade qui a fait 12 morts à Virginia Beach en mai, le gouverneur Ralph Northam a tenté sans succès de faire adopter certaines réformes. Il proposait entre autres davantage de vérifications, une interdiction des armes d’assaut et une limite d’achat d’une arme de poing par période de 30 jours.

Un client regarde des armes en vitrine.

Le débat sur l'accès aux armes à feu aux États-Unis revient après chaque fusillade.

Photo : Reuters / Rick Wilking

Le gouverneur a essuyé des refus de la part des deux chambres de l’Assemblée, que les républicains contrôlent par une très mince majorité. Cet automne, les Virginiens vont aux urnes, et des stratèges démocrates font le pari que l’enjeu pourrait jouer en leur faveur.

Si la Virginie est plutôt permissive sur la question de l’accès aux armes à feu, certaines mesures de contrôle très ciblées jouiraient pourtant d’un bon appui au sein de la population. Une étude réalisée par le Wason Center For Public Policy démontre que plus de 80 % des citoyens de l’État appuient des mesures de vérification des antécédents. Pour l’interdiction des armes d’assaut, l’appui populaire dépasserait les 60 %.

La NRA et ses membres, qui réclament moins de restrictions en évoquant le deuxième amendement de la Constitution, qui garantit à tout citoyen le droit de porter une arme, ont été très efficaces en période électorale. Leurs adversaires réussiront-ils à avoir le même impact de mobilisation?

En vue des élections de 2020, les élus démocrates à Washington regarderont vers le sud cet automne, question de juger de l’efficacité de la stratégie de leurs collègues de la Virginie.

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