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New Delhi révoque l'autonomie du Cachemire

Un homme armé debout dans la rue devant une barricade.

Un paramilitaire indien monte la garde à un contrôle routier alors que les tensions entre le Pakistan et l'Inde montent au Cachemire.

Photo : AFP / TAUSEEF MUSTAFA

Agence France-Presse

L'Inde a révoqué lundi l'autonomie constitutionnelle de l'État du Jammu-et-Cachemire (nord) et a annoncé sa dislocation, une décision qui fait craindre un soulèvement de la population locale et de possibles répercussions internationales.

Le Pakistan a condamné cette révocation d'autonomie et a indiqué qu'il ferait « tout ce qui est en son pouvoir pour contrer les mesures illégales ».

La tension monte depuis 10 jours entre New Delhi et Islamabad, qui revendiquent tous deux la souveraineté sur le Cachemire. Le Pakistan accuse l'Inde d'avoir récemment employé des bombes à sous-munitions – des engins contenant de nombreux projectiles et petites bombes – dans ce territoire que les deux voisins et puissances nucléaires se disputent. New Delhi, qui a déployé au moins 10 000 soldats sur le territoire, le nie.

Le Pakistan a d'ailleurs demandé aux villageois vivant au Cachemire pakistanais de rester vigilants devant la possibilité de trouver des engins explosifs.

Ne touchez pas à de tels objets. Ne laissez pas vos enfants s'en approcher, ont averti les autorités sur les réseaux sociaux et dans des messages envoyés aux habitants sur l'application WhatsApp.

Plus de 50 ressortissants chinois travaillant à la construction d'un barrage au Cachemire pakistanais ont été évacués, mardi dernier, à la suite de bombardements venant de l'Inde.

Le premier ministre pakistanais Imran Khan a accusé dimanche l'Inde de nouvelles actions agressives, affirmant qu'elles pourraient se transformer en crise régionale. Il a ensuite présidé une réunion du comité de sécurité nationale pakistanais consacrée à la situation au Cachemire.

Du côté indien, les autorités ont décrété une interdiction complète des rassemblements et des réunions publiques à Srinagar et dans ses environs, et ont ordonné que les écoles et les universités soient fermées dans l'État du Jammu jusqu'à nouvel ordre.

Le communiqué ne précise pas la durée de ces restrictions.

Une source sécuritaire a indiqué à l'AFP que, depuis lors, 70 000 soldats indiens supplémentaires ont été envoyés, un niveau considéré comme sans précédent.

Des accusations des deux côtés

Dans le cachemire pakistanais, le marché de Noseri semblait désert dimanche, le secteur où, d'après le Pakistan, l'Inde aurait utilisé des bombes à sous-munitions contre des civils. Les magasins étaient fermés et les rues vides.

Il a explosé pendant qu'ils jouaient avec. Mon fils Ayan Ahmad a été tué, a raconté Muhammad Siddique. Selon ses dires, ses enfants jouaient dehors quand ils ont trouvé l'un de ces engins non explosés et l'ont rapporté chez eux.

Selon Badr Munir, un cadre du gouvernement local, quatre personnes ont été tuées et 11 autres blessées par des bombes à sous-munitions lors de deux incidents différents dans ce secteur.

Les bombes à sous-munitions peuvent contenir des dizaines de petites bombes qui se dispersent sur de vastes zones et continuent de tuer et de mutiler des civils longtemps après leur largage. Leur utilisation est interdite en vertu d'un traité international que ni l'Inde ni le Pakistan n'ont ratifié.

Le même jour, l'armée indienne a déclaré qu'elle avait déjoué une tentative d'infiltration sur son territoire d'un groupe composé de soldats pakistanais et de civils, tuant cinq à sept assaillants.

Le Pakistan a rejeté ces allégations, les qualifiant de sans fondement.

Les restants d'une bombe à sous-munitions sur une roche.

Des débris d'une bombe à sous-munitions ont été vus le long d'une route de Noseri, près de la ligne de contrôle, dans la vallée de Neelum au Cachemire.

Photo : Reuters

Des décennies de conflits au Cachemire

Les deux puissances nucléaires se sont livré en février leurs premiers combats aériens depuis des décennies, à la suite d'un attentat-suicide au Cachemire indien revendiqué par un groupe extrémiste basé au Pakistan.

Le Cachemire, divisé entre Inde et Pakistan, est revendiqué en totalité par les deux pays.

Cette région montagneuse est à l'origine de deux des trois guerres entre les deux voisins depuis leur partition en 1947, à la fin du joug colonial britannique.

La semaine dernière, le président américain Donald Trump a affirmé, lors d'une réunion à Washington avec Imran Khan, que le dirigeant indien Narendra Modi lui avait demandé de servir de médiateur dans le conflit au Cachemire.

L'Inde a nié ces affirmations avec véhémence, affirmant que la question du Cachemire devait être réglée de manière bilatérale.

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