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Folklorama : il y a 40 ans débutait l’aventure du pavillon canadien-français

Deux personnes photographiées sur un canapé.

Lucienne et Lucien Loiselle font partie des membres fondateurs du pavillon canadien-français de Folklorama.

Photo : Radio-Canada

Pierre Verrière

Il y a 40 ans, le public de Folklorama découvrait le pavillon canadien-français pour la première fois. Si ce dernier est aujourd’hui un des piliers de du rendez-vous, qui fête ses 50 ans cette année, sa création ne s’est pas faite sans quelques difficultés à l’époque.

En 40 ans, le pavillon canadien-français est devenu une machine rodée à la mécanique bien huilée. Grâce à une armée de bénévoles fidèles, il offre au public trois spectacles par soir sans compter les repas à thèmes.

Pourtant, si le pavillon fait partie des vétérans du festival Folklorama, ses débuts n’ont pas été faciles.

Cela nous a pris deux ans pour négocier l’inclusion et la mise en place du pavillon. Il a même fallu avoir un débat dans la communauté franco-manitobaine, car les organismes politiques étaient contre notre participation, explique Lucien Loiselle, l’un des fondateurs du pavillon.

Un accueil mitigé dans la communauté

On ne se voyait pas comme un groupe ethnique, mais nous voulions faire la promotion de la culture franco-manitobaine, poursuit-il.

Lucien Loiselle se souvient que la Société franco-manitobaine devenue depuis la Société de la francophonie manitobaine était contre le projet.

Ironiquement, nous avons reçu une lettre d’appui de leur part deux ans après indiquant que c’était une bonne idée que nous participions à Folklorama, raconte-t-il.

Des jeunes danseurs du pavillon canadien-français à Folklorama.

Jeunes ambassadeurs du pavillon canadien-français à Folklorama.

Photo : Centre culturel franco-manitobain

Au contexte politique, parfois tendu, s’est rapidement ajouté un contexte administratif compliqué, car, pour ouvrir, le pavillon avait cruellement besoin de bénévoles. Grâce notamment aux Chevaliers de Colomb, les organisateurs réunissent 250 bénévoles. L’aventure peut commencer.

On rentrait là-dedans à la bonne franquette, on n’avait aucune idée de l’attrait que notre pavillon créerait, se souvient Lucien Loiselle.

Un succès immédiat! La queue se faisait en dehors du CCFM [Centre culturel franco-manitobain] jusqu'au boulevard Provencher et la rue des Meurons., se réjouit-il.

Restait à nourrir les convives avec des mets qui représentaient la communauté.

Un succès dès le début

Au début, on avait quelque chose de très simple, avec des baguettes de pain, du blé d’Inde, des tourtières et du pâté, mais nous avons tellement de gens qui sont venus qu’à 20 heures nous n’avions déjà plus de nourriture, raconte Lucienne Loiselle, la femme de Lucien.

Nous avons couru les restaurants et les magasins du coin pour avoir assez de nourriture à servir le premier soir. On s’attendait à 300, mais on a eu 1500 visiteurs, raconte-t-elle fièrement.

Les organisateurs tirent les leçons de cette première soirée et s’organisent différemment. Des membres de la communauté mettent la main à la pâte. De là est né le menu qui fait la renommée du pavillon encore aujourd’hui.

Outre la nourriture, Lucien et Lucienne Loiselle expliquent le succès du pavillon par les spectacles qui mélangent danse, chant et musique et qui sont présentés trois fois par soir.

Plusieurs générations de bénévoles

Quarante ans plus tard, la recette n’a presque pas changé, et le pavillon est devenu une institution au sein de la communauté. 

Le pavillon canadien-français du Festival Folklorama

Jeunes danseurs sur la scène du pavillon canadien-français du Festival Folklorama.

Photo : ICI Radio-Canada

Nous sommes probablement rendus à la quatrième ou cinquième génération de bénévoles, certains sont même bénévoles depuis 40 ans, souligne Lucien Loiselle.

Pour autant, ce sont ces bénévoles qui font défaut aujourd’hui. Chaque année, c’est un défi de trouver assez de gens pour faire fonctionner le pavillon. 

Reste que Lucien et Lucienne Loiselle se félicitent de voir que les jeunes générations continuent de participer à l’aventure.

On espère que ça va continuer, que les gens seront toujours impliqués dans la communauté et qu'ils souhaiteront partager leur culture, conclut Lucien Loiselle.

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