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Hong Kong : une nouvelle mobilisation marquée par les heurts

Des manifestants avec des masques à gaz s'éparpillent sous les jets de bombes lacrymogènes.

Des bombes lacrymogènes tirées par la police lors d'une manifestation dans le district de Tsim Sha Tsui à Hong Kong le 3 août 2019.

Photo : AFP/Getty Images / PHILIP FONG

Radio-Canada

La contestation antigouvernementale organisée samedi dans les rues de Hong Kong, en dépit des mises en garde de Pékin, s’est envenimée dans le courant de la soirée. La police antiémeute a lancé des grenades lacrymogènes contre les manifestants venus par milliers pour cette nouvelle journée de mobilisation.

Une foule impressionnante, plutôt jeune dans l'ensemble, mais comptant aussi des familles et des personnes âgées, a déferlé dans les rues de la banlieue densément peuplée de Mong Kok, qui a déjà été le théâtre d'affrontements ces dernières semaines entre la police et des manifestants.

Vêtus de noir, les manifestants prodémocratie ont notamment détaché un drapeau national chinois d’un mât dans l'emblématique port Victoria et l’ont finalement jeté à l'eau en signe de défiance.

Des centaines de manifestants masqués ont ensuite érigé des barricades improvisées pour bloquer plusieurs rues dans la zone commerciale et touristique de Tsim Sha Tsui, près du port.

Ils ont bloqué un tunnel et encerclé des commissariats de police, où les services non urgents ont été suspendus.

Les forces de l'ordre armées se protègent derrière leurs boucliers en plastique et tirent du gaz lacrymogène.

Du gaz lacrymogène est tiré par la police sur des manifestants.

Photo : The Associated Press / Vincent Thian

La police, qui a appelé les manifestants à « cesser leurs actes illégaux », a demandé au public d'éviter cette partie du territoire.

Les forces de l'ordre armées se protègent derrière leurs boucliers en plastique et tirent du gaz lacrymogène.

Du gaz lacrymogène est tiré par la police sur des manifestants.

Photo : The Associated Press / Vincent Thian

En fin d'après-midi, tout au long du trajet, la plupart des magasins étaient fermés et leurs rideaux métalliques tirés.

Mais dans le courant de la soirée, les forces de l’ordre ont lancé plusieurs salves de gaz lacrymogène contre les manifestants devant un commissariat de police situé dans un quartier touristique de la mégalopole financière, les repoussant dans des rues habituellement fréquentées par les badauds et les touristes.

« Inflexibles » face à la menace de répression

Depuis le début des rassemblements au mois de juin, le niveau des violences a augmenté au fil des semaines; la police étant accusée d'avoir recouru à un usage excessif de la force contre les manifestants et d'avoir manqué à ses obligations de protéger ces derniers contre des attaques imputées à des gangs.

Près d’une quarantaine de protestataires ont ainsi été hospitalisés après avoir été attaqués par des hommes de main progouvernementaux, soupçonnés d'appartenir aux triades, les mafias locales.

Pékin et les autorités locales ont haussé le ton cette semaine, en procédant à des dizaines d'arrestations. L'armée chinoise a aussi annoncé qu'elle serait prête à réprimer les troubles « intolérables » si on le lui demandait.

Les manifestants sont toutefois restés inflexibles et ont promis de tenir plusieurs rassemblements et manifestations tout au long du week-end et de la semaine prochaine.

Dimanche, le mouvement de contestation a notamment prévu deux nouvelles marches : l'une sur l'île de Hong Kong et l'autre dans le secteur de Tseung Kwan O. Lundi, une grève générale, désormais soutenue par de multiples organisations et syndicats, est convoquée dans toute la ville, en sus des rassemblements dans sept localités.

Contre-manifestation progouvernementale

Sur l'autre rive de Victoria Harbour, sur l'île de Hong Kong, plusieurs milliers de personnes vêtues de blanc se sont rassemblées dans le parc Victoria pour exprimer leur soutien à la police hongkongaise.

Brandissant des drapeaux hongkongais et chinois, ils ont acclamé le député Junius Ho, loyal à Pékin. 

Nous sommes le véritable peuple de Hong Kong, a-t-il déclaré, nous ne sommes pas les mêmes que ces voyous en tee-shirt noir. Nous n'avons pas besoin d'une soi-disant révolution à Hong Kong.

« Indépendance de Hong Kong »

Le mouvement de contestation, né du rejet d'un projet de loi qui aurait permis l'extradition de suspects vers la Chine continentale, s'est élargi depuis le mois de juin à des revendications plus larges, dont la démission de la cheffe de l'exécutif local, Carrie Lam, soutenue par Pékin, et la protection des libertés et de l'autonomie dont jouit Hong Kong depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

La mégapole du sud de la Chine, qui traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997 par Londres, a déjà connu huit fins de semaine consécutives de manifestations massives, souvent suivies d'affrontements entre de petits groupes radicaux et les forces de l'ordre.

C'est aussi un défi lancé au président chinois Xi Jinping d'une ampleur sans précédent depuis son accession au pouvoir, en 2012.

L'exaspération et l'inquiétude sont réelles chez les habitants de la place forte financière. La montée des violences de la part de certains manifestants comme de la police rend cette crise imprévisible.

Avec les informations de Reuters, Agence France Presse, et Associated Press

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