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Des prix incluant les taxes à la protection des données : les idées des jeunes de la CAQ

Un jeune homme souriant.

Le président de la Commission relève de la Coalition avenir Québec Kevin Paquette

Photo : Radio-Canada

Mathieu Dion

La Commission relève de la Coalition avenir Québec (CRCAQ) sort de l’ombre. Elle a « l’intention de brasser la cage » pendant le mandat de son parti au gouvernement. À deux semaines de son congrès à Sherbrooke, auquel participera le sociologue Mathieu Bock-Côté, Radio-Canada a obtenu le cahier de résolutions qui sera soumis aux membres de moins de 30 ans.

Parmi les 40 propositions, certaines risquent de faire réagir, dont l’idée de défiscaliser les heures supplémentaires pour des corps d’emploi comme les préposés aux bénéficiaires. Bien que ce soit « complexe », le président de la CRCAQ, Kevin Paquette, explique en entrevue que les jeunes veulent à tout le moins « lancer le débat » alors qu’il y a une « pénurie de main-d’œuvre ».

Les jeunes caquistes débattront aussi de l’obligation pour les commerçants « d’inscrire le prix incluant les taxes de vente sur les prix de vente ». La façon de faire actuelle serait « inefficace et potentiellement trompeuse pour le consommateur ».

« Ça ne change pas le monde, selon M. Paquette, mais c’est une petite mesure qui pourrait faire bien des heureux. »

Tant qu’à y être : pourquoi ne pas « proposer, lit-on dans le cahier, de développer dans les Maisons des aînés des chambres pour les étudiants afin de favoriser la cohabitation intergénérationnelle et le bénévolat chez les jeunes »?

On a comme volonté de pousser les réflexions plus loin, que le gouvernement pense à notre génération. On souhaite pousser des orientations qui sortent des horizons électoraux de 4 ans.

Kevin Paquette, président de la Commission de la relève de la CAQ

L’importance de la protection des données

D’autres propositions devraient se rendre plus rapidement à l’oreille du gouvernement en cette période où les vols de données font les manchettes, celle par exemple de revoir la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé. « On envoie nos données personnelles à plein d’entreprises et on ne sait pas ce qu’elles font avec », déplore Kevin Paquette.

Il ajoute que « la classe politique n’est pas assez consciente des problèmes liés à l’utilisation abusive des technologies ».

C’est pourquoi des propositions visent à bonifier le cursus scolaire pour mieux responsabiliser les jeunes au numérique et les services de soutien pour lutter contre la cyberdépendance.

Et l’environnement?

Malgré l’abondance de résolutions soumises sur le plancher du congrès, pourtant intitulé « Horizons 2050 », le thème de l’environnement brillera par son absence. Pas une seule proposition en ce sens.

Le président de la CRCAQ justifie ce choix par l’importance que le conseil général du parti en mai a donnée à « l’environnement, à l’économie verte et au développement durable ».

À cette occasion, à laquelle participait l’instigateur du Pacte pour la transition, Dominic Champagne, le tiers des propositions seraient venues des jeunes. « Ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas qu’on n’en fera pas un cheval de bataille », insiste-t-il.

Une personnalité attendue

La présence du chroniqueur et sociologue Mathieu Bock-Côté, associé à un courant plus conservateur du nationalisme, ne passera pas inaperçue. Sa conférence s’inscrira dans le cadre d’un débat sur la protection de la liberté d’expression sur les campus universitaires.

M. Bock-Côté a récemment reçu un appui favorable du premier ministre François Legault pour son dernier ouvrage, L’empire du politiquement correct. « Ses propos sur la liberté d’expression, affirme Kevin Paquette, sont à notre avis intéressants. Il a une expertise à ce niveau et c’est pour ça qu’on l’a invité. »

« La réalité, indique-t-il, c’est qu’il y a des gens pro-laïcité et pro-identitaires qui ont vu leur conférence se faire annuler. » Il en conclut que cette situation est « problématique », faisant notamment référence à l’annulation d’un débat en 2017 à l’Université du Québec à Montréal où la présence de Mathieu Bock-Côté importunait une association étudiante.

Je ne dis pas que le problème est aussi grave que dans certaines universités américaines, mais il ne faudrait pas que ces problèmes se déplacent au Québec.

Kevin Paquette, président de la Commission de la relève de la CAQ

A-t-il l’impression que le progressisme a préséance sur le conservatisme sur certains campus? « Dans certaines universités, oui, je dirais. Il faut que les personnes qui pensent différemment aient le droit de s’exprimer. Mais on préfère se qualifier de pragmatique. »

Si les jeunes de la CAQ évoluaient à l’abri des regards, la prise du pouvoir en octobre 2018 leur a certainement donné un nouvel élan pour faire valoir leurs idées. Pour l’instant, la CRCAQ se dit « satisfaite » des orientations gouvernementales, mais promet de « le faire savoir » en cas de désaccord, comme l’ont fait les jeunes du Parti libéral du Québec et du Parti québécois autrefois.

Avec la collaboration de Martine Biron

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