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Après 30 ans, Bruxelles et Washington règlent leur différend sur le bœuf

Un bœuf regarde la caméra dans un champ.

La querelle sur le bœuf remontait à 1988, quand l'Europe avait interdit l'importation de viande bovine issue d'animaux auxquels avaient été administrées des hormones de croissance.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Agence France-Presse

L'Union européenne et les États-Unis ont signé un accord pour régler définitivement leur ancien contentieux portant sur les exportations de bœuf américain, a annoncé Donald Trump vendredi, en qualifiant l'accord « d'avancée majeure ».

C'est une victoire immense pour les éleveurs américains, a estimé le président américain, affirmant que le bœuf américain était le meilleur du monde.

L'accord de principe avait été annoncé à la mi-juin. Négocié au nom des 28 pays membres par la Commission avec les États-Unis et les principaux fournisseurs étrangers de bœuf, il prévoit un quota plus important pour le bœuf américain de haute qualité, c'est-à-dire sans hormones.

La première année, les exportations de bœuf américain sans droits de douane vont s'accroître de 46 %. Au cours des sept prochaines années, elles vont augmenter de 90 % supplémentaires.

La Maison-Blanche

Plus de 30 ans de différend

La querelle sur le bœuf aux hormones remontait à 1988, quand l'Europe avait interdit l'importation de viande bovine issue d'animaux auxquels avaient été administrées des hormones de croissance.

En représailles, et en accord avec une décision de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les États-Unis avaient imposé en 1999 des sanctions douanières sur certains produits du terroir, provoquant notamment de vives protestations en France et le démontage d'un restaurant McDonald's à Millau, dans le Sud-Ouest.

Aux termes d'un compromis en 2009 (amendé en 2014), les États-Unis avaient finalement levé leurs sanctions, et l'Union européenne (UE) avait ouvert un quota d'importation de bœuf étranger de haute qualité, y compris le bœuf américain, tout en maintenant son veto sur le bœuf aux hormones.

Mais ce quota a surtout été utilisé par d'autres pays producteurs de bœuf, ce qui a conduit à la fin de 2016 l'administration Obama à menacer l'UE de rétablir les droits de douane de 1999.

Une plus grande part du gâteau

La renégociation de ce mémorandum permet aux États-Unis de se voir garantir une part du quota.

À la mi-juin, Bruxelles avait fait état d'un quota allant jusqu'à 35 000 tonnes. Cette allocation prendra forme graduellement, sur sept ans, en commençant par 18 500 tonnes la première année, avait alors précisé une source à la Commission.

La valeur des exportations annuelles devrait passer de 150 millions à 420 millions de dollars lorsque l'accord sera pleinement mis en oeuvre, ont précisé les services du représentant américain au commerce (USTR) dans un communiqué.

Les éleveurs américains produisent le meilleur bœuf du monde

Robert Lighthizer, représentant américain au commerce (USTR)

Grâce au leadership du président Trump, ce nouvel accord permet aux éleveurs américains de vendre davantage de ce bœuf à l'Europe, a commenté le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, qui a signé l'accord avec Jani Raappana, le représentant de la présidence de l'UE, et l'ambassadeur Stavros Lambrinidis, de la délégation de l'UE.

L'accord doit entrer en vigueur à l'automne après l'approbation du Parlement européen, a également souligné M. Lighthizer.

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