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Le défi de vieillir dans la communauté LGBTQ sans retourner dans le placard

Les personnes âgées LGBT sont l'un des groupes à risque identifiés dans la Stratégie nationale sur le logement.

Un couple d'un certain âge.

Photo : Getty Images / Nicolas McComber

Radio-Canada

Beaucoup d’aînés LGBT redoutent de vivre de la discrimination au moment d’emménager dans un foyer de soins de longue durée. Certains craignent de devoir retourner « dans le placard » pour cette dernière étape de leur vie.

C’est la situation que veut prévenir une chercheuse de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse. La professeure Jacqueline Gahagan entreprendra une tournée pancanadienne afin d’aider à l’élaboration d’une stratégie pour éviter ce sort à plusieurs personnes âgées. 

Mme Gahagan dit que le son de cloche qu’elle a reçu de plusieurs aînés de la communauté LGBT est que l’intégration d’un foyer de soins est parfois décrit comme le « placard final ».

Jacqueline Gahagan.

Jacqueline Gahagan, professeure à la Faculté de santé de l'Université Dalhousie.

Photo : Radio-Canada / CBC / Brian Mackay

Les baby-boomers, nés entre 1946 et 1964, ont au cours de leur vie lutté contre la discrimination au travail et dans leur communauté, souligne-t-elle. 

L’idée est de faire en sorte que la génération qui s’est battue pour des droits de la personne fondamentaux ne finisse pas dans le placard.

Jacqueline Gahagan, Université Dalhousie

C’est le moment d’agir pour ces personnes, selon la chercheuse. Le gouvernement fédéral a une Stratégie nationale sur le logement (Nouvelle fenêtre). Avec son plan de 40 milliards de dollars sur 10 ans, le gouvernement de Justin Trudeau ambitionne de venir en aide à « 530 000 familles ayant des besoins en matière de logement » et à réduire de moitié « l’itinérance chronique » au pays.

Lorsque le plan avait été annoncé, en novembre 2017, les aînés LGBT avaient été identifiés comme l’un des groupes à risque.

Cependant, le gouvernement admettait manquer de données concrètes au sujet des besoins en logement de ces personnes.

En d'autres termes, l'argent est là, mais personne ne sait comment le dépenser. C’est là où les travaux de Jacqueline Gahagan entrent en jeu.

Selon elle, il s’agit d’un moment charnière pour répondre aux besoins en logement des personnes LGBT. L’existence de cette stratégie nationale du gouvernement est l’occasion d’agir. Dès novembre, Jacqueline Gahagan ira à la rencontre des aînés LGBT à Ottawa, à Winnipeg, à Calgary, à Nanaimo et à Halifax pour effectuer des recherches dont les conclusions seront présentées aux décideurs.

Un groupe de personnes âgées marchent dans un défilé de la Fierté à Amsterdam en 2016.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon la chercheuse, une génération qui a lutté pour des droits fondamentaux ne doit pas finir ses jours « dans le placard ».

Photo : Getty Images / Cloud-Mine-Amsterdam

Déjà, des foyers de soins réagissent à ce phénomène et s’adaptent aux patients qui leur sont confiés. Aux foyers Northwood, à Halifax, où vivent quelque 600 personnes âgées, la directrice Josie Ryan et son équipe ont entrepris dans la dernière décennie de bien former le personnel soignant à cette réalité.

Le foyer accueille des résidents hétérosexuels et homosexuels, et s’assure que les jumelages entre les résidents soient harmonieux et respectueux.

Nos politiques étaient bonnes, mais nous devions absolument les adapter, dit Mme Ryan. Et elles vont continuer à évoluer au gré des changements.

Les soins de longue durée sont souvent le « dernier voyage » d'une personne, déclare Josie Ryan, et il s’agit d’un voyage que personne ne devrait avoir à faire en reniant son identité.

D’après les renseignements d’Olivier Lefebvre et de Shaina Luck, CBC

Nouvelle-Écosse

Communauté LGBTQ+