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Près d’une personne sur deux se dit anxieuse au Québec

Un homme porte ses mains à la tête. Des gribouillages comportant des points d'interrogation et d'exclamation entourent sa tête.

Le trouble de l'anxiété généralisé est caractérisé par une inquiétude exagérée par rapport à des situations qu'on ne maîtrise pas toujours.

Photo : iStock / SIphotography

Xavier Savard-Fournier

Un sondage mené par la firme de sondage Léger pour l’émission Bien entendu révèle qu'au Québec, 47 % des gens se disent anxieux, et ce, peu importe leur revenu, leur scolarité ou leur langue.

Les Québécoises et Québécois sont d’ailleurs plus stressés qu’il y a une trentaine d’années. En 1990, 38 % des répondants se disaient anxieux, d’après des données de la firme de sondage.

L’âge serait en fait le facteur le plus fondamental d’anxiété. Pour expliquer ses chiffres, le président Jean-Marc Léger se tourne vers les 18-24 ans et la nouvelle génération, celle du millénaire, où 66 % d’entre eux se disent anxieux. Ce taux diminue plus les répondants sont âgés.

C’est le problème majeur de la nouvelle génération; l’anxiété, le stress, le souci de performance. C’était vrai avant, mais les taux sont plus élevés qu’avant, affirme-t-il. Plus pressée, plus stressée, c’est une clientèle plus éduquée. Et il y a l’ampleur de l’information. Il y a tellement de nouvelles négatives, qu’elle se les approprie.

D’autres facteurs influent aussi sur le taux d’anxiété, notamment le sexe et l’état matrimonial des répondants. Les femmes se disent plus anxieuses (54 %) que les hommes (39 %) et les célibataires plus stressés (53 %) que les personnes en couple (43 %).

Si vous êtes une jeune femme, étudiante et célibataire, vous êtes le groupe le plus anxieux du Québec.

Jean-Marc Léger

Il apporte cependant deux bémols à son étude. Premièrement, il s’agit d’une autoévaluation par les participants aux sondages et non d'un diagnostic médical. Deuxièmement, l’anxiété ne veut pas dire dépression. Ça devient négatif quand l’anxiété amène une certaine dysfonction de la personne en société, ajoute-t-il.

Manquer d’argent, première source d’angoisse

À la question Avez-vous peur de...?, les Québécoises et Québécois ont répondu oui à de nombreuses reprises. Cependant, les trois sources d'angoisse les plus importantes sont : la peur de manquer d'argent, la peur de développer un cancer et la peur de se faire voler son identité.

Réponses affirmatives à la question « Avez-vous peur...? »

  • de manquer d’argent : 60 %
  • d'avoir le cancer : 56 %
  • de vous faire voler votre identité : 50 %
  • des changements climatiques : 48 %
  • de perdre vos enfants : 45 %
  • de mourir : 38 %
  • d’une catastrophe naturelle : 35 %
  • de vous retrouver seul : 30 %
  • de vous faire agresser : 27 %
  • d’une attaque terroriste : 27 %
  • d’une guerre nucléaire : 24 %
  • de prendre l’avion : 21 %
  • de perdre votre emploi : 21 %

Source : sondage Léger pour l'émission Bien entendu, diffusée le 2 août 2019

Un sondage demeure l’émotion du moment, ça reste les mêmes enjeux que dans l’actualité. [L'angoisse] est récente, mais ça va devenir [une angoisse] dans l’avenir quand même, analyse M. Léger pour expliquer la présence du vol d’identité parmi les sources d'angoisse les plus importantes chez l'ensemble des Québécois.

Il dénote d’ailleurs que cette peur est plus notable chez les personnes plus âgées. Chez les jeunes, c'est davantage les changements climatiques qui inquiètent.

C’est l’angoisse numéro un. La génération des baby-boomers, qui est la mienne, est préoccupée. La génération X est inquiète. La génération des millénariaux est angoissée. La perception des changements climatiques les touche, et c’est pour ça que les verts montent dans les sondages. C’est pour ça que les gens manifestent dans les rues, évoque-t-il.

Ce sondage web a été réalisé du 12 au 16 juillet 2019 auprès de 1007 Québécoises et Québécois, âgés de 18 ans ou plus, et pouvant s'exprimer en français ou en anglais.

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