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Sécurité à vélo : des choix payants pour le Québec

Un vélo repose sur le sol.

De 2006 à 2017, un total de 890 cyclistes sont décédés au Canada.

Photo : iStock

Yannick Donahue

La stratégie québécoise visant à assurer la protection des cyclistes est responsable du bon bilan de la Belle Province au chapitre du nombre de décès de personnes se déplaçant à bicyclette, selon la présidente-directrice générale de Vélo Québec, Suzanne Lareau.

Mme Lareau a fait cette analyse à l’émission RDI Matin vendredi, à la suite de la publication d’un rapport de Statistique Canada sur les circonstances entourant les décès liés au cyclisme au pays de 2006 à 2017.

Pendant cette période, 890 cyclistes sont décédés au Canada, soit 74 décès en moyenne par année. La majorité (56 %) des décès liés au cyclisme sont survenus en milieu urbain.

L’étude nous apprend que les causes d’accidents mortels à vélo sont à 73 % une collision avec un véhicule et à 25 % une collision avec un autre vélo ou un objet stationnaire. Lors d’accidents mortels, 32 % des cyclistes circulaient sans casque, 13 % portaient un casque et 52 % des cas n’en faisaient pas mention.

Le document indique que « le non-respect des règles de sécurité routière aurait joué un rôle dans 32 % des décès de cyclistes ». De plus, on peut lire que la « consommation d’alcool et/ou de drogues par le cycliste aurait joué un rôle dans 12 % des décès liés au cyclisme ».

De plus, on dénombre 5,6 décès de cyclistes de sexe masculin pour chaque décès de cycliste de sexe féminin.

Suzanne Lareau n’est pas surprise par les résultats de l’étude de Statistique Canada, qui ressemblent au portrait de la situation qu’a fait la Société de l’assurance automobile du Québec il y a quelques années.

Le grand écart est dû probablement aux risques que prennent les hommes. Donc, les hommes sont plus imprudents, je vous dirais, et ils ont une attitude un peu plus risquée à vélo que les femmes. […] C’est la même chose qu’on voit dans les accidents de voiture. Souvent, la prise de risque par les hommes est plus importante que par les femmes, a-t-elle dit.

La présidente-directrice générale de Vélo Québec se réjouit du fait que le nombre de décès « ne cesse de diminuer depuis une vingtaine d’années partout au Canada ».

Au Québec, il y a beaucoup plus de cyclistes qu’ailleurs au Canada. Pourtant, quand je calcule la quantité de cyclistes qu’il y a au Québec, c’est environ 18 % des décès canadiens, alors qu’on représente 23 % de la population.

Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec

C’est au Québec qu’on a fait le plus de travail concernant l’aménagement favorable pour les cyclistes. Donc, c’est au Québec qu’il y a le plus de kilomètres de voies cyclables et qu’il y en a depuis plus longtemps. Cela veut dire que la stratégie du Québec a porté fruit pour ce qui est de sécuriser les déplacements à vélo, a-t-elle déclaré.

Faut-il rendre obligatoire le port du casque?

Plan rapproché de Mme Lareau.

Suzanne Lareau, présidente de Vélo Québec, croit que le travail de sensibilisation a permis d'améliorer le bilan québécois des décès à vélo.

Photo : Radio-Canada

Suzanne Lareau croit que le débat entourant la protection des cyclistes ne doit pas se résumer au port du casque à bicyclette.

Arrêtons de regarder la sécurité uniquement par l’angle du port du casque, mais regardons l’ensemble des facteurs qui vont contribuer à la sécurité des cyclistes. Visiblement, le Québec a fait de bons choix parce que c’est lui qui a le meilleur bilan quand on le compare avec le reste du Canada.

Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec

Elle considère que la protection des cyclistes passe par un environnement adapté aux adeptes du vélo.

Là où il faut beaucoup travailler, c’est à éviter les accidents. Ce que je note dans ce document c’est que 68 % des gens qui sont décédés sur les routes au Canada portaient un casque. Donc, il faut se dire "est-ce qu’il y avait un aménagement adéquat pour les protéger?" […] Il faut travailler à la prévention des accidents et donc aux environnements favorables. C’est l’aménagement urbain qui est la clé généralement de la meilleure protection pour les cyclistes, estime-t-elle.

La porte-parole reconnaît que le casque protège la tête en cas d’accident, mais elle s’inscrit contre l’obligation de son port à vélo. Elle souligne que le Québec a le meilleur bilan en la matière et qu’il n’a pas de loi obligeant les cyclistes à porter un casque. Presque la moitié des cyclistes québécois le portent.

L’Institut national de santé publique a publié un avis il y a un an en disant que ce serait une très mauvaise mesure que d’obliger le port du casque. C’est une bonne idée d’en faire la promotion, mais l’obligation aurait des effets plus néfastes que ce qu’on pourrait escompter. En fait, les bénéfices de la pratique du vélo sont vingt fois supérieurs aux risques, opine-t-elle.

Elle poursuit : Il faut penser que faire du vélo, on est actif physiquement, c’est un mode de déplacement qui est non polluant, non bruyant. Dans tous les enjeux qu’on a en ce moment de diminution de gaz à effet de serre et de sédentarité, ce serait une très mauvaise idée que de mettre en place une mesure qui diminuerait le nombre de personnes qui font du vélo.

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