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Le réchauffement climatique a empiré la canicule de juillet en Europe

Un écran affichant 42,5 degrés Celsius dans les rues de Paris.

Les 25 et 26 juillet 2019, Paris a enregistré des températures de 42 °C et 42,6 °C, pulvérisant le record antérieur de 40,6 °C enregistré il y a 70 ans.

Photo : AFP/Getty Images / Bertrand Guay

Agence France Presse

Sans le changement climatique imputable aux activités humaines, les températures qui ont frappé l'Europe de l'Ouest fin juillet auraient été « environ 1,5°à 3°C moins élevées », selon les calculs d'un groupe de scientifiques publiés vendredi.

Des records de température ont été battus dans plusieurs pays lors de cette vague de chaleur brève, mais intense: 42,6°C à Paris et à Lingen, en Allemagne, 41,8°C à Begijnendijk, dans le nord de la Belgique, et 40,4°C dans le sud des Pays-Bas. Des températures inédites ont également été atteintes au Royaume-Uni, avec 38,7°C à Cambridge. La vague de chaleur est remontée jusqu'en Scandinavie.

Or sans le changement climatique induit par les humains, une canicule aussi exceptionnelle que celle-ci aurait eu des températures environ 1,5 à 3°C moins élevées, selon les chercheurs du réseau World Weather Attribution.

Les scientifiques ont pris comme référence les trois jours consécutifs les plus chauds lors de cet épisode caniculaire.

Un pompier utilise un appareil pour mesurer la pression artérielle d'une femme.

Les pompiers autant que les ambulanciers ont souvent dû venir en aide à des victimes de coups de chaleur cet été en Europe.

Photo : AFP/Getty Images / Guillaume Souvant

Pour la France, en combinant différents modèles, les scientifiques estiment que la probabilité qu'un tel événement se produise a été multipliée par au moins dix, selon leur rapport.

Un tel événement aurait eu une probabilité extrêmement faible de se produire sans le changement climatique en France, souligne encore cette étude.

Concernant la canicule qui avait frappé l'Hexagone fin juin, les scientifiques avaient déjà calculé que celle-ci avait été rendue au moins cinq fois plus probable que si l'humain n'avait pas altéré le climat.

Lourd bilan pour la santé publique

Les canicules ne sont pas sans danger pour la santé humaine, rappellent ces scientifiques, avec des risques de surmortalité chez les personnes âgées, des morts par noyade mais aussi des décès de personnes ayant pratiqué une activité physique en pleine chaleur.

En août 2003, plus de deux semaines de canicule avaient entraîné une surmortalité de 15 000 personnes en France et de plus de 70 000 sur toute l'Europe.

La chaleur avait mis en évidence des dysfonctionnements des services de santé et l'isolement des personnes âgées, principales victimes de la canicule. Par la suite, les autorités ont élaboré un plan canicule opérationnel tous les étés pour protéger les personnes âgées, handicapées, sans domicile et les très jeunes enfants.

Un infirmier remplit le verre d'une patiente.

Les personnes âgées qui n'ont pas accès à des espaces climatisés sont particulièrement à risque en période de canicule.

Photo : AFP/Getty Images / Bruno Ferrandez

Des villes comme Paris prennent aussi des mesures, comme l'ouverture de parcs la nuit ou de salles rafraîchies.

Les chiffres de surmortalité pour l'épisode caniculaire du mois de juin sont attendus début août. Ceux pour la vague de chaleur de fin juillet devraient être rendus publics vers la rentrée.

Ces deux dernières canicules ont aussi perturbé les transports ferroviaires en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Royaume-Uni à cause de feux de broussailles le long de voies ou de dommages causés aux infrastructures par l'extrême chaleur.

La chaleur renforce aussi le problème de sécheresse et les risques de départ de feu de forêt ou de chaume. En France par exemple, 79 départements sont concernés par des restrictions d'eau.

Un pont surplombe un fleuve asséché.

Le lit de la Loire, le plus long fleuve de France, a pris des airs de désert sous l'effet de la canicule.

Photo : AFP/Getty Images / Loic Venance

Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier et à s'intensifier sous l'effet du réchauffement climatique. Au cours des 2000 dernières années, les températures mondiales n'avaient jamais augmenté aussi rapidement, selon des données publiées fin juillet dans deux études distinctes dans les revues Nature et Nature Geoscience.

Juin 2019 a d'ailleurs été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans le monde, notamment en raison de la canicule exceptionnelle en Europe. Juillet pourrait être du même acabit et battre le record de juillet 2016, selon des données provisoires du service européen Copernicus sur le changement climatique et de l'Organisation météorologique mondiale, basées sur les 29 premiers jours de juillet.

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