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Scheer accuse Trudeau de vouloir « détourner l'attention » en l'associant à Doug Ford

« Justin Trudeau préférerait faire campagne contre n'importe qui sauf moi », affirme le chef conservateur.

Debout derrière un lutrin, M. Scheer lève le doigt vers le ciel lors d'une allocution publique.

Le chef conservateur fédéral Andrew Scheer

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Jérôme Labbé

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, reproche à son adversaire libéral Justin Trudeau d'essayer de « détourner l'attention des Canadiens » en l'associant constamment au premier ministre ontarien Doug Ford.

« Je pense que Justin Trudeau préférerait faire campagne contre n'importe qui sauf moi en vue de la prochaine élection », a déclaré M. Scheer en point de presse vendredi matin.

« Il tente constamment d'attaquer d'autres personnes ou de détourner l'attention des Canadiens en se concentrant sur d'autres enjeux », a-t-il souligné.

Appelé deux fois à commenter le travail de Doug Ford depuis son élection à Queen's Park, le chef du Parti conservateur canadien n'a pas répondu directement à la question, se contentant de dire que les Ontariens ne souhaitaient surtout pas remettre le pouvoir fédéral entre les mains de membres de l'ancienne équipe de Kathleen Wynne qui, selon M. Scheer, seraient aujourd'hui nombreux à travailler pour la réélection de Justin Trudeau à Ottawa.

« Cette élection ne concerne que Justin Trudeau et moi-même », a-t-il soutenu, sans prononcer le nom de Doug Ford, qui atteint actuellement des sommets d'impopularité en Ontario.

Le chef conservateur fédéral Andrew Scheer et le premier ministre ontarien Doug Ford qui salue la foule

L'été dernier, Doug Ford a invité les militants conservateurs de partout au pays à serrer les rangs derrière le chef fédéral Andrew Scheer.

Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese

C'est d'ailleurs parce qu'il craint d'être diabolisé par ses adversaires que M. Scheer avait réuni la presse vendredi à Toronto , un événement au cours duquel il a présenté une lettre transmise la veille aux premiers ministres des provinces, dans laquelle il s'engage à ne pas couper les transferts fédéraux pour la santé et les programmes sociaux s'il prend le pouvoir le 21 octobre prochain.

Au contraire, le Parti conservateur maintiendra la hausse des transferts à « au moins 3 % par année », a-t-il promis.

M. Scheer explique avoir voulu mettre cet engagement par écrit, prévoyant que ses adversaires déformeront sa position au cours de la campagne électorale.

Les attaques libérales ne se sont pas fait attendre pour autant.

Tir groupé

Déjà, jeudi soir, la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a laissé entendre que M. Scheer pourrait ne pas respecter sa promesse de maintenir les transferts fédéraux en santé, n'hésitant pas à comparer le chef du PCC au premier ministre ontarien.

« Après deux ans de silence, Andrew Scheer s'est enfin prononcé sur les soins de santé, a-t-elle écrit. On a déjà vu l'embrouille. Ford a formulé les mêmes promesses vides et a réduit les services. Tout comme Ford, Scheer est prêt à couper les services pendant cinq ans. Il peut bien écrire les lettres qu'il veut, mais nous savons qu'il va couper. C'est ce que font les conservateurs. »

Son collègue aux Finances, Bill Morneau, en a rajouté une couche vendredi, écrivant dans une lettre ouverte que l'engagement de M. Scheer était moins élevé que ce que prévoit la formule actuelle, selon laquelle « le financement des soins de santé devrait augmenter de 4,1 % en 2021-2022 ».

Reprenant une formule similaire à celle utilisée la veille par la ministre Petitpas Taylor, il écrit : « Vous vous êtes déjà engagé à couper pendant cinq ans, comme le fait actuellement Doug Ford en Ontario. Pendant sa campagne, le premier ministre Ford a déclaré qu'il ne ferait aucune coupure en santé. Il a fini par le faire après avoir remporté les élections. »

Bill Morneau

Bill Morneau (archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Depuis 2017-2018, le Transfert canadien en matière de santé augmente en fonction d'une « moyenne mobile triennale » de la croissance du produit intérieur brut, avec une hausse minimale garantie d'au moins 3 % par année.

Mais à l'issue de la réunion estivale du Conseil de la fédération, en juillet à Saskatoon, les premiers ministres des provinces et territoires ont demandé au gouvernement fédéral, « comme point de départ », d'accroître son financement du Transfert canadien en matière de santé « selon un facteur de progression de 5,2 %, conformément à l'analyse indépendante réalisée par le Conference Board du Canada concernant les pressions financières subies ».

Avec les informations de La Presse canadienne

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